Après PSG / Guingamp, zoom sur les performances de Serge Aurier

A défaut d’avoir récupéré sa place de latéral droit, occupée par un Meunier devenu peu à peu indélogeable, Serge Aurier a joué les pompiers de service ces derniers jours, endossant le rôle de défenseur central. Car en l’absence de Thiago Silva et Marquinhos, tous deux forfait, c’est sur l’Ivoirien qu’Emery a reposé tous ses espoirs pour tenir sa défense, aux côtés du jeune Kimpembe.

Une charnière encore expérimentale, testée une première fois cette saison en Coupe de France face à Avranches (il avait déjà été rejoint en défense centrale par Kimpembe contre Angers en 2015, après la sortie de David Luiz) et un come-back lointain pour Aurier, qui n’avait plus été si reculé depuis l’été dernier et la blessure de Thiago Silva. Car c’est sur Aurier et Motta que Emery compte en temps que 4ème défenseur depuis le départ de David Luiz.

Et alors qu’Aurier semblait en perte de vitesse au PSG, depuis le début de la saison et plus particulièrement après son retour de la CAN, il semble reprendre peu à peu ses marques et retrouver toutes ses sensations. S’il aurait franchement pu passer à côté des deux dernières rencontres où il a été positionné en défenseur central, Aurier a – au contraire- montré qu’il pouvait remplacer son capitaine avec rigueur et sérieux.

Mais tout n’a pas été parfait, loin de là. Placé pour la seconde fois consécutive dans l’axe de la défense, l’ancien Toulousain a passé une première mi-temps mitigée. 45 minutes, pendant lesquelles il n’a eu de cesse de venir empiéter sur la zone occupée par Thomas Meunier (habituellement sienne), comme par mauvais réflexe, laissant Kimpembe seul en défense centrale. Et obligeant ses coéquipiers, à l’instar de Rabiot, à devoir venir compenser le repli défensif et délaisser à son tour l’entre-jeu parisien.

Heureusement, l’Ivoirien a rectifié le tir en seconde période, laissant à Meunier son couloir, et s’attelant à stopper les offensives bretonnes.

Dès lors, on a vu le Serge Aurier que l’on était en mesure d’attendre : solide sur ses appuis, impeccable dans les duels, et rigoureux défensivement. Avec ce schéma, finalement, Emery a mis en exergue les qualités défensives de son « soldat » (il intercepte près de deux ballons en moyenne par match de Ligue 1, et réalise autant de dégagements défensifs), tout en gommant ses petites imperfections et son manque de travail offensif (il n’a réussi que 12 centres sur les 97 tentés cette saison en championnat).

Aurier est un roc, et il sait le démontrer. Sur la pelouse du Parc des Princes, beaucoup diront peut-être qu’il n’a pas été étincelant. D’autres avoueront qu’il a simplement été au rendez-vous là où on était en droit de l’attendre. Une chose est en tout cas notable : quelques semaines seulement après les nouvelles polémiques impliquant le Parisien (on se rappelle de l’affaire des « chaussettes », qui avait agacé un grand nombre de consultants), Aurier semble résigné à travailler en silence pour se refaire un nom sur le terrain, plutôt qu’en dehors.

« Je suis quelqu’un qui a un grand mental. Après, je ne suis pas tout ce qui se dit. Certains veulent peut-être me détruire. Je suis là, je fais profil bas et je travaille. Je reste fidèle à moi-même », a d’ailleurs commenté le joueur au micro de Stade 2.

Le seul souci, c’est que Serge Aurier devrait, qu’il le veuille ou non, retrouver son poste de latéral où il faudra s’accommoder de la concurrence inattendue que lui a réservé l’international belge. Un concurrent qui tente, combine, perce et défend. Le tout, en essayant d’éviter les petites erreurs d’inattentions qui peuvent souvent coûter cher au PSG d’Aurier.

Après trois bons matches consécutifs, Serge Aurier va maintenant devoir faire le plus dur : persévérer, et continuer sur cette bonne lancée. Souvent mis en difficulté dans la capitale, le n°19 est un habitué des turbulences et jusque-là, il a toujours su y faire face. Reste désormais à savoir si le temps lui permettra de retrouver le niveau qu’on lui connaît capable d’atteindre, ou si la direction francilienne coupera court à l’idylle parfois tumultueuse… Avec le risque de devoir se trouver un remplaçant à la hauteur.

«Je suis encore là. Pour l’instant, je suis parisien et j’ai un contrat jusqu’en 2019. On verra bien», a en tout cas affirmé l’ancien toulousain ce dimanche.

À propos Ambre Godillon

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