Retour sur… OM / PSG du 9 mars 2003

Comme chaque veille de match, Canal Supporters vous propose de revivre la même affiche mais quelques années auparavant. Autres joueurs, autre époque, autre football, voici les ingrédients souvent retrouvés à travers cette rubrique. Demain, ce sera face à l’OM que le PSG devra jouer. Le dernier Clasico de la saison, une victoire obligatoire, une importance à la fois sur le terrain et en tribunes. Et si le PSG est intraitable avec un OM pourtant souvent vaillant face au club de la capitale, et ce malgré le gouffre qualitatif qui sépare les deux clubs, on est loin, très loin, de ce soir de mars 2003. Quinze ans que le PSG ne s’est pas imposé au Stade Vélodrome. Le club de la capitale a donc rendez-vous avec l’histoire, avec son histoire. Retour sur OM / PSG du 9 mars 2003.

OLYMPIQUE DE MARSEILLE – PARIS ST-GERMAIN F.C.  0-3 (0-1)
55 982 spectateurs. Buts : Jérôme Leroy, 27′ ; Ronaldinho Gaùcho, 56′, Jérôme Leroy, 84′.
L’équipe du PSG : Jérôme Alonzo – Cristóbal Parralo, Mauricio Pochettino, Gabriel Heinze, Lionel Potillon – Jérôme Leroy, Frédéric Déhu, Paulo César (Francis Llacer, 72′), Stéphane Pédron (Romain Rocchi, 79′) – Bartholomew Ogbeche (Fabrice Fiorèse, 46′), Ronaldinho Gaùcho. Entraîneur : Luis Fernandez.
L’équipe de l’OM : Vedran Runje – Johnny Ecker, Daniel Van Buyten, Franck Leboeuf, Abdouleye Meïte (Dmitri Sytchev 61′), Manuel Dos Santos – Fabio Celestini, Brahim Hemdani, Ibrahima Bakayoko – Fernandão (Pascal Johansen 10′), Lamine Sakho. Entraîneur : Alain Perrin

Si cette rencontre s’apprête à revêtir ses habits de lumière, son entrée en matière n’a non plus pas à rougir de la comparaison. Escorté par la police, Luis Fernandez foule la pelouse du Vélodrome tel un nanti en terres phocéennes. Et si l’ambiance en tribunes semble folle, celle sur le terrain l’est également. Exhorté par sa grinta habituelle, Gabriel Heinze, alors encore adoré des Parisiens et détesté des Marseillais, vient brutalement percuter du crâne Fernandaõ (malheureusement décédé le 7 juin 2014 lors d’un accident d’hélicoptère). Fracture du crâne pour le Brésilien qui doit rapidement quitter les siens, dès la dixième minute. Le ton est montré dans ce Clasico qui s’annonce d’ores et déjà épique. Un petit évènement qui s’avère être plus grave que prévu pour l’OM qui semble déstabilisé en défense. Les Parisiens en profitent par l’intermédiaire de Stéphane Pedron et Ronaldinho, dans tous les bons coups ce soir. Mais l’estocade n’est pas encore portée. Les Marseillais se rebiffent par l’intermédiaire de leur défenseur Abdoulaye Meïté qui place une tête à bout portant bien détournée par Jérôme Alonzo. Toutefois, les invectives parisiennes forcent leurs adversaires à reculer, permettant à Jérôme Leroy de prendre son couloir droit. Johnny Ecker, son vis-à-vis, est trop lent et le Parisien remarque que Vedran Runje est avancé. Jérôme Leroy tente donc sa chance, sentant que la défense phocéenne s’attend à un centre. Sa frappe fait mouche, et le PSG douche en plein cœur le public phocéen (0-1, 28′). Les offensives des hommes de Luis Fernandez continuent et Frédéric Déhu, un autre futur marseillais, trouve le cadre mais pas les filets. Salomon Ogbeche est également tout proche de couper les jambes phocéennes mais rien n’y fait, le second but se fera encore attendre puisque le Nigérian rate son face-à-face. La minute suivante permet à Franck Leboeuf de tenter sa chance sur coup-franc mais Alonzo est bel et bien présent en ce soir de Clasico. Ibrahima Bakayoko s’essaiera lui-aussi à la frappe mais, seul face au portier parisien, l’Ivoirien manque complètement sa reprise de volée qui finit dans les airs, loin des cages parisiennes. Dans la foulée, Ogbeche est de nouveau seul face à Runje, hésite moins que lors de sa première occasion, mais le gardien croate est solide et laisse muet le Parisien. Le score n’est encore que de 0-1 et les Marseillais ont, par trois fois, l’occasion de revenir par l’intermédiaire de Pascal Johansen, Johnny Ecker et Daniel Van Buyten. Mais rien n’y fait. Les deux équipes retournent donc aux vestiaires.

