A Barcelone, les supporters parisiens sont en colère contre les joueurs du PSG

L’hécatombe. Il était 22h45, quand tout le parcage parisien a sombré dans l’abime, mercredi soir. Ils étaient près de 4500 supporters, venus de la capitale jusqu’au Camp Nou, pour soutenir cette équipe qui les avait fait tant rêver au match aller. Et ils étaient aussi nombreux à s’arracher les cheveux après ce but venu d’ailleurs, qui a anéanti les espoirs de toute une capitale.

Pourtant, le périple avait été sinueux : certains avaient fait plus de 20h de car pour relier Paris à Barcelone (l’un des trois cars du Collectif Ultra Paris est même tombé en panne dans le sud de la France), d’autres ont dû sauter dans des trains après que leurs vols en avion soient annulés par la grève des contrôleurs aériens. Certains avaient pris des aller-retour express en posant une simple journée de vacance, mais en déboursant une petite fortune… Bref, tout le monde avait démontré une envie débordante de communier avec une équipe qui avait vendu du rêve au match aller (4-0).

Et malgré ce match vide de toute initiative parisienne, les Ultras, eux, ont donné de la voix pendant 90 minutes sans jamais relâcher. En faisant face à 90 000 personnes désireuses de les voir s’éteindre… Et puis, comme toujours avec Paris, ils ont connu les montagnes russes : la détermination (1-0), la peur (2-0), l’apnée (3-0) puis l’espoir (3-1), avant de connaitre l’angoisse (4-1), la colère (5-1), et la honte (6-1). Un cocktail détonnant qui fait mal aux coeurs et aux esprits rouge et bleu.

Alors forcément, en tribunes, quand le PSG a commencé à encaisser les buts, l’heure est devenue très grave. Et quand l’arbitre a mis un temps fou à siffler la fin de la rencontre, tout le parcage s’est immobilisé en le scrutant, en attendant qu’il siffle la fin du calvaire. Parce qu’il y a des secondes plus longues que les autres. Et parce que l’agonie a fini par faire très mal…

Alors après la défaite, l’humiliation, les supporters catalans qui se retournent et chambrent pour mieux briser le cœur des Parisiens, l’heure était à la colère, en tribunes. La colère contre ces joueurs qui n’ont pas tout donné quand eux ont mal à la gorge et aux jambes. La colère contre ceux qui ne sont même pas venus s’excuser devant la tribune visiteur, alors que certains avaient fait près de 24h de voyage pour venir, eux, leur démontrer leur attachement, et allaient devoir faire de même dans la douleur et le silence.

Il y avait comme une forme de renoncement, mercredi soir, dans les entrailles de ce Camp Nou qui se vidait lentement. Car, pendant que les Franciliens étaient retenus, eux, près d’une heure dans leur parcage en subissant les chants catalans dans les micros du stade, l’heure était au questionnement.
« Nous méritent-ils vraiment ? » s’interrogeait un membre du CUP.

« Ils n’ont même pas joué pour nous, nous avons fait 20h de car et ils partent sans même s’excuser pour nous, ils n’ont même pas le courage d’assumer ! Nous sommes 4500 nous, 4500 pour 11 joueurs qui ne prennent même pas la peine de nous remercier alors qu’on souffre, nous ! », pouvait-on entendre dans la bouche de nombreux Ultras Parisiens.

« C’est le pire jour de ma vie de supporter », « j’ai honte d’eux », « ils me dégoûtent », lâchaient-ils d’une seule voix… Comme un appel à l’aide.

La colère était bien là. La tristesse, aussi. Et les plans, sur la comète : « Alors qu’est ce qu’on fait maintenant ? On continue de soutenir l’équipe jusqu’à la fin de la saison ? A ce rythme, même le championnat va nous échapper… ».

Bref, la pilule a été difficile à avaler. Et pendant que beaucoup ont repris la route vers la capitale française, certains semblent avoir baissé les bras comme leur équipe la veille. Alors si la relation entre les supporters et leurs joueurs ne devrait pas restés figée dans cette colère, il faudra toutefois admettre de dire qu’il y a des défaites qui font plus mal que d’autres, et que celle-là risque de laisser quelques traces dans les esprits…

À propos Ambre Godillon

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