Julian Draxler, adoré et critiqué, en guise de cadeau de Noël

Il est de ces talents dont l’Allemagne peut se targuer. Il est de ces joyaux qui rendent fiers les habitants de Gladbeck, sa ville natale. Julian Draxler débarque au PSG auréolé d’une honorifique réputation glanée suite à ses prestations avec Schalke, club du dernier échelon de sa formation. En remplaçant Ivan Rakitic le 15 janvier 2011 face à Hambourg, il est devenu le 4ème plus jeune joueur à fouler les vertes pelouses de Bundesliga. Deux semaines plus tard il devient le deuxième plus jeune joueur à être titulaire au sein du championnat allemand. En quatre ans, il inscrit 30 buts en 170 matches et attise la convoitise d’Arsenal et surtout de la Juventus Turin. Mais c’est finalement à Wolfsburg que le joueur posera ses valises. Si l’évolution peut porter à interrogation, le club des Loups étant moins compétitif, beaucoup oublient que le club allemand était, alors, porté par un sérieux projet sportif qui finalement n’aboutira pas. Venu pour pallier au départ de l’influent Kévin De Bruyne, Julian Draxler déçoit globalement. Le milieu est loin d’être peu performant, mais est irrégulier et son état d’esprit interroge. Il tente une première fois, dès l’été suivant, de quitter son nouveau club. En vain. Le joueur semble peu apprécier le manque d’ambition du club et son comportement n’aide pas. Sa demande, publique, de quitter Wolfsburg est vivement critiquée et le joueur écope même d’une amende de 100 000€.  Contacté par nos soins, la journaliste et écrivain Angela Roemelt nous décrit sa façon de penser.

« Son plus gros défaut est sa mentalité. Il a été transféré de Wolfsburg non pour des raisons sportives mais pour attirer l’attention grâce à la Champion’s League. Quand les déboires sportifs de Wolfsburg sont arrivés, il a tout fait pour quitter les quitter. S’il pouvait avoir une attitude de club, ce serait très bénéfique pour lui. Il a voulu un contrat avec un club du calibre du PSG, il l’a. Pourra-t-il pour autant travailler dur pour autre chose que l’argent ? J’en doute, mais sait-on jamais. »

Même son de cloche du côté du journaliste Alex Truica, spécialiste de la Bundesliga : « Son principal défaut, et cela s’est vu après ses déclarations estivales et son transfert au PSG, c’est son caractère. Il a été très critiqué dans les médias allemands, parce qu’il a forcé son départ de Wolfsburg. La presse l’a comparé à un mercenaire: en premier lieu il quitte rapidement son club formateur pour gagner plus d’argent  alors qu’il venait de prolonger, et après une saison il déclare publiquement vouloir quitter Wolfsburg pour raisons sportives. Pour l’anecdote, son premier contrat avec Schalke courait jusqu’en 2018, aujourd’hui fin 2016 il a déjà quitté Wolfsburg ! C’est là-dessus que Klopp voulait insister quand il parlait de Draxler. Liverpool était intéressé mais le joueur demandait un trop haut salaire, alors Klopp a évoqué une motivation salariale plus que sportive. »

Régulièrement sélectionné en équipe nationale, Julian Draxler ne semble toutefois rien avoir à envier, qualitativement, aux autres stars germaniques et deviendra même Champion du Monde en 2014, à seulement 21 ans. « Ses meilleures années furent ses premières saisons à Schalke 04, rappelle Angela Roemelt. Il y a été formé donc à reçu beaucoup d’amour de la part des supporters et a pu y jouer 30 matches en deux ans, principalement en tant qu’ailier gauche. Il ne rechignait pas aux tâches défensives et ajoutait de la créativité au jeu de Schalke. Malgré tout, ses statistiques sont altérées par ses blessures. Un peu comme beaucoup de jeunes talents qui ont été mis trop tôt dans la lumière.  Je ne suis pas spécialement fan du père de Neymar mais il lui permet une carrière adaptée à son développement et dans une atmosphère stable. Draxler a besoin d’un père comme cela, qui pense au développement plutôt qu’à la carrière, mais peut-être craint-il de ne pas faire assez d’argent trop vite. Sportivement, sa polyvalence lui permettra d’être une alternative à Pastore, ce dont le PSG a grandement besoin. »

