Après une saison surprise, Presnel Kimpembe a-t-il désormais l’étoffe d’un titulaire pour le PSG ?

Il y a encore deux petites années, seuls les supporters parisiens aguerris connaissaient Presnel Kimpembe. Désormais, le nom du jeune parisien résonne dans tout l’Hexagone. Du brassard avec l’équipe de France Espoirs aux sélections avec les Bleus de Deschamps, du banc de touche du PSG à l’éclosion dans l’un des plus gros matches de la saison, Kimpembe est monté en gamme à une vitesse incroyable.

Pourtant l’été dernier, quand David Luiz a fait ses valises pour retrouver son Chelsea, et qu’aucun autre joueur n’avait été recruté numériquement pour le remplacer, tout le monde s’est interrogé sur la viabilité de la charnière centrale sur le long terme. Thiago Silva, déjà 32 ans, allait-il pouvoir assurer une saison entière à son poste ? Marquinhos, alors doublure de David Luiz, allait-il pouvoir jouer au même rythme toute une saison sur autant de compétitions ? Et enfin, le jeune Presnel Kimpembe, tout juste débarqué du centre de formation pour combler le vide, allait-il pouvoir à lui tout seul assurer les doublures des deux Brésiliens ?

Car le non-recrutement d’un quatrième défenseur central impliquait que Kimpembe allait devoir remplacer tour à tour l’un des deux brésiliens dès qu’un problème physique se poserait. Lors de la préparation estivale, d’abord, en l’absence de Thiago Silva, blessé, et de Marquinhos, parti aux Jeux Olympiques, Presnel Kimpembe s’est envolé, laissant entrevoir une progression miracle. Et si jusqu’en février, aucun gros pépin physique n’avait été à signaler, la forme des deux Sud-Américains n’a pas empêché Unai Emery d’intégrer le jeune français dans la rotation, dès le début de la saison. Et de combler les absences en fin d’exercice.

Le match contre Barcelone, un tournant dans sa saison

Quand Thiago Silva a été annoncé forfait, la veille de la réception du FC Barcelone au Parc des Princes, l’annonce n’avait franchement pas de quoi ravir les Parisiens. Kimpembe aura-t-il les épaules pour stopper les foudres de la MSN ? Saura-t-il gérer la pression d’un tel match ? A-t-il tout simplement le niveau pour disputer les plus grandes rencontres du continent ? Surtout quand on n’a jamais disputé le moindre match de Ligue des champions dans sa carrière.

Et bien oui, pour Kimpembe, il y a eu un avant, et un après Barça. Pour son premier test grandeur nature, et à la surprise générale, le titi parisien a bluffé son monde, entre agressivité et solidité, élevant son niveau de jeu au gré de son adversaire, sûr de lui dans les duels et solide sur ses appuis. Une volonté de bien faire et de s’arracher sur chaque ballon, même quand ils sont dans les pieds d’un quadruple ballon d’or : voilà ce que « Kim » a montré. Même aux côtés d’un Marquinhos de seulement un an son cadet, Kimpembe apprend, engrange de l’expérience, et fait preuve d’une maturité déjà impressionnante qui nous fait dire qu’en cas de pépin, l’intérim est assuré.

« Je lui ai demandé comment s’était passée sa préparation il m’a répondu : ‘J’ai préparé le match comme si c’était le dernier’. Quand je l’ai eu lundi, il se sentait bien, il était prêt. Pour lui, tous les joueurs sont pareils. Que ce soit des stars ou pas. Il m’a dit : ‘Tu me connais papa, je n’ai jamais peur. Tu verras demain’ », expliquait d’ailleurs son père après la rencontre, dans les colonnes de L’Equipe.

Si ce match ne restera malheureusement pas dans les belles annales du foot parisien, il a eu le mérite de prouver que le défenseur de 21 ans avait bien le niveau pour assurer la relève. A tel point que certains se demandent même aujourd’hui (comme avec beaucoup d’autres configurations) si la présence du Français au match retour n’aurait pas pu conditionner autrement le match cauchemardesque vécu au Camp Nou…

Un nouveau statut dans la capitale

Reste qu’avec des si, on peut refaire le monde. Et qu’avec Kimpembe, on a déjà acquis quelques certitudes cette saison. Qu’il a pris de l’ampleur, du muscle, et qu’il a encore grandi sur et en dehors des terrains. Qu’il a l’étoffe pour devenir un titulaire dans ce PSG grand luxe, et que cette concurrence n’en sera que bénéfique à l’arrière-garde francilienne.

