#BP Olivier et les communicants Emery et Aulas

Nous vous proposons depuis plusieurs mois d’être un « Blogueur Parisien » (lire ici), Olivier nous propose un nouveau billet.

SAVOIR FAIRE OU FAIRE SAVOIR

Dans le football circus, il est aussi important de bien « faire savoir » que de bien « savoir faire ». Ainsi mercredi a vu le théâtre médiatique occupé par deux grands communicants. Un vieux cabot : Jean-Michel Aulas et un nouvelle star : Unaï Emery. L’un relançait sa sempiternelle complainte « du petit club méritant mais empêché de réussir par la faute d’un PSG qui tue tout intérêt sportif en L1 à cause des dépenses indécentes de ses bailleurs de fonds souverains ». L’autre lançait la version française du site internet à sa gloire avec, trouvaille géniale, possibilité de prévoir la compo d’équipe du Maître, avec cadeau à la clé pour les meilleurs devins. Succès monstre avec accès saturé pendant plusieurs heures.

Rarement un nouvel entraîneur aura, en quelques semaines, réussi à drainer un capital sympathie aussi unanime. Médias et supporteurs sont sous le charme du personnage qui manie à la perfection les outils de communication et de séduction. Tout le contraire de son introverti prédécesseur, handicapé quasi pathologique dans ce domaine et qui a réussi l’exploit, malgré un palmarès probant, de se faire prendre en grippe tant par les journalistes que par les aficionados du PSG. Comme quoi le savoir faire (bons résultats) quand il n’est pas mâtiné de faire savoir (bonne communication) peut se trouver éclipsé par ce dernier.

Mais, à partir de samedi, et le Trophée des Champions, le « faire savoir » ne suffira plus pour Emery. Avec le début des compétitions officielles : fini « l’état de grâce ». L’espoir suscité doit se concrétiser en performances et c’est maintenant son « savoir faire » qui va être jugé… à l’aune de celui de Laurent Blanc. D’autant que l’objectif qui lui a été fixé est de faire mieux qu’avant. Et même si on a pu apprécier depuis son arrivée son sérieux, son implication, sa passion pour le jeu, ce sont ses choix, sa gestion des ego, son système, sa façon de l’animer et la concrétisation de tout cela au tableau d’affichage qu’on va maintenant juger.

Avec un seul résultat possible pour lui contre l’OL : la victoire. Attendue par tous. Comme une évidence. Comme depuis 3 ans. Sachant que si ce n’était pas le cas, il serait seul en première ligne pour assumer. Vous avez entendu, vous, le bon Président NAK depuis son coup de sang de juin puis la présentation d’Emery et HBA ? Vous l’avez vu suivre, accompagner, mettre en perspectives les débuts du nouveau cycle et de son entraîneur lors des différentes phases de la préparation ? Vous avez entendu le nouveau « Directeur du football » nous expliquer déjà à quoi il servait et ce qu’il attendait du TDC ? Non, « Le Roi Unaï est nu ». Et occupe à lui seul, à ses risques et périls, tout le « Faire savoir » d’un club décidément nul dans ce domaine.

Si il y en a bien un qui n’est pas nul là dedans, c’est bien le cher Jean-Michel Aulas. Démontrant, encore une fois, un vrai « savoir faire » dans le « faire savoir ». Et si on peut s’indigner, au premier degré, de ses sorties populistes et démago contre le « Qatar SG » et son entreprise de destruction d’une Ligue 1 qui en réalité, sans Paris, serait déjà morte, soyez persuadés qu’il n’en pense lui-même pas un mot. Ses objectifs sont tout autres. D’abord continuer d’exister au-delà des résultats sportifs, faire le buzz, provoquer, avec la réussite que l’on voit aux nombres de réactions qu’il déclenche. Ensuite, protéger son entraîneur, ses joueurs et surtout son club. Qui, perdant, aura beau jeu de dire que cette défaite ne faisait que confirmer ses affirmations d’un trop grand déséquilibre des forces. Et qui, gagnant, le propulsera au rang d’un Astérix du foot français, résistant encore et toujours à l’envahisseur étranger. Encore une victoire du « faire savoir » sur le « savoir faire ».

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