Létang : « Moi une absence de réseau ? C’est assez drôle ou bien stupide »

Dans un très long entretien, de trois pages, dans L’EquipeOlivier Létang revient sur son passage au PSG. Le dirigeant démissionnaire évoque ses choix, ses regrets, l’interdiction qui lui était faite de parler, ou les critiques infondées. Extraits choisis.

« J’avais beaucoup d’interrogations après l’été 2016, lorsque j’ai été informé au dernier moment de l’arrivée de Patrick Kluivert. J’ai été appelé un quart d’heure avant l’officialisation. Ce fut une première situation compliquée à gérer. On a malgré tout passé la saison. J’aime bien les choses claires en termes d’organisation, et ce n’était pas le cas. Je n’étais pas assez épanoui, donc je suis parti, explique l’ancien directeur sportif. Dans les faits, j’étais le directeur sportif, tout le monde le savait. Mais là, des prérogatives m’étaient enlevées, je ne pilotais plus le bateau. […] En quatre ans au PSG – j’exclus la dernière année où je n’avais plus le contrôle –, je ne me souviens pas d’un épisode difficile à part celui de l’affaire Serge Aurier. […] J’ai une frustration forte. Mais pas de regrets. Car j’ai donné tout ce que je pouvais donner, sans la prétention d’avoir tout bien fait. J’ai sans doute une frustration de ne pas être allé au bout d’un certain nombre de projets que j’ai présentés, qui auraient permis au club d’être plus efficace dans certains domaines et n’ont pas vu le jour, comme par exemple la mise en place d’un club satellite. Cela fait partie de la formation et des outils de recrutement. Cela aurait permis de faciliter le développement de jeunes joueurs. Et d’améliorer notre cellule de recrutement, aussi. L’autre frustration est de ne pas avoir pu défendre plus le club vis-à-vis de l’extérieur, des médias. Je me fiche qu’on me connaisse, mais je n’ai pas été autorisé à parler pendant quatre ans alors qu’il y a des moments où il aurait fallu le faire. Des joueurs me l’ont demandé, et j’ai été très transparent en leur disant que je n’avais pas le droit. M’exprimer aurait peut-être permis au grand public de se dire : « Ah, finalement, il connaît le football. »

Interrogé sur les choix de recrutement il y a un an, l’ancien dirigeant se défend. « Globalement, sur le mercato de l’été 2016, il y a deux joueurs pour lesquels Unai Emery n’a pas été directement impliqué dans le processus, et deux seulement : Hatem Ben Arfa et Thomas Meunier. Pour tous les autres, il a été intégré. J’ai lu que le coach n’était pas arrivé au moment de la signature de Krychowiak. Vous vous doutez bien qu’Unai a été contacté en amont de sa nomination et que du travail a été fait avec lui en amont de l’officialisation de son arrivée. Cela a été une décision collégiale. Comme l’a été l’arrivée de Thomas, une réussite. On le suivait depuis deux ans. Et même si le coach ne le connaissait pas précisément, comme je l’ai dit, on n’a pas fait signer Thomas – ni Hatem d’ailleurs – sans lui en parler. »

Olivier Letang répond aussi à ceux qui lui reprochaient une absence de réseau : « Mais c’est assez drôle ou bien stupide. Ou encore pathétique. Ce sont des personnes soit très mal informées, soit qui font de la désinformation, ce qui est plus grave. Mon réseau est fort et étendu, conteste l’ancien DS.

À propos Marc Alvarez

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