Ne pas choisir entre Seri et Fabinho : la bonne idée du PSG pour le mercato ?

Alors que le mercato estival n’est pas encore ouvert, et que le PSG vient tout juste d’officialiser l’arrivée de son directeur sportif, le club s’active pour dénicher les joueurs qui viendront étoffer l’effectif d’Unai Emery la saison prochaine.
Et parmi les noms évoqués avec insistance, figurent ceux de Jean-Michaël Seri et de Fabinho, deux joueurs ultra-polyvalents, toujours opérationnels car rarement blessés ou suspendus, et surtout, ultra-talentueux. Mais correspondent-ils vraiment au PSG ?

Seri, un Verratti bis ?

Pour les amateurs de football, Jean-Michaël Seri n’est pas un illustre inconnu. Auteur d’une saison remarquable du côté d’un OGC Nice surprenant, le jeune ivoirien a excellé sur les terrains de Ligue 1. Véritable créateur de jeu, il a été l’homme fort de Lucien Favre dans la reconstruction brillante des Aiglons. Très à l’aise techniquement, Seri est de ceux qui jouent avec le ballon comme avec le cœur de ses supporters : il fait le spectacle, en soi. Et même si le FC Barcelone est plus que jamais sur le coup, le jeune milieu de terrain de 25 ans serait bien entré dans des négociations avancées avec les dirigeants franciliens.

Et si dans la capitale, Marco Verratti a déjà pris le jeu à son compte, le PSG a cultivé une Verratti-dépendance assez contraignante lorsque l’Italien est indisponible, et un joueur du calibre de Seri ne serait pas de trop dans l’effectif d’Emery.

S’il est un meneur de jeu au style assez similaire au hibou, et que comme lui, il aime les passes millimétrées, les petits espaces, les relances lointaines et les décalages entre les lignes, Seri viendrait aussi avec quelques atouts dans ses valises : une faculté indéniable à frapper de loin, qualité qui manque souvent à un milieu parisien encore trop frileux quand il s’agit de tirer face à des équipes ultra regroupées en défense. Seri est décisif, aime les coups de pieds arrêtés, délivre des passes décisives, et adore envoyer les attaquants dans le dos de la défense… Parfait pour un joueur d’appel en profondeur comme Cavani (ou Aubameyang ?).

Alors non seulement il parle le même langage technique que les Parisiens, mais en plus il s’inscrit totalement dans la philosophie de jeu de l’équipe, puisqu’il a été habitué à jouer dans des équipes qui ont la possession du ballon et le goût de la tactique, que ce soit sous le coaching de Puel ou de Favre. Enfin, une belle complicité pourrait naître dans le milieu du PSG, puisque Seri a l’avantage d’être très polyvalent, puisqu’il peut jouer autant en 8 qu’en 6, poste qu’il a d’ailleurs occupé au pied levé à Nice quand Cyprien s’est blessé.

Reste à savoir si Unai Emery souhaiterait un tel joueur pour l’associer à Verratti, ou pour le remplacer en cas d’absence et s’offrir une solution de plus dans son milieu de terrain. A ceux qui pensent en tout cas qu’avoir deux milieux de terrain similaires pourrait nuire à la solidité du bloc parisien, rappelez-vous simplement des frissons offerts par l’incroyable duo Xavi-Iniesta pour être convaincu. Et pour ceux qui pensent que c’est la taille qui compte… Sachez que les deux Espagnols ne cumulaient à eux deux que 10cm de plus qu’eux.

Un joueur taillé pour la Ligue 1, pas pour l’Europe ?

Voilà la question qui reviendra sans doute si le PSG parvient à finaliser cette signature : « Seri c’est très bien, mais il ne connaît rien de la Ligue des champions. Et après tout, quelles sont les ambitions du club, retrouver les sommets en championnat, ou enfin gagner en Europe ? »

La question a le mérite d’être posée, mais pour y répondre, encore faut-il savoir ce que le joueur vaut dans les plus grands chocs promis au PSG, et nul ne peut le juger avant de l’y avoir vu évoluer. Parce que si l’expérience « très haut niveau » manque indéniablement au joueur, il suffit de se rappeler que Marco Verratti a été pêché dans les méandres de la seconde division italienne pour se rendre compte que l’argument ne ne tient pas toujours.
Et que des joueurs comme Rabiot ou Kimpembe, qui n’avaient jamais mis un crampon en C1, n’ont pas eu besoin d’un bagage pour s’offrir des louanges dans la compétition. Les exemples ne manquent pas, et l’explosion d’un N’Golo Kanté venu de Caen nous suffit à dire que le haut niveau, finalement, est tout relatif quand le talent est là. Et qu’il serait bien dommage de laisser filer l’un de ceux qui habitent encore notre chère Ligue 1.

Alors oui, voilà où résidera certainement le problème de Seri : dans sa capacité ou non à s’adapter au groupe, à une concurrence (féroce) qu’il ne connaît pas chez les Niçois, et à un niveau de jeu plus élevé qui le soumettra à une pression forte. Le milieu de terrain parisien a un héritage lourd, puisqu’il a déjà écorché plusieurs joueurs qui ne se sont pas montrés à la hauteur, comme Cabaye, Stambouli, et plus récemment Krychowiak. Reste à espérer que si Seri débarque à Paris, il n’endossera pas le malheureux n°4, porté par ces prédécesseurs.

