#BP « Les Rivaux de Painful Gulch » par Yvan alias Vivabali

Nous vous proposons depuis plusieurs mois d’être un « Blogueur Parisien » (lire ici), Yvan alias Vivabali nous propose un nouveau billet.

[Celui-ci, comme tous les autres, de tous les blogueurs, n’engage que son auteur. Canal Supporters ne relaie pas, ne valide pas, ne censure pas, il propose un point de vue de supporter, son analyse, sa grille de lecture, vous disposez, analysez, jugez. Pour que vive le débat. Bonne lecture.]

Les Rivaux de Painful Gulch

Ayant rejoint la communauté CS en Juin et ne connaissant pas l’historique, j’avoue ne pas toujours comprendre les subtilités de certaines joutes. Thème préféré, les coachs …

J’ai parfois l’impression de me retrouver loin en arrière lisant «Les Rivaux de Painful Gulch». Lucky Luke, grandes oreilles et gros nez. Devant le saloon, pardon sur le terrain, s’affrontent les O’Hara déchaînés, reniflant Emery comme un produit faisandé et les O’Timmins irrités, répliquant qu’auparavant le boss s’appelait Zlatan, qu’il n’a pas été remplacé sur et en dehors du terrain et que les emm… volent en escadrille depuis plusieurs mois. Ambiance …

Comme Lucky Luke (sourire), je pense qu’opposer les deux coachs est au mieux réducteur au pire hors sujet. Ce tropisme largement promu par la bien-bien-pensance médiatique est un leurre.

UE vs LB.

Qui peut dire ce que ferait Laurent Blanc cette saison ? Avec Aurier (?!) mais sans Zlatan … Qui peut dire ce qu’aurait fait un autre coach entre 2013 et 2016 ? Réponse à ces questions (parmi d’autres) : nobody knows.

Guardiola : 24, 25 et 26ème titres avec le Bayern mais aucune finale de LdC en 3 ans. Blanc : 11 trophées mais les 3 éliminations en LdC que l’on connaît … Réussites et/ou échecs ?

Aucun coach n’a une trajectoire parfaite. Les éléments conjoncturels ont leur importance : mercatos, blessures, impondérables… Les alignements de planète sont très rares y compris dans le foot. Ajoutons les pressions grandissantes dans un monde soumis au «tout tout de suite». Où en était Jardim au bout de 6 mois ? A l’inverse, Bielsa avait démarré en trombe avant de marquer le pas. Les premiers mois sont souvent trompeurs. Dans un sens comme dans l’autre. Bref, comparaison n’est pas forcément raison.

Pas de grand coach sans grand club

Aphorisme ? Ce sujet mériterait à lui seul un BP …

1- Un grand club. Brièvement, c’est (liste non exhaustive) : une institution, une identité, des hommes (les meilleurs), une ambition, un état d’esprit, une attractivité, une mentalité, des moyens et, last but not least, l’exigence.

S’y ajoutent deux objectifs essentiels :

Anticiper et décider au bon moment. Procrastination et management font rarement bon ménage.

Motiver. Un joueur motivé en vaut deux et il doit être convaincu, chaque jour davantage, qu’il a fait le bon choix. Motiver en limitant bien entendu toute forme de paternalisme ou câlinothérapie.

Notre club répond-il aujourd’hui à tous ces critères ? Beaucoup, un peu, pas du tout ?

2- Un grand coach. Simeone était – paraît-il – prêt à signer mais il réclamait les pleins pouvoirs. Nasser aurait donc fait un nouveau choix par défaut … ce qui me rappelle une anecdote.

Il y a quelques années, le dirigeant d’une multinationale répondit lors d’un débat : « Le manager idéal est choisi par ses supérieurs mais, s’il était choisi par ses collaborateurs, ce serait le même ».

Un propos que j’ai gravé et régulièrement confronté aux événements. Appliquée aux coachs recrutés par les qataris (CA, LB, UE), qui répond à cette double exigence ? Carlo.

Emery

Chaque recrutement s’accompagne d’un point d’interrogation. UE n’y échappe pas. Il est arrivé avec sa compétence, sa passion et 3 victoires en Ligue Europa avec Séville (un «petit» club qui pourrait dépasser le PSG au classement UEFA en septembre). Ce n’est pas rien mais cela ne suffit pas. Chacun ne vaut que pour ce qu’il fait ou fera, certainement pas pour ce qu’il a fait.

UE doit s’adapter et s’imposer. Avec lucidité, sérénité et sans frilosité. Mais car il y a un mais :

A-t-il été installé dans les meilleures conditions ? Est-il soutenu sans réserves ? Peut-il décider librement ? On peut s’interroger. Est-il au meilleur de sa forme ? Apparemment non. Pour l’instant ?…

Je ne sais pas si UE répondra aux attentes et mon questionnement initial n’a pas diminué, loin de là. Mais lorsqu’il s’agit d’évaluer un coach, je suis toujours prudent et je me hâte lentement. Contrairement aux O’Hara et O’Timmmins, je n’ai pas encore de position tranchée.