Du coup, le jeune Presnel a déjà disputé 27 matches sous le maillot rouge et bleu cette saison, un temps de jeu encore inespéré la saison dernière, où il avait joué trois fois moins (9 matches au total).

« Le fait de jouer me donne de la confiance, je ne m’attendais pas forcément à cela mais c’est très positif. J’ai toujours voulu rester. Le club me respecte et moi aussi je me suis fixé un objectif entre vingt et vingt-cinq matches, on fera le bilan en fin de saison. Ce serait comme un rêve de prolonger ici », déclarait encore le joueur en début de saison dans les colonnes du Parisien. La mission est donc largement réussie. Preuve de la confiance d’Unai Emery, Kimpembe n’a d’ailleurs jamais été remplacé sur l’ensemble de ses titularisations en championnat.

Désormais, le n°3 du PSG n’est plus le « petit défenseur prometteur » venu tout droit du centre de formation et qui va se changer dans le vestiaire des titis. Il n’est plus celui qui joue des bouts de matches histoire de rôder son jeu avec les « grands ». Non, désormais, Kimpembe joue avec son propre style, continue de démontrer un niveau égal et franchement précoce pour son âge, et a tendance à nous prouver que dans n’importe quelle équipe de notre championnat, il serait un titulaire indiscutable. Et pour ne rien gâcher, sa maturité fait aussi des émules dans le vestiaire, où il s’est très vite intégré parmi les stars.

Un nouveau statut qui lui a d’ailleurs permis de négocier avec sa direction un nouveau contrat jusqu’en 2021, au risque de crisper quelques consultants qui estimaient qu’il était encore trop tôt pour quémander quoi que ce soit, en tout cas sur le plan salarial. Sauf que Presnel a conscience de son niveau, de l’intérêt des autres clubs, et que le PSG n’avait finalement pas d’autre choix que d’assurer que le poulain resterait bien à la maison.

Encore une belle marge de progression

Sérieux, concentré, la gestuelle de Kimpembe rappelle celle de Silva, sa classe et son port de tête évoquent Marquinhos. » Thiago Silva ? Le fait de côtoyer de grands joueurs comme lui, ça m’a fait grandir. Si j’étais ailleurs, je ne pense pas que j’aurais grandi aussi rapidement« , avouait Kimpembe lui-même en fin d’année, au micro de Telefoot.

Comme si, dans l’ombre des Brésiliens, il avait engrangé une expérience vitesse grand V, avec en bonus, une envie souvent palpable de se projeter et de saisir chaque opportunité d’accélérer pour faire monter le jeu parisien. Kimpembe joue vers l’avant, et à sa propre personnalité sur le terrain. Avec parfois, des prises de risques encore symptomatiques de son inexpérience et qui devraient vite être gommées par un sérieux à toute épreuve. En tout cas avec lui, le PSG a cumulé pas moins de 12 cleansheet en 18 matchs de Ligue 1. 

Car Kimpembe, malgré son impressionnante maturité, a encore du chemin à faire pour devenir un taulier dans son domaine. En témoignent d’ailleurs ses nombreuses fautes (19 en Ligue 1 cette saison) et son joli panel de cartons écopés : 7 jaunes au total en championnat, contre 1 seul pour Silva comme pour Marquinhos, qui ont pourtant disputés 10 matches de plus.

Et s’il aime se projeter, le jeune Presnel devra aussi apprendre à devenir décisif pour intégrer le petit cercle très fermé des grands défenseurs. Même si ce n’est pas ce qu’on lui demande, il n’en sera que plus complet. A titre d’exemple, il n’a été impliqué dans aucun but de son équipe en Ligue 1 cette saison, quand Silva l’a été à cinq reprises (3 buts et 2 passes décisives), et Marquinhos trois fois (3 buts). Mais avec un temps de jeu plus conséquent et une confiance visiblement acquise de son coach et de ses partenaires, la progression ahurissante du titi devrait logiquement se poursuivre pour atteindre le niveau des plus grands.

Pour ce pur produit de la formation parisienne, l’avenir semble en tout cas se dessiner doucement, sous la bienveillance d’un club qui souhaite en faire l’un des meilleurs au monde à son poste. La saison dernière, Marquinhos s’est lui aussi forgé dans l’ombre de Silva et Luiz, et il suffit de noter son aura aujourd’hui pour comprendre quel avenir peut être réservé à Kimpembe, s’il s’arme de patience. Et force est de constater qu’à seulement 21 ans, le jeune Presnel a déjà de solide cordes à son arc pour se permettre de rêver.

À propos Ambre Godillon

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