Fabinho, le métronome « box to box »

Du côté de Fabinho, pas besoin de faire 18 paragraphes pour détailler le talent du joueur, bien connu des amateurs de ballon rond. Sur le rocher, il a été l’un des grands artisans du succès de Leonardo Jardim, et le chef d’orchestre d’une équipe qui a tout écrasé sur son passage.

Auteur d’une saison remarquable dans le 4-4-2 de Jardim, le Brésilien de 23 ans tutoie déjà les performances des plus grands à son poste. En toute discrétion, avec un leadership naturel, un sourire qui ne le quitte jamais, et sans jamais prétendre être ce qu’il n’est pas.

« Il a beaucoup de maturité. Depuis plus de trois ans, il a beaucoup évolué. Il parle peu mais travaille beaucoup pour l’équipe. Et il a pris des responsabilités. Il est l’un des leaders de l’équipe », confiait d’ailleurs son capitaine, Falcao, à son sujet. Une stature qu’il a aussi acquise avec l’expérience puisque malgré sa petite vingtaine, celui qui est arrivé en 2013 sur la pointe des pieds, en prêt, et en provenance de Rio Ave, cumule déjà plus de 170 matches sous le maillot monégasque.

Le latéral droit de formation, reconverti en milieu défensif par Jardim, a l’avantage d’être ultra polyvalent et à l’aise partout où il évolue. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien s’il est régulièrement le joueur qui touche et récupère le plus de ballon dans l’effectif princier.

Capable d’épauler ses coéquipiers sur les phases défensives tout en soutenant les joueurs offensifs dès qu’il faut attaquer, Fabinho est un vrai joueur « box to box », un distributeur de caviars (on se rappelle notamment de ses deux passes décisives contre Manchester City). Partout, la sentinelle sait ratisser le terrain sans jamais relâcher le pressing, tout en sachant casser les lignes avec précisions : des qualités dont Emery raffole.

« C’est un joueur que tout le monde connaît, un gros milieu de terrain. C’est un joueur important qui a gagné sa place dans l’équipe. Au milieu, il est en capacité d’organiser le jeu, il sait ‘regarder’ le match, il a une grande qualité de passes. C’est le meilleur joueur à ce poste », expliquait même Jardim au sujet de son « jeune » taulier, qui a disputé pas moins de 55 matches cette saison.

Et contrairement à Verratti ou Rabiot, Fabinho ne délaisse pas la zone de vérité, puisque malgré l’armada offensive de l’ASM, le Brésilien s’est offert le luxe d’inscrire 12 buts toutes compétitions confondues cette saison, plus que la saison passée (8 buts), où il avait pourtant fini second meilleur buteur de l’équipe. Comble du luxe, Fabinho est un tireur de penalty hors pair… Il n’a quasiment jamais échoué dans l’exercice, marquant 17 de ses 18 tentatives sous le maillot monégasque.

Enfin, contrairement à Verratti ou Seri, Fabinho est grand (1m88), et démonterait ainsi les arguments relatifs à la taille du milieu francilien, sans dénaturer son jeu et sa technique. Le tout, en offrant une belle concurrence à Rabiot, et à Emery la possibilité de passer à un milieu à deux avec Verratti et pourquoi pas, un n°10 dans un 4-2-3-1, ou passer carrément en 4-4-2 aux côtés de l’Italien.

Recruter les deux, pourquoi pas ?

Intronisé ce week-end en tant que nouveau directeur sportif, Antero Henrique aurait fait du Monégasque sa priorité, et serait prêt à en découdre avec Manchester City, le Barça, la Juve et Milan, pour le débaucher dans la capitale, même s’il a prolongé son contrat jusqu’en 2021 en janvier dernier.
Avec Verratti et Seri, il fait incontestablement partie des trois meilleurs milieux de terrain de notre championnat, et l’associer aux deux autres joueurs serait un pari fou, mais totalement jouissif. Pourquoi renoncer à l’un des trois, si Paris a les moyens de ne pas choisir ?

Surtout que si certaines recrues ont déjà donné du fil à retordre au staff parisien et ont souvent été critiquées pour leur mentalité (que ce soit Kurzawa, Aurier, ou même Ben Arfa), Seri et Fabinho ont la tête sur les épaules et une attitude irréprochable. Le genre de joueurs qui pensent et vivent foot, et dont l’équipe aurait bien besoin. Et puis pour se faire respecter des cadres du vestiaire, on a parfois comme l’impression qu’il faut avoir le bagage technique, et la sympathie : l’avantage, c’est qu’ils combinent bien les deux.

Une chose est certaine, le PSG ne devra pas se priver de tout tenter pour convaincre au pire l’un des deux joueurs de rejoindre Paris, au mieux les deux.

Alors, Verratti – Fabinho – Seri, ça tente qui ?

À propos Ambre Godillon

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