Bruno Roger-Petit : « Rien n’est jamais pardonné au gardien de but »

Hier, Alphonse Areola a été coupable d’une erreur d’appréhension sur le but lointain du FC Bâle. Pensant devoir intervenir dans les airs pour arrêter un centre, le portier s’est trop avancé et s’est donc laissé surprendre par la frappe lointaine. Bruno Roger-Petit s’est donc questionné, sur son blog, sur la capacité de remise en question d’Areola qui s’est vite remis en selle et a donc, comme beaucoup, fait un parallèle avec Kevin Trapp.

« On l’entend qui monte la petite musique. « Finalement, Aréola, ce n’est pas mieux que Trapp », « Il a quand même encaissé un drôle de but face à Bâle », « Décidément, au PSG, les gardiens, c’est pas leur truc »… Et ainsi de suite. Tout cela parce qu’Aréola s’est incliné sur un ballon venu de l’espace en Ligue des Champions mardi soir. Un but que l’on peut qualifier d’improbable, signé Zuffi, comme ça, sur un tir dont on ne sait si dans l’intention de son auteur, il s’agissait bien d’un tir… Et finalement sans conséquence après le but victorieux de Meunier (1-2). On en convient, Aréola est coupable. Il attendait un centre, et c’est un tir qui est venu. Avancé, il s’est retrouvé stupidement lobé. Mauvaise anticipation. Aussitôt sanctionnée. Telle est la règle : rien n’est jamais pardonné au gardien de but. Sa faute, sa très grande faute, c’est d’accepter de jouer à ce poste. Le plus ingrat d’entre tous. Donc, avec ce but, la petites musique commence. Aréola, c’est un peu comme Trapp. D’ailleurs, vaut-il mieux que Trapp ? Et même que Sirigu ? Aréola, au bord de la dégradation… Aréola, si jeune et déjà vain. Aréola, qui n’est pas celui que certains prétendent : le futur du football français dans les buts, quand Lloris cessera d’en être le présent. On le pressent, la petite musique risque de devenir symphonie. Déjà notre ami et camarade Denis Balbir s’en fait le premier soliste. Aréola mérite-t-il d’être auréolé ? Ici on s’insurge. Non, Aréola n’est pas Trapp. Il n’est rien de commun entre les bourdes majeures de l’Allemand, commises l’an passé, et l’erreur d’anticipation du Français à Bâle. Les bourdes de Trapp révélaient un gardien fragile, apeuré et angoissé, ce que n’est pas Aréola. Quand ce dernier intervient sur une balle aérienne, on ne pense pas aussitôt qu’il va la rater ou la relâcher… La grande différence entre Trapp et Aréola, c’est que le second inspire confiance. Et s’il inspire confiance, c’est parce qu’il a confiance en lui. « On ne croit qu’en ceux qui croient en eux », disait Talleyrand, et à l’évidence, Aréola a confiance en lui.

Voilà pourquoi il est temps de mettre un terme, avant qu’elle n’atteigne des proportions démesurées à la mise en concert de la petite musique que l’on commence à entendre ici et là. Non, Aréola n’est pas Trapp. Oui, il a commis une erreur à Bâle, mais des gardiens comme Neuer ou Buffon en ont commis des semblables, voire des pires, durant leur carrière. Et comme le disait Ernst Happel : « On me dit qu’il y a eu erreur de défense… Mais c’est le football… S’il n’y avait pas d’erreur de défense, il n’y aurait jamais de but ». »

À propos Quentin Polin

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