Ben Arfa: l’heure de la confirmation

Hatem Ben Arfa. Un génie inconstant du football aux statistiques affolantes et aux frasques célèbres. Un gamin issu de la région parisienne qui porte enfin le maillot Rouge et Bleu. Celui à qui l’on colle depuis peu, sûrement à tort, l’étiquette de l’après-Ibra va devoir convaincre, va devoir prouver. Plus même, va devoir confirmer. Parce qu’après tant d’années de promesses non tenues, l’international français sort d’une saison pleine à Nice et arrive plein de rêves à Paris afin de faire du Parc des Princes son nouveau jardin, le Parc Hatem.

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Hatem Ben Arfa, du dribble à la passion

Si l’on ne devait citer qu’une seule de ses qualités, ce serait bien évidemment sa capacité à éliminer ses adversaires dans un espace réduit ou lancé à pleine vitesse. Casseur de défenses et de reins, Hatem Ben Arfa étonne, détonne, apprend et surprend. Il dispose d’une réelle force de pénétration qui plaît tant dans les travées du Parc, qui plaît tant à tous ces amoureux du football à travers le monde entier. Il a prouvé la saison dernière qu’il était capable d’une efficacité redoutable, d’ailleurs Paris s’en souvient encore. Farid Ben Khalfallah est sous le charme du joueur depuis déjà de longues années : “De la génération 87, c’est le joueur qui a le plus de talent inné. Il est capable de débloquer des situations dans n’importe quel match. Peu de joueurs au monde disposent d’autant de qualités.” Disposant d’une conduite de balle soyeuse, il n’a absolument rien à envier à Javier Pastore et Marco Verratti. Ses brusques changements de direction donnerait le vertige au plus aguerri des matelots. Les défenses françaises elles aussi, s’en souviennent encore. Il ne suffit qu’à visionner son but, tout en solitaire, tout en talent, la saison dernière face à l’AS Saint-Etienne. Après avoir humilié la défense stéphanoise, il s’en est allé tromper Stéphane Ruffier. Une action dont Ibrahimovic aurait pu dire « Je suis allé à droite, il est allé à droite. Je suis allé à gauche, il est allé à gauche. Je suis allé à droite, il est parti s’acheter un hot-dog ».  Mais Hatem Ben Arfa c’est aussi des inspirations techniques époustouflantes, des gestes, des dribbles travaillés dès sa plus tendre enfance sur les terrains bétonnés de Clamart, puis sur les pelouses du Voltaire Châtenay-Malabry. Un enfant de Paris donc, qui à l’âge de douze ou treize ans accrochait une écharpe du PSG au-dessus de son lit. Qu’importe son passage à l’OM, les supporters parisiens n’oublieront pas son refus d’entrer en jeu lors du Classico en 2008. Certains diront qu’il boudait de ne pas avoir été aligné d’entrée, sûrement pour se montrer au PSG. D’autres diront qu’il refusait tout simplement de jouer face au club parisien sous le maillot ennemi. Qu’importe ses propos lors de sa signature au sein du club phocéen, discours de façade, passage obligatoire pour tout nouveau signataire d’un club. Le Paris Saint-Germain a fait signer un amoureux du club, et ce n’est pas rien. A prendre en compte également, Hatem Ben Arfa dispose d’une polyvalence offensive intéressante même s’il pêche encore au poste de numéro 9 qui s’allie peu à ses qualités d’ailier. Mais il peut dépanner et ce n’est pas rien, en particulier ce soir face à Lyon pour le compte du Trophée des Champions, Edinson Cavani étant resté à Paris pour cause de blessure musculaire. De plus, après tant d’années a attiser les critiques sur son comportement sur et en dehors du terrain, Hatem Ben Arfa semble repenti, enfin. L’âge et les galères sûrement, et une façon également de remercier Claude Puel, meneur d’hommes, manager empathique qui lui a fait confiance. L’international français semble désormais cultiver l’alliance de la modestie et du talent. S’il confirme au plus haut niveau, enfin, ce joueur fera se lever les supporters parisiens car il est effectivement un régal pour les yeux.

Un parcours marqué par son comportement

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S’il semble repenti, Hatem Ben Arfa ne peut faire oublier aux gens ces années de galères où son comportement l’a tant desservi. Ne parlons pas de cette dispute infantile avec Abou Diaby lors de son passage à Clairefontaine, l’insouciance de la jeunesse. Parti en brouille dans la majeure partie de ses clubs, l’international est un sanguin, il est l’un de ses joueurs qui n’aime pas être restreint et cela peut lui poser problème dans un club d’envergure comme le Paris Saint-Germain. “Depuis que je suis petit, je m’énerve vite fait. Je ne sais pas pourquoi, c’est la vie, je suis comme ça,” déclarait le joueur. Claude Puel l’a calmé, l’a assagi durant son passage à Nice. Cela continuera-t-il à Paris? En effet, Ben Arfa disposait d’un avantage de taille au Gym, il était indispensable, les joueurs jouaient pour lui. Mais il n’aura pas cette importance au PSG et devra composer avec d’autres joueurs aussi talentueux que lui, aussi efficaces que lui, voire plus. Il sera un joueur parmi d’autres joueurs et cela peut changer la donne. «C’est le joueur le plus talentueux que j’ai vu. Mais il exprime parfois mal son talent», disait de lui Kim Källström lorsqu’ils étaient évoluaient ensemble à Lyon (2006-2008) De plus, s’il a été régulier durant la dernière saison, cela n’est pas vraiment le cas lors de ses précédents exercices et ses innombrables pertes de balles et ses excès d’individualisme pourraient irriter ses coéquipiers, son entraîneur, mais également les supporters.

En conclusion, le PSG a fait signer un joueur au potentiel énorme, à la classe majestueuse mais au parcours sinueux. Et s’il veut éviter de tomber dans la caste des génies inutiles, Ben Arfa devra écouter, apprendre, mais surtout régaler.

À propos Quentin Polin

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