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[Focus n°5] : Valdo, le magicien venu du Brésil

Valdo Cândido de Oliveira Filho, mais le simple « Valdo » suffit à faire frémir le cœur des Parisiens. Technique, vif, intelligent dans le jeu, l’international auriverde a honoré la tradition brésilienne au PSG. Il en est même sûrement l’un des précurseurs. Né le 12 juillet 1964 a Sideropolis au Brésil, le milieu offensif, passionné par le tennis et le basket, débute sa carrière professionnelle au Grêmio Porto Allegre en 1984 après être passé, en amateur, au Figueirense FC. Le Grêmio est aussi le club qui verra plus tard les premiers pas de Ronaldinho. Le club brésilien permet à Valdo de se montrer et il accède donc à la sélection nationale en 1986 afin de participer à la Coupe du Monde cette même année. La Seleçao se fera éliminer dans un match de légende face à la France de Platini, match auquel Valdo n’aura pas participé. Jusqu’en 1993 il participa à 45 matches sous le maillot auriverde et inscrira 4 buts. Presque tous inscrits en 1987. Très technique, il se révèle un fin passeur et, une fois médaillé de l’argent olympique, s’envole donc en Europe du côté du Benfica Lisbonne. Au Portugal, Valdo devient proche d’Eusebio. Une proximité déclarée lors de la mort de ce dernier : « Moi c’est mon ami, c’était un papa pour moi, un frère plus âgé. C’est très triste, mais la vie c’est comme ça ».

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A Benfica, le Brésilien apprend vite, très vite. Il est sacré Champion du Portugal dès sa première saison. Tout juste auréolé du titre de vainqueur de la Copa America 1989, Valdo voit Sven-Göran Eriksson faire son retour au sein du club lisboète. Sous ses ordres, le Brésilien se révèle encore plus influent et aide Benfica à aller jusqu’en finale de la Coupe des Clubs Champions 1990, malheureusement perdue face à l’AC Milan. Cet été là, il participa également à la Coupe du Monde 1990 et se fera éliminer en huitièmes de finale par l’Argentine (0-1, but de Cannigia), match arbitré par Joël Quiniou. Le fameux match où Branco aurait été drogué aux somnifères par les Argentins. C’est alors que le PSG, tout juste sous l’égide de Canal +, décide d’entrer dans la danse qui rythma la carrière du Brésilien.

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Suite aux conseils d’Artur Jorge, le PSG décide d’enrôler Valdo et Ricardo, les deux Brésiliens de Benfica tout juste auréolés d’un nouveau titre de Champion du Portugal. D’entrée, le milieu de terrain offensif se montre indispensable puisqu’il participa à 34 matches sous le maillot parisien (32 en D1, 2 en Coupe de France). La saison suivante, il fait son retour en C3 (9 matches, 1 but). Ces trois dernières années au PSG, il a toujours atteint le stade des demi-finales des compétitions européennes (C3, C2, C1). Il remporte son premier trophée avec le PSG à l’occasion de la Coupe de France 1992-1993 et finira vice-champion de France, un titre qui aurait dû revenir au PSG, mais l’on ne change pas le passé (de plus, le club de la capitale a refusé d’être Champion suite à la destitution de l’OM). En 1994, il sera tout autant décisif puisqu’il aidera le PSG à obtenir le titre national. Pourtant, Carlos Alberto Parreira ne le sélectionne pas pour la Coupe du Monde 1994 qui verra la sélection brésilienne l’emporter. Sa dernière année au PSG sera marquée par son doublé Coupe de France – Coupe de la Ligue, en inscrivant 3 buts en 7 matches de ces compétitions. Il restera fortement lié au club, et à l’heure d’évoquer les souvenirs, il n’oublie forcément pas cette fameuse rencontre face au Real Madrid.

«  Le plus marquant de mes souvenirs reste tout de même le match face au Real Madrid. Nous nous étions imposés 4-1 et c’était magnifique. On avait marqué des buts extraordinaires, notamment David (Ginola), le but de la tête de George (Weah) ou le mien. Mais le but qui fait la différence, c’est celui d’Antoine (Kombouaré). Il avait mis un coup de tête magnifique qui nous permettait de nous qualifier. »

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Lors de l’été 1995, il retourne à Benfica où il participera à 60 matches en deux saisons et remportera la SuperCoupe du Portugal, avant de s’envoler au Japon pour évoluer au Nagoya Grampus, l’ancien club de Gary Lineker. Il décide alors de retrouver ses terres natales pour évoluer à Cruzeiro. C’est avec ce club qu’en 1998 il remporte la Bola de Prata, le ballon d’argent brésilien. Ce trophée récompense les meilleurs joueurs du championnat brésilien a chaque poste. Cette année, un certain Vampeta (six mois au PSG en 2001) gagnait également ce prix honorifique. Puis il évolua avec Santos, Sport Recife, Atlético Mineiro, reviendra au Grêmio, puis joua pour la Juventude, São Caetano et enfin Botafogo. C’est d’ailleurs ce club qu’il aide à retrouver la D1 brésilienne afin de permettre de parfaitement clôturer une carrière qu’il stoppa donc à 40 ans.

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Le 16 octobre 2006, Valdo devient entraîneur-adjoint de Créteil jusqu’au 12 juin 2007, puis il rejoindra le Toulouse-Fontaines Club (dissous en 2016) en tant qu’adjoint de l’entraîneur également, mais quittera son poste six mois plus tard. C’est en janvier 2009 qu’il retournera au Brésil pour être entraîneur de Rondonopolis mais ne restera qu’un mois. Il sera ensuite six mois entraîneur de Maringa. Entre 2013 et 2014, il devint directeur sportif du Lusitano Saint-Maur et entame une carrière de consultant en France pour BeIN Sports et La Chaîne l’Equipe et au Portugal pour A Bola et Benfica TV. Depuis fin 2014, il rejoint Artur Jorge et devient entraîneur-adjoint du Mouloudia Club d’Alger. Si le Portugais a été démis de ses fonctions, l’éternelle légende du Parc est toujours en place.

« J’aime beaucoup les supporters du PSG. Pour moi, le plus important est qu’ils restent toujours derrière le club, le coach et les joueurs. J’espère qu’ils seront toujours là pour que le PSG gagne le plus de titres possibles. C’est ça qui fait l’histoire d’un club. »

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À propos Quentin Polin

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