Motta

Son poste d’entraîneur des U19, son souhait de devenir un jour coach de l’équipe première, sa relation avec Nasser Al-Khelaïfi, Thiago Motta se confie à RMC Sport

Thiago Motta a raccroché les crampons l’été dernier et est depuis l’entraîneur des U19 du PSG. L’ancien milieu de terrain a donné une longue interview à l’émission de RMC Sport 1, Transversales. Il y évoque son poste d’entraîneur des jeunes parisiens, son souhait de devenir un jour coach de l’équipe fanion du club de la capitale, de sa relation avec Nasser Al-Khelaïfi

Son envie de devenir coach après sa carrière de joueur

L’envie de devenir coach à l’issue de ma carrière est venue à partir de l’âge de 30 ans. J’avais un plan pour mon après carrière. Je savais que rester à la maison cela allait être compliqué. Mon envie à toujours été de rester dans le football. Je pense que j’ai fait le bon choix. Cela fait six mois que j’entraîne et cela me plaît beaucoup. […] Un milieu de terrain doit participer tout le temps au jeu, il doit jouer en attaque, en défense, il doit orienter le jeu, ses coéquipiers. Ça donne peut-être un peu plus d’informations pour devenir coach.”

Son système de jeu

Je ne change pas mon système du jeu en fonction du système mais en fonction des joueurs sur le terrain. Il y a des moments où je joue avec cinq milieux de terrain, à d’autres moments avec quatre attaquants et deux milieux. Je ne donne pas beaucoup d’importance au numéro de système (4-3-3, 4-4-2….). Je donne plus d’importance aux caractéristiques de mes joueurs pour pouvoir jouer un jeu offensif et direct. […] J’aime bien les équipes qui font une attaque placée, parce que quand tu joues dans un grand club, l’équipe en face va jouer en contre-attaque et il faut limiter ces contre-attaques. Et pour limiter ces contre-attaques, il faut garder la balle et un équilibre. Comme ça, quand on perd la balle, on la récupère vite.”

Nourrie de la présence de Ancelotti, Blanc et Emery sur le banc parisien

Je me suis nourrie de la présence d’Ancelotti, Blanc et Emery sur le banc du PSG ? Oui. L’apprentissage pour entraîner, je l’ai depuis déjà depuis plusieurs années. Quand je jouais, je ne jouais pas pour jouer. Je voulais comprendre ce que l’on faisait sur le terrain, pourquoi on le faisait. […] Avec Carlo, on alternait entre contre-attaque et la possession. Avec Laurent, la priorité c’était la possession. Avec Unai, on jouait assez rapidement avec des contres attaques mais aussi garder un peu la possession. C’est différentes façons de travailler et moi comme joueur, je faisais toujours attention à comment on jouait. Carlo Ancelotti m’a beaucoup marqué. Après, au niveau du jeu, évidemment Laurent Blanc.

Le passage d’Unai Emery au PSG (2016-2018)

On était tous d’accord avec Unai, comme on était tous d’accord avec Carlo et avec Laurent. Lors de la première année avec Unai Emery, il y a eu une erreur. On a laissé partir Ibra, qui était capable de marquer 50 buts par saison et on ne l’a pas remplacé par un joueur capable de marquer 50 buts.

La façon de travailler entre toutes les sections du club.

Je ne dirais pas qu’il y a une confusion entre toutes les sections du club. On travaille différemment. Le FC Barcelone, cela fait de très nombreuses années qu’ils ont leur philosophie de travail. À Paris, aujourd’hui, c’est différent. Aujourd’hui, je me sens en condition pour changer les choses au centre de formation du PSG. Dans l’équipe U19 du PSG, il y a beaucoup de talents depuis de nombreuses années. À mon avis, c’est la vraie deuxième équipe du club. On joue les meilleures compétitions en dehors des pros, la Gambardella et la Youth League. Donc on doit donner la confiance à cette équipe, pour qu’elle représente le nom du PSG pas seulement à l’échelon national, mais aussi à l’international.

Garder les meilleurs jeunes

On doit garder les meilleurs joueurs. Avant, un joueur U17 après deux matches, pouvait monter en U19 et après en CFA assez rapidement. Il ne faisait pas partie d’un collectif. Aujourdhui, dans mon effectif, j’ai six joueurs de 2002. Je vais les garder la saison prochaine. Ils ont déjà été ensemble en U17, là en U19. C’est une génération qui va s’améliorer ensemble. Ils vont vouloir rester ? Bien sûr, parce qu’il y a un projet sportif intéressant. Ça convient aux joueurs, au club, aux personnes qui travaillent au centre de formation, à tout le monde. C’est pour ça que j’ai voulu que l’aller-retour entre U19 et CFA s’arrête parce que c’est la base pour donner le sens du collectif. Tu ne peux pas jouer une semaine dans l’optique de gagner la Youth League et la semaine d’après le maintien en CFA. Pour moi les U19 sont plus importants que la CFA. On discute en ce moment avec le club sur ce sujet. Mais pour moi, la priorité du club pour son équipe de jeune doit aussi être les U19.

