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Riolo : “La gestion de l’émotion, ça entre dans le cadre de la préparation mentale”

Depuis la nouvelle désillusion en Ligue des champions face à Manchester United, les critiques pleuvent sur les Rouge et Bleu. L’aspect mental de cette équipe est surtout pointé du doigt par plusieurs observateurs. Hier soir, Kimpembe a admis que les joueurs avaient fait preuve de suffisance lors de ce match. Et selon le journaliste de RMC, Daniel Riolo, cette suffisance n’explique pas cette nouvelle déconvenue, comme il l’a expliqué dans son édito sur RMC Sport.

“Non, désolé, je ne crois pas à cette explication simpliste. Je crois, au contraire, que les joueurs avaient justement compris que c’était important, très important. Je crois qu’ils étaient face à une montagne. Mais pas une montagne sportive. Manchester United était nul ! Cette montagne n’a rien eu à voir avec le sport, j’entends par là, le jeu. La difficulté insurmontable pour l’équipe et par extension pour le club, elle est dans la gestion de l’émotion liée à cette compétition. J’ai entendu Habib Beye samedi soir à la télé et je suis 100% d’accord avec lui sur ce point trop peu évoqué depuis mercredi. Le foot chasse trop souvent l’aspect mental de son analyse. Je précise que la gestion de l’émotion entre selon moi dans l’aspect mental, qui recouvre ce qu’il se passe dans la tête au moment d’affronter une épreuve.”

La gestion de l’émotion, ça entre dans le cadre de la préparation mentale. Et ça n’a rien à voir non plus avec l’expérience. L’idée selon laquelle vous tombez 10 fois et à force de vous relever, vous franchissez enfin la difficulté, est un leurre. Buffon est bourré d’expérience, mais à un instant précis, mercredi, il s’est déchiré. Pas seulement sur le tir quasi anodin qu’il relâche. Revoyez les images du couloir, celles où l’on voit Thiago Silva parler. La tête de Buffon, ce visage-là, je ne l’avais jamais vu.”

“A Paris, le contexte est très particulier. Le club se balade en championnat et toute l’attention est focalisée sur la seule compétition “intéressante”. Six matches seulement + deux en 8es… On dit ouvertement qu’on prend des joueurs ou des coaches pour améliorer le mental. Ah bon ? Bah ça veut dire que les autres étaient malades alors, non ? On croit encore réellement que la défaite au Camp Nou est due aux choix tactiques d’Emery ? (…) Le PSG est malade. Malade du contexte dans lequel il évolue, de cette pression qu’il ne gère pas autour d’une compétition dans laquelle il veut absolument briller.”

“Je suis convaincu qu’avec ces joueurs et ce coach, le PSG pouvait faire très mal cette année. Mais la valeur “intrinsèque”, on le sait, ça ne veut rien dire. Un joueur peut être excellent dans un club et mauvais ailleurs. Encore une fois, le contexte, l’environnement (…) La suffisance, cher Presnel, ça n’a rien à voir avec la honte de mercredi. Heureusement, sinon ça voudrait dire que vous êtes tous bêtes à manger du foin. Le problème et la solution sont ailleurs. Le PSG n’avancera qu’en sortant du déni…”

À propos Murvin Armoogum