C’est arrivé hier

Ne pas tirer les enseignements du passé est surprenant. On ne peut oublier les débuts contestés de Carlo, les hauts et les bas de Laurent …

Le passé influe sur le présent de manière rationnelle et/ou irrationnelle. Historique, cycles, statuts, intersaisons … tout compte. Après Carlo/Leo (qui ont fait venir les cadres de l’effectif actuel), les joueurs ont vu arriver Laurent. Trois ans sans DS, des mercatos décevants, quelques joueurs inattendus qui ne se sont pas imposés et aucun nouvel attaquant.

En 2016, les joueurs ont vu partir Zlatan, Lavezzi, Luiz, Sirigu. 1 séquoia, 2 ambianceurs, 3 gros salaires, 4 piliers du vestiaire. Presque rien … Qui ont-ils vu arriver ? Ben Arfa, Jesé, Krychowiack, Meunier et Areola de retour. Sans oublier Emery puis Kluivert.

Surprises à répétition. Qu’en pensent les joueurs ? Entre autres, que les promesses n’engagent que ceux qui les croient.

C’est arrivé demain

Après une phase aller contrastée (39 pts, 11 clean sheets, 4 défaites, des prestations inégales), analyses et commentaires sont submergés par un mercato que beaucoup attendent avec une gourmandise réveillonesque. Il sera aisément meilleur que le précédent. Draxler est un «hors d’œuvre» intéressant mais insuffisant. Attendons la suite d’un menu que nous rêvons gastronomique.

Beaucoup refusent de tomber dans le piège de la tyrannie de l’instant ou dans un manichéisme stérile. Nolens volens, la saison va se poursuivre avec le trio N-E-K sauf énorme catastrophe que nul ne peut raisonnablement souhaiter.

NEK Plus Ultra ou NEK Mergitur ?… Nous verrons.

Les objectifs, ambitieux dans la situation actuelle, sont connus. Championnat, coupes et dernier carré en LdC.

Priorité au championnat. 45 pts au retour (jurisprudence 2013-2016). 84 pts devraient suffire …

Les coupes ? Des tirages aussi favorables que les saisons précédentes (avec matchs au Parc) seront les bienvenus.

Barcelone ? Nous n’avons rien à perdre … sauf l’honneur.

La formule incontournable pour atteindre les objectifs ? Effectif au complet et sérieusement renforcé + Coach et Joueurs dans leurs meilleures formes + Motivation élevée et constante + Enchaînement de victoires dès Samedi. Quoi de plus facile …

Fin Mai viendra le moment de dresser un bilan. Complet et circonstancié.

Le pire n’est jamais certain

En toutes circonstances, l’une des responsabilités d’un dirigeant est d’obtenir le meilleur de chaque manager.

Lorsque surviennent les difficultés, je me méfie de la méthode «bouc émissaire» et j’essaie de faire la distinction entre le thermomètre et la fièvre. Casser l’un ne fait pas baisser l’autre.

Avant d’envisager un remplacement, s’imposent les questions immuables : Qui et Quand pour Faire Mieux ?

S’il s’avérait qu’Emery n’est pas «the right man in the right place at the right time», la situation deviendrait très compliquée. Notre «jeune» club peut difficilement se payer le luxe d’une 3ème sortie mouvementée d’un coach en 5 ans.

Notre coefficient d’attractivité chuterait. Quel coach, quels joueurs auraient alors envie de venir ? Paris est une très belle ville mais …

Si, malheureusement, nous étions confrontés à cette douloureuse extrémité, j’attendrais avec curiosité la réaction de l’émir Tamim ben Hamad Al Thani. Dès 2011, il avait mis notre club sur de bons rails avant d’être obligé de prendre brusquement la succession de son père en 2013 et de passer – sans préparation – le témoin à son plus proche collaborateur. 

Une saison ratée et un coach remercié ne pourraient occulter la responsabilité du top management. Nasser, homme respectable mais président soudainement affaibli, serait probablement confronté à l’exaspération d’un propriétaire faisant alors preuve d’une amnésie peu amicale et d’un courroux sans retenue.

Heureusement, le pire n’est jamais certain.

Meilleurs vœux à tous, O’Hara et O’Timmins inclus. Ainsi qu’à notre cher club qui sera champion en Mai 2017.

I’m not a poor lonesome fan …

Merci d’avoir consacré quelques instants à la lecture de ce billet.

Yvan alias Vivabali

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