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Nedjari : « Paris n’est pas Séville où Emery était Roi »

Après Dominique Severac, c’est au tour de Karim Nedjari de livrer son avis sur la relation entre Unai Emery et son effectif. Respect peu évident, vestiaire de stars à gérer, autant de nouveautés que doit affronter le coach basque depuis son arrivée au PSG. Sur son blog Yahoo, le journaliste revient donc longuement sur la situation de l’entraîneur parisien.

« Il faut bien le reconnaître, l’aveu d’Unai Emery nous avait échappé. En tombant sur un vieux Parisien de la semaine dernière, nous avons lu le face aux lecteurs du quotidien qui était proposé au coach espagnol. Il est toujours intéressant de décortiquer cet exercice de style dans lequel les joueurs et les entraîneurs stars se lâchent en confiance. Cette confession d’Unai Emery est désarmante de lucidité mais aussi d’impuissance : ‘les joueurs t’écoutent quand tu as gagné leur respect’, confiait-il. Je parle beaucoup avec eux et aujourd’hui je sais quels joueurs sont réceptifs et lesquels n’écoutent pas !»Au fil des jours, on mesure la difficulté pour Emery de reprendre en main un groupe de stars qui avait la mauvaise habitude de s’auto-gérer autour d’Ibrahimovic. Malin et pragmatique, Laurent Blanc avait donné les clefs de la maison aux cadres et alignait les trophées en échange. Tout le monde était gagnant, finalement.

A son arrivée, Unai Emery a voulu imposer sa philosophie et son projet de jeu. Mais Paris n’est pas Séville où il était Roi. Alors il a cassé le statut des joueurs titulaires. Comment a-t-il pu croire qu’Hatem Ben Arfa accepterait d’être le remplaçant du jeune Ikone ? On comprend mieux pourquoi David Luiz est parti à la dernière minute du mercato pour Chelsea. Pouvait-il accepter d’être le numéro 4 de la défense centrale derrière Presnel Kimpembe ? Face à Marseille, les malentendus ont donc éclaté en direct. Marco Verratti a laissé éclater sa colère devant les caméras et les micros de Canal Plus. Le petit Italien, au talent énorme, ne supporte pas d’être remplacé ? Il est normal qu’il se comporte en enfant gâté car il l’est ! Son contrat est prolongé tous les six mois, et il demande encore une augmentation. Pourtant, depuis six mois, il accumule les blessures. En revanche, ses statistiques personnelles (passes décisives, buts) ne progressent guère. Peu importe son rendement, il jouit d’une impunité et d’une clémence incroyables de la part de ses dirigeants et des fans. Dans un grand club étranger, il ne se permettrait pas cette attitude parfois irrespectueuse pour l’institution. Mais il a raison d’en profiter car aucun dirigeant n’ose le blâmer comme le faisait, par exemple, Carlo Ancelotti. Le problème à Paris est simple. Les joueurs ont un accès direct à la présidence et court-circuitent les entraîneurs qui perdent ainsi leur crédibilité et leur autorité. Unai Emery découvre qu’il ne sera rien sans les joueurs. Il devra trancher vite ou proposer un compromis aux stars pour rester en vie. Pour le moment, il cherche la moins pire des solutions.« 

À propos Quentin Polin

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