Les quinze minutes de repos sont écoulées. Deux face-à-face manqués par Ogbeche, le Nigérian est donc remplacé à la mi-temps par Fabrice Fiorèse. Un futur marseillais. Encore un. Les 22 acteurs font donc leur retour sur la pelouse et la tendance ne change pas. L’OM espère mais reste très brouillon, le PSG est tranchant. D’entrée, Franck Leboeuf manque son ouverture, offrant ainsi un caviar à Ronaldinho qui accélère. Face à Runje, le magicien brésilien pique sa balle de l’extérieur du droit et permet au PSG de creuser l’écart (0-2, 55′). Les Marseillais craignent la défaite, et le coaching d’Alain Perrin le démontre puisqu’il remplace le défenseur Meïté par l’attaquant Dmitri Sytchev. Le Russe prend l’ampleur de l’événement et tente de montrer qu’il peut être plus qu’un simple joker de luxe en obligeant rapidement Jérôme Alonzo à se mettre à la parade. Le portier parisien, transcendé face à son ancienne équipe, détourne donc en corner. Et sur le coup de pied arrêté, Bakayoko frappe bien mais Stéphane Potillon sauve du dos sur sa ligne. Une action qui ne refroidit pas les Parisiens puisque Jérôme Leroy à la bonne idée de faire du Ronaldinho. Coup du sombrero sur Manuel Dos Santos puis volée du gauche direction la lucarne phocéenne. Au tour du portier marseillais de s’illustrer en détournant des deux poings sur le poteau. Mais le PSG est bel et bien décidé à enfoncer le clou et Romain Rocchi, à la récupération d’un mauvais coup franc phocéen, lance Ronaldinho qui passe Brahim Hemdani, dribble Vedran Runje et, coup de génie ou magie de l’insolence, s’arrête quelques instants face au but vide. Il pousse ensuite la balle direction petit filet. Le ballon semble prendre la direction du poteau ou du but, le débat est ouvert, mais, histoire d’en être certain, Jérôme Leroy arrive lancé et pousse le ballon au fond des cages. Le Français lève les bras au ciel, mais les joueurs du PSG n’en ont que pour le Brésilien. Il y a cinq ans, le Brésil perdait 3-0 à Paris (ou plutôt à Saint-Denis). Désormais, le Brésil fait gagner 3-0 à Paris. Le PSG l’emporte donc face à l’OM, à Marseille. Coup de génie ou magie de l’insolence vous disais-je…


Réactions :
Luis Fernandez (Entraîneur du PSG)
Nous avons essayé de faire un match sérieux, et je crois que nous sommes parvenus à imposer notre football. J’ai vu beaucoup de qualité, de fluidité et depuis mon banc, je me suis régalé. Les garçons sont restés concentrés tout au long de la partie car ils avaient très envie de ramener ces trois points. Nos supporters vont repartir contents de Marseille, et nous aussi. Le PSG c’est un collectif et mes joueurs ont montré ce soir toute l’étendue de leurs qualités. J’ai d’ailleurs toujours cru en eux. Nous ne pouvons pas rattraper nos mois de novembre et décembre, mais nous essaierons de bien terminer la saison, et ce dès samedi en Coupe de France. 
Jérôme Alonzo (Gardien de but du PSG)
Avant le début du match, j’aurais bien évidemment signé pour un 3-0. Marseille a peut-être perdu ce match en ayant trop pensé le gagner. Pourtant, ce soir, je ressens un mélange de joie et de déception. La joie pour cette victoire, et la déception d’être à sept points des leaders. On se met à pratiquer un football intéressant mais il ne faut pas s’enflammer pour autant. Apprécions ce succès à sa juste valeur, puisqu’il met fin à quinze années de disette. Pensons maintenant à Martigues pour continuer notre tournée provençale.
Mauricio Pochettino (Défenseur et capitaine du PSG)
C’est une victoire importante, car nous savions que ce match était capital. Il n’est jamais évident de s’imposer 3-0 au Vélodrome, et cela n’a effectivement pas été facile. Nous avons privé les Marseillais de ballons. Après notre premier but, l’OM a voulu égaliser et cela nous a libéré les espaces. Nous avons disputé cette saison trois matches face à Marseille pour autant de victoires, et lorsque nous voyons que ce club est leader, cela nous laisse des regrets. Nous allons prendre la fin de saison match après match. Place désormais à celui de Coupe de France face à Martigues.
Ronaldinho (Attaquant du PSG)
Je savais que ce match était très important et depuis que je joue au football, on dit de moi que je suis toujours présent dans les grands rendez-vous. Mais aujourd’hui, c’est toute l’équipe qui a bien joué et si nous continuons comme cela, nous pouvons encore croire au titre de champion de France. C’est vrai que mon premier but ressemble beaucoup à celui que j’ai inscrit face à Guingamp. En revanche, je suis très peiné par la blessure de Fernandao car il est mon ami.

Alain Perrin (Entraîneur de Marseille)
Nous avons vécu un véritable cauchemar qui a commencé par la blessure de Fernandao. Nos erreurs individuelles ont de suite été sanctionnées par des buts. Je pense qu’il y a eut un excès de motivation et de confiance de notre part. Mes joueurs ont confondu vitesse et précipitation face à des Parisiens bien en place.
Franck Leboeuf (Défenseur et capitaine de Marseille)
Nous n’avons pas su maîtriser les événements. Notre groupe est encore jeune, et certains avaient sans doute joué la partie dans leur tête depuis quelques jours. Nous avons payé  » cash  » toutes nos erreurs, et moi le premier… Cette défaite fait mal à tout le monde, l’OM a montré ce soir ses limites. C’est une grosse déception, nous avons tous envie de nous cacher six pieds sous terre.

Sources : paris canal historique / archives paris football / psg.fr / L’Équipe / le Parisien / La Provence

À propos Quentin Polin

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