Paris, et cette si belle habitude de nous faire vibrer à l’européenne

Ce mardi soir, le PSG va affronter son Goliath, le sacro-saint FC Barcelone. Ce rival d’un jour de match, qui devient l’adversaire de toujours après tant d’années à devoir le rencontrer dans la cour des grands.

Le PSG et l’Europe, il faut le dire, ce n’est pas une histoire qui a commencé il y a cinq ans avec ce retour en fanfare dans la si prestigieuse Ligue des champions. C’est une histoire pleine d’embûches, de combats, de chemins plus sinueux mais tout aussi émouvants. On se rappelle de la tête de Kombouaré contre le grand Real Madrid, au bout du temps réglementaire, synonyme de qualification pour les demi-finales de la Coupe de l’UEFA en 1993. Puis de la belle face aux Merengue, un an plus tard, où la bande à Ginola s’imposait cette fois en quart de finale de la Coupe des Coupes grâce à un but de Mister George. Ce dernier qui a d’ailleurs récidivé en 95, contre le Barça, avant que Rai et Guérin ne balayent les espoirs catalans au match retour. Un exploit synonyme de demi-finale de la Ligue des champions, où il tomba face à Milan.

Et puis il y a eu cette émotion folle, ce sursaut d’orgueil, ce but inespéré de Djorkaeff, l’homme qui avait sauvé Paris en demi-finale de la Coupe des coupes en 1996. Un but venu du banc de touche, qui a fini dans la lucarne pour envoyer le PSG en finale. Une finale de la Coupe des vainqueurs de Coupe, en 96 face à un Rapid de Vienne survolté, anéanti par le coup-franc de N’Gotty, qui a fait entrer le PSG au panthéon européen. Un titre marqué dans l’ADN rouge et bleu. Il y a ces victoires contre Liverpool (en 97), cette qualification incroyable et impossible face au Steaua (où le PSG était pourtant condamné à marquer 4 buts pour se qualifier !), cette finale perdue contre la grande Juventus en Supercoupe de l’UEFA et puis une autre défaite – encore en finale – face au Barça en Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe, au terme d’une sublime épopée. Il y a même eu cette Coupe Intertoto contre Brescia en 2002. Et des passages dans les entrailles de la Coupe UEFA ou de la Ligue Europa. Bref, il y avait pléthore de compétitions à rallonge et d’émotions décuplées jusqu’en 2012, et ces retrouvailles juteuses avec la C1.

Et aujourd’hui, s’il y a toujours la Ligue Europa et le clou du spectacle avec la Supercoupe d’Europe, c’est bien la Ligue des champions qui vampirise tous nos émois. Et depuis quelques années, les supporters du Paris Saint-Germain passent régulièrement par les montagnes russes quand il s’agit de monter dans le wagon européen.

Pour leur entrée fracassante dans la cour des grands en 2012, huit ans après leur dernière participation, les hommes d’Ancelotti ont surmonté les embûches jusqu’aux quarts de finale, où tous les espoirs étaient permis. Et puis, au terme de deux matches nuls, le Barça s’était finalement qualifié pour les demies sans gagner, anéantissant les espoirs parisiens, qui avaient touché du doigt ce dernier carré pendant vingt minutes après un but de Pastore…

Ce même Pastore qui, un an plus tard, soulevait les cœurs de dizaines de milliers de supporters, inscrivant au bout de l’effort un ultime – et sublime – but contre Chelsea, au Parc des Princes. But aujourd’hui éclipsé par l’élimination du PSG au retour à Stamford Bridge, mais qui restera mémorable pour avoir laissé un Parc en suspens quelques secondes… Pour l’éternité.

En 2014, le PSG s’offre l’impossible, l’incroyable, l’impensable : une victoire dans son jardin face au FC Barcelone. Une victoire pour les honneurs, mais surtout pour faire battre à nouveau les cœurs de la capitale.

Et puis cette même saison, Paris prend sa revanche sur les Blues en se qualifiant chez eux, avec les honneurs et la grinta, après être passé par toutes les émotions possibles et imaginables. L’effroi et l’expulsion d’Ibrahimovic, les buts des hommes de Mourinho dont un penalty qui a arraché les cheveux de tout l’Hexagone, et puis à deux reprises, ces retours au score grâce à deux défenseurs au bout de l’envie. Un moment qui restera dans les mémoires pour les hommes de Laurent Blanc, même s’ils se font à nouveau éliminer par le FC Barcelone en quart de finale.

Et puis en 2015-2016, le PSG refait le plein d’émotions. Il y a le retour marquant de Zlatan dans son stade de Malmö, cette confrontation remarquable face au Real Madrid au Bernabeu (et cette frayeur quand Verratti est sorti blessé), ainsi que ces retrouvailles victorieuses avec Chelsea en huitièmes de finale. Et puis il y a ce tirage « facile », Manchester City, un adversaire sous-estimé pour un 3-5-2 détesté. Et voilà que le Paris Saint-Germain était éliminé pour la quatrième fois consécutive au stade des quarts de finale, en ayant fait le plein de joie, d’espoir, et finalement d’amertume.

On pourrait écrire, comme ça, des centaines de pages sur les exploits minimes mais mémorables, sur les affiches grandioses mais décevantes, sur les instants fragiles et ces moments de flottement avant des buts inoubliables. Sur ces célébrations d’un autre temps et ces embrassades en larmes. On pourrait en écrire, des choses, sur l’histoire du PSG qui n’a pas attendu Zlatan Ibrahimovic pour s’écrire, mais qui a aimé la poursuivre avec lui. On pourrait s’en rappeler, de ces moments de désespoir quand un joueur était blessé, quand un outsider brillait, quand il s’agissait d’être plus fort que l’effort. D’être David, contre Goliath.

Alors ce mardi soir, il n’y aura pas Silva, il n’y aura pas Motta, et il y aura l’un des meilleurs trios de l’histoire en face d’un PSG parfois bancal. Mais il y aura de l’espoir, de l’envie, de la rage et un public prêt à s’arracher les poumons pour vibrer avec ses onze mercenaires. Et puis pour Paris, il y aura surtout quelque chose de grand à nouer : une partie de son histoire.

À propos Ambre Godillon

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