#BP « Attention ! Un accompagnateur peut en cacher un autre ! » par Olivier M.

Nous vous proposons depuis plusieurs mois d’être un « Blogueur Parisien » (lire ici), Olivier M. nous propose un nouveau billet.

[Celui-ci, comme tous les autres, de tous les blogueurs, n’engage que son auteur. Canal Supporters ne relaie pas, ne valide pas, ne censure pas, il propose un point de vue de supporter, son analyse, sa grille de lecture, vous disposez, analysez, jugez. Pour que vive le débat. Bonne lecture.]

Attention ! Un accompagnateur peut en cacher un autre !

C’est un des « arguments » fétiches des Experts CS. Blanchette ? Un accompagnateur ! Il ne décidait rien. Ne foutait rien. Préférait être au golf qu’à l’entraînement. Il n’y avait qu’à l’y voir d’ailleurs, indifférent, les mains dans les poches, abandonnant l’animation des séances à ses adjoints. Et les matchs ? Non, mais, à quoi il servait pendant les matchs ? La touillette à la bouche. Éteint et muet. C’est pas comme X ou Y en train de s’agiter comme des sémaphores, de vociférer, d’agonir de commentaires abscons les pauvres remplaçants sur le banc. Ça c’est des coachs qui en ont. D’ailleurs, si les défaites c’était pour sa pomme, il n’était pour rien dans les succès. Ceux là on les devait à Jean-Louis Gasset, son adjoint, ou à Zlatan, le vrai entraîneur du PSG. Une marionnette des joueurs, voilà ce qu’il était. Une fiotte, quoi. Pour acheter la paix sociale dans le vestiaire, il leur avait donné les clés du camion. A se demander même comment il avait fait pour les violer au retour contre City avec ce schéma de jeu grotesque auquel ils n’avaient pas pu s’opposer, eux les patrons pourtant.

Heureusement, avec Unaï Emery, fini l’auto-gestion (piège à cons). On allait voir ce qu’on allait voir. Un meneur d’hommes. Un entraîneur de conviction et à principes. Un dingue du travail. Un fondu de l’analyse. Un drogué de la vidéo. Au pas qu’il allait te les mettre les starlettes capricieuses. Un seul patron : lui. On ne verrait plus qu’une seule tête : eux. Tous les joueurs à la même enseigne. Interchangeables comme les bouteilles d’un pack d’eau minérale avec lesquelles on jongle devant un parterre aux anges. La concurrence absolue et totale. Et puis des guerriers sur le terrain ! Pour jouer, allait falloir courir, défendre, presser. Onze Cavani, quoi. Une preuve de son intransigeance ? De son exigence à soumettre le talent au litre de sueur versé pour avoir le droit de l’exprimer ? Ben Arfa bien sûr ! Bouc émissaire idéal, car indéfendable vu la pancarte qu’il traîne dans le dos depuis le début de sa carrière. En tribune la feignasse. Au régime jockey Big Ben. Placardisation savamment instrumentalisé dans un long feuilleton permettant de détourner l’attention des questions qui fâchent.

Mais malédiction ou clin d’œil du destin, comme si inévitablement un coach au PSG était condamné à devenir accompagnateur, voila-t-il pas qu’Unaï connaît à son tour aujourd’hui le sort fait à Lolo hier. Et que le grand quotidien sportif national l’accuse d’être lui aussi l’otage du vestiaire et de céder à ses caprices. Contraint, après quelques résultats contraires, à différer l’instauration de son 4-2-3-1 « vertical » et « intense ». Et à retourner au bon vieux 4-3-3 de possession de tous les succès, après passage sous les fourches caudines de la « République des joueurs » lesquels, faut-il être tordu quand même, avaient fini par être accros aux victoires. Ce retour au passé glorieux allant même, ultime camouflet à leurs virulents contempteurs, jusqu’à accepter de reconstituer le milieu à 3 inventé par Blanc. Avec le « fossile carbonisé », Motta. Et Blaise, le « fauteur de déséquilibre aux pieds carrés ». Quelle rigolade que les cris d’orfraie des Lolo-basheurs condamnant le procès indigne fait à Emery comme s’ils avaient oublié qu’ils l’avaient, eux, allègrement instruit à charge pour son prédécesseur.

Et bien non ! Accompagnateurs, ils ne le sont ni l’un ni l’autre. Ils sont simplement les coachs de très grands joueurs dont il est après tout naturel qu’ils écoutent les avis. Et sur les qualités desquels ils doivent bâtir leur projet de jeu. S’appuyer sur ce qui a été fait et bien fait, comme UE en a rendu hommage à Blanc, et tenter de le faire progresser, voilà le challenge que, dès sa prise de fonction, le nouveau coach s’est fixé. Après les tâtonnements du début, il recommence depuis 2 matchs par le bon bout. On attend maintenant, avec curiosité, la suite. Alors qu’humainement, pour cause de mercato raté, les possibilités d’améliorer la compo de l’équipe-type sont quasi nulles. Ce n’est pas Krycho qui pourra tenir le rôle de TM. Ni Jesé ou HBA qui pourront avec certitude faire mieux que Lucas et DM. Quant à l’arlésienne Pastore, ses mollets l’empêchent, hélas, de représenter une alternative. Et ne parlons même pas des buteurs quand Cavani, déjà à la merci d’une blessure qui laisserait l’équipe inoffensive, doit en plus faire seul le travail qu’il partageait avec le Z. Bon courage à Emery qui devra plus que jamais compter sur son talent et ses joueurs pour accompagner sa réussite. Car, finalement, qui du coach ou du Groupe accompagne l’autre dans les clubs de très haut niveau ?

À propos Marc Alvarez

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