#BP « A Monaco, le PSG a eu tort avec Emery et raison avec Blanc » par Olivier M.

Nous vous proposons depuis plusieurs mois d’être un « Blogueur Parisien » (lire ici), Olivier nous propose un nouveau billet. Celui-ci, comme tous les autres, de tous les blogueurs, n’engage que son auteur. Canal Supporters ne relaie pas, ne valide pas, ne censure pas, il propose un point de vue de supporter, son analyse, sa grille de lecture, vous disposez, analysez, jugez. Pour que vive le débat. Bonne lecture.

Mieux vaut avoir tort avec Emery que raison avec Blanc

Si j’ai bien compris ce que les nombreux Csiens qui m’ont fait l’honneur de réagir à mes billets m’ont affirmé, atteindre les objectifs enfin fixés clairement par le Président NAK (1er de Poule et demie finale) ne devrait pas faire un pli :
1. Un PSG sans Blanc « L’imposteur », Ibra « grand face aux petits mais petit face aux grands » et Matuidi « le désorganisateur de système aux pieds carrés », c’est nécessairement plus fort qu’avec eux.
2. D’autant que : Finie la Possession = Piège à cons.
3. Et, surtout : ♪♫♪♫  Eh, eh, Emery est arrivé-é-é  ♪♫♪♫ 

Justement, une occasion magnifique d’étayer ces affirmations péremptoires se présentait dimanche à notre examen comparatif. Par un caprice du calendrier, le PSG du « 4-2-3-1 de projection rapide », se déplaçait à Monaco, au même moment où son prédécesseur, celui de la « possession stérile », le fit lors de la saison dernière. Vous vous rappelez peut-être du score? 0-3 (Première fois de l’histoire du PSG qu’il inscrivait 3 buts sur la pelouse de Monaco, toutes compétitions confondues). Pour l’entraîneur Laurent Blanc, cette victoire n’était après tout que la poursuite de sa série en L1, tant à Bordeaux qu’au PSG, contre une de ses meilleures victimes jusque là: 5 victoires et 5 nuls.

Système de jeu utilisé ? Ben, le bon vieux 4-3-3. Sublimé par son trio magique au milieu de terrain, épatante trouvaille de l’après 4-4-2 de Carletto : Verratti, Thiago Motta, Matuidi. Avec une démonstration éclatante que la possession n’est pas incompatible avec l’efficacité. Que faire d’autre d’ailleurs contre les équipes qui ne veulent pas la balle et vous attendent ? Sinon la confisquer pour les faire courir derrière. Les épuiser pour mieux les estoquer par des fulgurances. Tout en gardant un bon équilibre pour contrôler leurs rares velléités. Bilan : un bain de sang. Une démonstration de supériorité implacable qui laissait présager ce que serait la saison domestique : 71% de possession. Mais aussi 19 tirs à 3, pour 3 buts. A l’extérieur ! Vous n’aviez pas kiffé vous aussi ce soir là ?

Maintenant, ne croyez surtout pas que la déculottée de dimanche à Louis II m’a réjoui. Quels qu’aient été les doutes que j’ai pu exprimer concernant les choix humains et stratégiques du « nouveau cycle », je reste d’abord et avant tout un supporter inconditionnel de notre club qui vit passionnellement sa relation avec lui et qui, comme vous, a souffert de le voir trimbalé de la sorte. Sans cohérence, sans rythme, sans engagement, sans réactions. Sans direction surtout, malgré l’agitation fébrile sur le banc de touche. On peut pardonner à un coach de mauvaises décisions, tactiques ou humaines, en préparant le match. Mais difficilement de ne pas être capable de corriger le tir si ça ne fonctionne pas. Qui peut expliquer les changements qu’il a apportés dans la réorganisation à la pause ou par ses remplacements ?

Emery déclare en fin de rencontre qu’il va devoir apprendre de cette défaite. Que n’a-t-il pas déjà appris de ses victoires ? Et notamment de celle contre Metz où les mêmes boulevards dans le dos de son équipe se sont offerts aux modestes attaquants lorrains, heureusement moins efficaces que les monégasques parfaitement briefés par Jardim. Vous savez le triste « maçon » portugais, raillé sur CS, qui a donné une leçon tactique à l’auto proclamé expert de la chose. Le roi de la com’ qui n’hésite à poser, professoral, devant un tableau noir rempli d’équations. Mais en foot les théories, les systèmes, quelles importances? L’important c’est l’équilibre. Et pas le foutoir de dimanche soir. Il me revenait en mémoire l’incroyable statistique de Séville incapable de remporter le moindre succès à l’extérieur l’an dernier. Pas seulement contre le Barça ou le Real, même chez les derniers !

Alors, oui, bien sûr, il a fallu sauver le soldat Unaï : « Ça ne veut rien dire », « Il faut le temps que les joueurs comprennent » « Pas grave qu’il perde s’il essaie » « Comparons ce qui est comparable », « C’est Emery quand même » « Critiquer c’est être corporatiste » « Patience, ça va venir » « Dans 3 mois …6 mois … en avril » Alors que la réception d’Arsenal, capitale pour remporter la Poule, c’est dans 15 jours avec une semaine de trêve internationale au milieu. On dira quoi si Arsène a vu la même chose que Jardim ? Quelles excuses encore ? Ah oui, j’oubliais, celles qui répondent à toute critique quand on est à bout d’arguments. C’est la faute de Zlatan et surtout de « l’autre » … Blanchette … La Fiot …, la Touillette …

Il vaut donc mieux « avoir tort avec Emery que raison avec Blanc », pour paraphraser la formule célèbre de la gauche soixante-huitarde à propos de Sartre et d’Aron. Mais la vérité du foot ce n’est pas comme l’écran de fumée de la propagande : on a tort quand on perd et raison quand on gagne. Alors, oui, fin août, à Monaco, le PSG a eu tort avec Emery et raison avec Blanc. Cela va-t-il durer ? Je ne vous dirais pas ce que j’en pense, on va me taxer encore de pessimisme.

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