Dans le viseur du PSG, le joueur (très influencé par la culture musicale française) voit enfin l’opportunité de briller au sein d‘un effectif bien plus pléthorique. Mais son égo pose question et beaucoup pointent du doigt ce problème. Le joueur aurait, comme d’autres avant lui, privilégié l’aspect financier. Mais avant toute chose, Julian Draxler est un joueur pétri de talent. 1m87, 70 kilos, un gabarit élancé. Sa polyvalence lui permet d’évoluer derrière l’attaquant même s’il a pour habitude d’évoluer dans le couloir gauche. Un poste actuellement occupé au PSG par un bien transparent Angel Di Maria. Draxler semble peu regardant sur son poste, tant qu’il peut manier le cuir et s’exprimer librement. Des qualités qui n’ont pas échappé à Alex Truica : « Draxler est vraiment bon avec le ballon, malgré sans grande taille, et ses aptitudes techniques sont très importantes. Il est confiant balle au pied et prend ses responsabilités face aux adversaires. Il est bon côté gauche, quand il repique dans l’axe, et même en numéro 10. »

 A seulement 23 ans, Draxler est déjà un joueur d’expérience. 151 matches de Bundesliga, 32 matches de Ligue des Champions et 27 sélections nationales. De plus, et c’est important, le mauvais parcours national de Wolfsburg l’an dernier n’a pas permis au club d’être qualifié en Ligue des Champions cette saison et le joueur peut donc être inséré dans la liste européenne du PSG. Draxler fait partie de la talentueuse génération allemande qui, petit à petit, prend le pouvoir. Avec un sens technique pointu, le joueur semble voir « le jeu en avance » comme déclarait il y a peu Josuha Guilavogui. Ambidextre, il est donc capable de jouer avec ses deux pieds, lui octroyant ainsi un avantage et une précision certains face à ses adversaires. Bon passeur, l’Allemand excelle dans la passe courte et longue. Il est également doté d’une vista certaine et d’une finition loin d’être négligeable, au contraire. Mais sa relation conflictuelle avec le club de Wolfsburg fait de lui un joueur qui souhaite se relancer, et le PSG n’est pas forcément le club idoine dans ce domaine. Beaucoup pointent d’ailleurs son état d’esprit égoïste, et au PSG il ne fait pas bon être égoïste. Peut-il donc être une plus-value pour le PSG ? Oui et non selon Alex Truica : « C’est la vraie question. J’ai vu un journaliste dire ironiquement sur Twitter que le PSG a déjà Di Maria, Pastore, Lucas et Ben Arfa, et qu’un de plus ferait l’affaire. Je ne pense pas que le PSG ai réellement besoin de lui. Selon moi, sa signature n’a pas vraiment de sens, surtout aux vues du montant. Je ne suis pas forcément le PSG et j’ai cru entendre qu’Emery n’était pas satisfait de Ben Arfa et que Pastore se blessait régulièrement. C’est sûrement l’une des raisons expliquant pourquoi le PSG a acheté un nouveau versatile milieu offensif.  Les récentes performances de Draxler ne sont pas assez convaincantes pour un montant de 40 millions d’euros, et vu sa mentalité, cela ressemble à une loterie. Mais si le PSG et Emery peuvent tirer le meilleur du joueur, Draxler pourra démontrer pourquoi il est considéré comme l’un des plus grands talents allemands. »

Merci à Angela Roemelt et à Alex Truica pour leur disponibilité.

À propos Quentin Polin

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