Inès Jaurena

[ITV CS] Inès Jaurena : « Il y a toujours une certaine atmosphère de grand match contre le PSG »

C’est le match du week-end en football féminin. Samedi (14h30), le Paris FC reçoit le Paris Saint-Germain au stade Charléty pour les 16es de finale de la Coupe de France. Un derby qui s’annonce bouillant entre deux équipes qui ont l’habitude de se rencontrer, aussi dans cette compétition. À cette occasion, Inès Jaurena (26 ans), l’ailier du PFC et internationale française, s’est confiée pour Canal Supporters sur ce match particulier entre les deux clubs, mais pas que…

Le PFC est 4e au classement (19 pts), que pensez-vous de la première partie de saison de votre équipe ? Et plus personnellement de la vôtre ?

« Collectivement, nous avons fait un début de saison intéressant dans le contenu et dans l’état d’esprit. Après, au niveau comptable et sur la consistance des matches, je ne suis pas tout à fait satisfaite mais je reste assez indulgente. Nous sortons d’une saison compliquée, l’année dernière, donc j’estime que nous sommes en reconstruction, nous avons un groupe jeune. Nous ne sommes pas totalement satisfaits mais c’est plutôt encourageant. Personnellement, je ne sais pas si j’ai progressé mais je m’épanouie un peu plus sur le terrain. J’ai retrouvé un coach qui me donne du temps de jeu et je profite d’une nouvelle dynamique au sein du club. »

Pour les 16es de finale de la Coupe de France, le PFC reçoit le PSG. Qu’est-ce que représente ce derby surtout pour vous en tant que Parisienne ?

« Nous aimons bien jouer contre le PSG, ça va être un match relevé au niveau de l’intensité. Vu que nous sommes voisines, ce n’est jamais un déplacement trop long ! (rires). Il y a toujours une certaine atmosphère de grand match quand on joue contre le PSG. Même si cela ne nous a pas souri ces dernières années, on y croit toujours avant le match et on veut essayer de les embêter un maximum. Nous croyons en nous et nous avons envie de les battre même si c’est une très bonne équipe. »

Comment abordez-vous cette rencontre ? Une revanche après l’élimination aux tirs aux buts la saison dernière ?

« Sans être forcément revanchardes, nous avons envie que ça nous sourisse cette fois-ci. Nous pensons à l’année dernière forcément (défaite en quart de finale aux tir aux buts). Après, c’est bien beau de vouloir les embêter mais ce que nous voulons c’est les éliminer. »

La Coupe de France est-elle un objectif majeur cette saison pour le PFC ?

« Oui, l’idée c’est de passer ce tour-là. En Championnat, nous sommes quatrièmes, nous savons que ça va être compliqué de gratter une troisième place même si on va tout faire pour. L’objectif c’est que la saison soit stimulante jusqu’au bout. Si on peut s’offrir une aventure en Coupe de France, c’est bien pour le club et l’équipe. Nous sommes en train de nous construire pour l’année prochaine et ce parcours en Coupe de France peut nous faire grandir encore un peu plus. »

En éliminant le PSG, cette compétition le deviendra-t-elle ?

« C’est un des objectifs du club en fin de saison. Nous avons envie d’être présentes le plus longtemps possible, on ne se dit pas entre nous qu’on va gagner, on est réalistes, on sait qu’il reste des grosses équipes engagées, on est qu’en 16es de finale. Nous avons envie de continuer de disputer des matches comme celui de samedi, on ne veut pas s’arrêter à celui-là et se faire sortir. Nous avons envie d’aller loin pour rencontrer d’autres adversaires, grandir et pourquoi pas s’amener un peu de joie avec des victoires et des qualifications. »

Vous étiez fan du PSG étant plus jeune ? 

« Oui, j’étais une très grande supportrice même. Je ne pense pas que ce soit parce que je joue à Juvisy ou au Paris FC que j’ai beaucoup moins cette passion pour le PSG qui m’anime. J’ai l’impression que c’est depuis l’arrivée des Qataris je n’arrive pas à retrouver le PSG que je supportais. Le fait d’être un club très riche qui ne recrute pas les bons joueurs au bon poste, le fait de changer la fréquentation du Parc des Princes. J’y suis allée plusieurs fois et je n’ai pas trouvé ça très vivant. La passion est partie au fur et à mesure, je reste une ancienne supportrice mais je n’ai plus le même intérêt pour cette équipe. »

Quelles relations entretiennent les deux clubs ? Y’a-t-il une forte rivalité ?

« Les deux clubs ont de bonnes relations. Je pense que le Paris FC a envie d’exister aux côtés du PSG qui est le plus grand club en Île-de-France. Le PFC a envie de se créer sa propre identité, il a envie d’exister sportivement dans la capitale. Le but est qu’il y ait la place pour deux clubs. Je pense aussi qu’il y a du respect entre les deux équipes. »

Comment le PFC peut-il continuer à grandir ? Et surtout à terme rivaliser avec le PSG ? 

« On voit qu’au niveau des garçons, cela se fait plutôt bien. Même si on ne peut pas parler de rivalité car ils ne sont pas dans la même division, ils grandissent bien de leur côté, ils commencent à faire parler d’eux à leur niveau. Pour les filles, c’est une bonne question. Vu que nous n’avons pas le même budget, je pense qu’il faut que l’on recrute intelligemment, qu’on garde nos joueuses et que nos jeunes prometteuses deviennent des bonnes joueuses de D1. Il faut croire un peu plus en nous, qu’on soit un peu plus ambitieuses. Au niveau du terrain, c’est mon point de vue en tous cas. »

Vous avez fait votre apparition dans le groupe de l’équipe de France cette saison, qu’est-ce que ça signifie pour vous ?

« Ce n’est pas forcément un aboutissement. C’est beaucoup de plaisir, beaucoup d’honneur et c’est flatteur de savoir que notre jeu intéresse le staff de l’équipe de France. Cela donne de l’ambition, l’envie de continuer et de se donner des objectifs pour y rester. C’est un niveau super intéressant, dans de superbes conditions. On joue dans des beaux stades, contre des supers adversaires et forcément ça donne envie d’y rester et de jouer une compétition avec cette équipe. C’est quelque chose qui se mérite, le plus dur c’est d’y rester. Il faut travailler et se donner les moyens pour y arriver. Le staff de l’équipe de France s’est ouvert à d’autres clubs que Lyon ou le Paris Saint-Germain et cela profite à des joueuses qui ne pensaient peut-être pas avoir leur chance un jour en équipe de France. Maintenant tout le monde est motivé pour rejoindre cette équipe. Il faut être au niveau pour ne pas que ce soit éphémère. »

Vous travaillez au sein du service communication du PFC, comment arrive-t-on à lier la vie de joueuse de football internationale avec ce métier ? 

« Cela fait 2 ans que je travaille avec le club. J’ai eu un diplôme de journaliste et à la sortie de mes études, le club m’a proposé ce poste : développer le contenu vidéo et la communication. C’était une chance parce qu’au niveau des contraintes club et des contraintes horaires qu’exigent le métier de journaliste, ça aurait été compliqué de travailler dans une rédaction « normale ». Cela tombait bien que le club ait cette ambition par rapport à sa communication et qu’il voulait créer un poste. Cela nous a paru cohérent avec le club de faire ça. Tout en restant à ma place, ça me plait d’aider le club à se développer. Après ma carrière de joueuse, je pense que je me dirigerais vers une carrière de journaliste. »

 

À propos Antoine Grasland

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