#BP par Ivan : « Paris Samba Germain »

Sur Canal Supporters s’expriment les « Blogueurs Parisiens », les CSiens, comme Ivan alias VivaBali.  Il nous propose un nouveau billet.

Brazil, Brazil

Paris a toujours réservé le meilleur accueil aux brésiliens. Santos, Botafogo, Flamengo, Fluminense, Vasco de Gama ont enchanté le Parc et la Seleçao a toujours rempli les stades. Gamin (c’est loin …), j’ai eu la chance de voir jouer Pelé 5 fois. Avec Santos lors des tournois de Paris 60 et 61 (4 superbes matchs) et la Seleçao en 1963 à Colombes. Un France-Brésil inoubliable (2-3) avec un triplé de Pelé. Mes yeux étaient plus grands que le stade.

L’histoire d’amour entre le Brésil et Paris s’intensifie avec le PSG. Camargo (1971), Monteiro (1973), Braga (1979) arrivent les premiers. Pas de quoi oublier Pelé – qui a failli venir au PSG – direz-vous. Fort heureusement, les choses sérieuses commencent en 1991 avec Ricardo et Valdo puis, notamment, Raí (93), Leonardo (96), Ronaldinho (2000), Nenê (2010). Souvenirs, souvenirs.

Neymar da Silva Santos Jr est le 31ème brésilien et son arrivée est le point d’orgue d’une intersaison hors norme. Maxwell était la première bonne nouvelle. Compétent, professionnel, respecté, il devient un rouage essentiel et sa contribution sera très bénéfique. Dani Alves fut la deuxième bonne nouvelle. J’en rêvais depuis longtemps et j’étais furieux lorsqu’il a rejoint la Juve. Ceci dit, mieux vaut tard que jamais. Neymar est la troisième nouvelle, extraordinaire celle-là. Les qualificatifs se bousculent et les superlatifs défilent à une vitesse supersonique. Neymar au PSG ! A coup sûr, Francis Borelli trinque avec les anges.

5 Août 2017

Dans 5, 10, 20 ans, chacun saura précisément ce qu’il faisait ce jour-là. Preuve s’il en fallait que c’est un jour h-i-s-t-o-r-i-q-u-e. Depuis 1970, j’ai vécu toutes les émotions. Celle-ci est cent fois supérieure à toutes les autres. Nul ne connaît la suite mais savourons l’instant en gardant à l’esprit que beaucoup, sans l’avouer, aimeraient être à notre place.

L’Amérique du Sud, Brésil en tête, est en ébullition, l’Asie et l’Afrique se passionnent, l’Europe est abasourdie. C’est la première fois qu’un club outsider recrute, non sans difficulté, une des stars – top 3 mondial – d’un club historique (insider). La hiérarchie est ébranlée, les plaques tectoniques bougent et le séisme est patent.

Conséquence logique, les réactions sont multiples et variées (génial, impressionnant, scandaleux, inacceptable). Un feuilleton mix de Gomorra, Game of Thrones et House of Cards est-il en gestation ? Possible voire probable. Quoiqu’il advienne, tout sera différent. Le foot business accentue sa mondialisation, le PSG change de dimension, les qataris s’émancipent, Paris est prêt à déployer ses nombreux atouts marketing.

Last but not least, la locomotive Neymar, épaulé par Dani Alvès, va entraîner derrière elle des wagons qu’on imagine motivés et désireux de répondre aux attentes du nouveau leader. Qui s’en plaindra ?

Paris Samba Germain

Avec 6 joueurs (Motta inclus), Maxwell et Henrique, l’oncle portugais pour qui la samba n’a aucun secret, le club devient plus brésilien que jamais.

Formidable aimant, Neymar attire publics, sponsors, media et joueurs désireux de jouer à ses côtés. Talent exceptionnel, charisme, élégance, gentillesse, sourire, joie de vivre, il est le meilleur sur et en dehors du terrain. Entouré de sa famille et ses amis, adulé de tous, sa motivation est probablement décuplée. Paris est conquis, le Parc a un nouveau prince. Paris Et Neymar, c’est l’affiche de rêve.

Santos est le lien indéfectible entre Pelé et son cadet de 52 ans. Neymar veut rejoindre son glorieux ainé sur la plus haute marche. Coupe(s) du Monde, Champion’s League(s) et Ballon(s) d’Or sont dans le viseur et ce viseur est parisien !

Samba oblige, le maillot jaune arrive opportunément pour accompagner un rythme que l’on pressent effréné et ininterrompu. Oui, la Tour Eiffel et nous allons en voir de toutes les couleurs. Les supporters du PSG iront au paradis ? Le plus tard possible dirait Thierry Roland.

C’est arrivé demain

Le plus dur est fait, le plus dur reste à faire. Le PSG passionne, fascine, interpelle, dérange, agace. Sur la planète foot, tous les coups sont permis mais les qataris ont eu six années pour apprendre et anticiper. Avec le recrutement de Neymar, ils s’installent, s’imposent devrais-je dire, à la table des «capi». Sièges éjectables ? A priori, non.

Le défi politique est immense, le défi sportif ne l’est pas moins. Johan Cruyff disait que le niveau d’une équipe est celui de son maillon le plus faible. En l’occurrence, ses maillons. En effet, l’effectif porte les stigmates de mercatos ratés et, soyons lucides, les errements passés ne se corrigeront pas en un seul été.

Gardiens, latéraux, milieux sont les chantiers prioritaires. Compétence (on progresse), temps (on en manque), argent (apparemment on n’en manque pas) sont requis afin d’avoir un effectif renouvelé, homogène et cohérent.

Coutinho, Fabinho, MBappe, Oblak, Seri. Beau casting. Reste à savoir ce qui est possible. Le menu s’annonce copieux : renforcer certains postes, étudier les belles opportunités et vendre au meilleur prix.

Quel que soit l’effectif fin Août, l’ambitieux Neymar ne pourra tout faire seul. Les joueurs devront donner le meilleur d’eux-mêmes et Unai Emery pourra démontrer que frilosité palpable et apparente rigidité n’étaient que conjoncturelles.

Dream Much Bigger

Après une phase 1 (2011-2016) excitante mais inachevée puis une décevante saison 2016-2017, on peut raisonnablement penser que la phase 2 démarre maintenant. Paris-Argent-Management-Neymar, voilà un carré d’As qui autorise les plus beaux rêves.

Un mot concernant la Champion’s League. Les clubs doivent publier une liste de 25 joueurs incluant 8 «locaux» dont 4 formés au club. Je suis favorable aux départs des locaux Aurier, Ben Arfa, Krychowiack, Matuidi mais il faudra concilier effectif équilibré et règlement.

Fin Mai, j’écrivais «Maintenant ou Jamais», un billet d’humeur factuel et sans complaisance «Qui bene amat bene castigat». Mon pendule intérieur demeurait naturellement positif mais j’étais loin d’imaginer un tel scénario. Si les frontières de l’impossible existent, elles sont reculées et il convient de féliciter et remercier tous ceux qui, à Doha et Paris, ont contribué à transformer nos rêves en une incroyable et prometteuse réalité.

«Rêve ta vie en couleurs, c’est le secret du bonheur». Nous sommes tous des Peter Pan.

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