L’exigence, une chose essentielle

Pour moi, l’exigence est essentielle pour que mes joueurs s’améliorent. Après, il faut avoir un équilibre. C’est ce que j’ai appris ici à Paris. Il faut être exigeant mais il faut aussi savoir laisser un peu d’espace, pour que les joueurs prennent aussi leurs responsabilités. Il faut qu’ils aient conscience de savoir où ils sont aujourd’hui, quel club il représente. L’objectif principal, c’est de faire que les joueurs soient capables d’un jour évoluer en équipe première.

Son non-remplacement au sein du milieu de terrain du PSG

Mon remplacement ? C’est quelque chose qu’il faudra penser. Le club savait que j’allais prendre ma retraite, il doit s’organiser que ce soit pour moi où un autre joueur. Mais ça, ça vient de l’organisation et de se projeter dans le futur dans ce cas de figure.

Volonté de prendre la tête du PSG dans le futur

Mon objectif c’est d’entraîner les meilleurs clubs du monde. Entraîner le PSG après Tuchel ? Quand cela arrivera on verra, mais là je suis complètement derrière Tuchel. Je suis à disposition s’il a besoin. Je n’ai pas de relation avec lui en ce moment, mais je comprends parce qu’il a beaucoup de travail. Il y a 99% des entraîneurs aujourd’hui qui veulent entraîner le PSG parce que c’est un grand club. Et le 1%, c’est Tuchel qui entraîne aujourd’hui le club. Quand il ne sera plus là, bien sûr que je ferais partie des entraîneurs qui aspirent à entraîner le PSG. J’ai été joueur au club, je connais bien le fonctionnement du club, du vestiaire. Je connais les ambitions qu’a le club. Entraîner une plus petite équipe si ça se présente ? Je réfléchirai mais moi, j’aime les grandes émotions. Conduire une Ferrari est plus attractif que d’autres voitures, sans être péjoratif. J’opterai pour un grand club avant de penser à autre chose.


Nasser Al-Khelaïfi

Il ne m’a fait aucune promesse. D’ailleurs, il n’y a pas besoin qu’il me fasse la promesse que j’entraînerais le PSG un jour. On se connaît très bien mutuellement. Il connaît mon ambition. Il m’a dit de travailler et je travaille.

Les deux débâcles en Ligue des Champions

“Aujourdhui, savoir ce que l’on doit faire, ce n’est pas facile. Mais on doit savoir ce qu’il ne faut pas faire. Dans les deux éliminations, le match retour, après des matches aller superbes, on a commis des erreurs. […]. Il faut peut-être faire la préparation différemment. C’est-à-dire, même si on a gagné à l’aller, il faut jouer pour gagner le match retour. […] Il y a le mental bien sûr. Moi, je ne pense pas que les joueurs ont eu peur contre Manchester. Quand on est joueur, on n’a jamais peur mais du doute on peut en avoir. À l’aller, on a fait un super match. Au retour, l’équipe de Manchester est venue pour jouer derrière et profiter des erreurs. Pour moi, on n’a pas fait des cadeaux dans ce match, mais des erreurs. Quand il le faut, il faut plus de sévérité dans le club, mais pas tout le temps. Il faut donner de la liberté aux joueurs mais également des responsabilités. Au niveau du PSG, les joueurs doivent savoir gérer cette liberté tout en ayant des responsabilités. Le club, bien sûr qu’il faut qu’il soit présent, pour que quand arrive un problème, de prendre la bonne solution pour l’intérêt de l’équipe et le club. Que ce soit Neymar ou Areola, c’est pareil.

Neymar

Neymar au-dessus du PSG ? Il n’y a personne au-dessus du PSG. Ney, il doit comprendre qu’il ne doit même pas donner la possibilité à ses adversaires de le toucher. S’il fait ça, il remportera le Ballon d’Or. Il y a des moments où il faut donner rapidement le ballon, d’autres, où il faut dribbler, surtout qu’on est dans une zone du terrain où personne ne peut te toucher. […] Le jour où je serai là-bas (entraîneu du PSG, ndlr), si c’est le moment, bien sûr que je lui dirai

Retranscription @CanalSupporters

À propos Guillaume De Freitas

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