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Mabille (CUP) : “Cette saison, on a eu l’impression que les joueurs pouvaient faire n’importe quoi sans qu’il ne se passe rien derrière !”

Le Paris Saint-Germain a vécu une saison galère avec un bilan (très) décevant en Ligue des Champions, en Coupe de la Ligue mais aussi en Coupe de France. Face à cette succession de mauvais résultats, le Collectif Ultras Paris a fait part de son mécontentement à de nombreuses reprises.
Interviewé par le quotidien Le Parisien le président du CUP, Romain Mabille, a fait un point complet sur cet exercice 2018/2019. Il revient sur la mauvaise attitude de certains joueurs, sa joie de voir Leonardo revenir au PSG et évoque l’évolution de l’association de supporters.

Le retour de Leonardo au Paris Saint-Germain :

Les gens sont contents. Il était déjà très apprécié quand il était joueur. Et quand il a travaillé ensuite en tant que dirigeant, il s’est toujours battu pour faire respecter le club. C’est un geste fort, surtout après la saison qu’on a passée. Les déclarations de Nasser vont dans le même sens, par rapport à ce qui s’est passé. Il y a eu un total relâchement des joueurs après Manchester United. On avait l’impression qu’ils ne respectaient pas le PSG. C’est tout ce qu’on veut, le respect du club. Le retour de Leonardo va aider et les déclarations du président ne sont pas anodines. L’idée est de remettre de la discipline et de remettre le club à flot. On a souvent dénoncé cette saison le fait que l’institution passe au second plan.

L’institution PSG au-dessus de tout :

On l’a relayé sans cesse. On a des contacts réguliers. Cette saison, on a eu l’impression que les joueurs pouvaient faire n’importe quoi sans qu’il ne se passe rien derrière. Nous sommes attachés à l’institution, à l’histoire du PSG et au respect. On fait passer ce message au club et aux joueurs, avec qui on a des relations aussi. La question n’est pas de gueuler. On a dit qu’on ne laisserait pas le club couler, mais qu’on serait là si les joueurs avaient la bonne attitude.

L’attitude des joueurs après Manchester

Les gens s’investissent, continuent de se déplacer. Quand on voit les joueurs baisser les bras, ne pas avoir le bon comportement, on se demande s’ils aiment vraiment le club. On attendait la fin de saison pour faire le bilan. Apparemment, les dirigeants ont déjà fait le travail. Si les joueurs ne sont pas contents, ils s’en vont. C’est ce qu’on dit aussi.

Les rumeurs autour de Neymar

Avec toutes les rumeurs, on ne sait même pas s’il est plus proche de partir ou de prolonger. Sur cette saison, les gens n’ont pas grand-chose contre Neymar. Il a changé de mentalité. Il a été blessé, mais quand il a été présent, il a fait le travail. S’il reste, on sera content, mais s’il veut partir, tant pis. Il y a moins de tensions qu’il y a un an, il a fait un pas vers les supporters. On a Neymar chez nous et, s’il le souhaite, on préfère qu’il reste. Après, s’il n’a pas envie et qu’il part, on ne va pas pleurer non plus. Ça fait un an qu’on répète ça. S’il reste, on le soutiendra. S’il n’a pas envie, quel intérêt ? Il ne va pas faire le taf. Ça ne sert à rien de retenir les gens. Pour nous, le club passe avant tout. Le PSG a vécu avant Neymar, il vivra après. S’il peut vivre avec lui, tant mieux.

L’utilisation de fumigènes massif et la réaction du club :

On a eu des échanges. Le club n’était pas content. C’est compliqué, parce que c’est un peu du racket de la Ligue. 115 000 euros sur un match (NDLR : Contre le Stade de Reims)… On a dit au PSG que la Ligue poussait les clubs contre leurs supporters. Les fumigènes, ça reste le gros problème entre les clubs, les supporters et les instances. Dans les chiffres des violences en France, 90 % concernent les fumigènes. Si tu enlèves cela, il n’y a pas de problème. Le club reçoit des amendes, il n’est pas content, et ça crée des tensions entre nous. Nous, on essaie que ça n’impacte pas le club, mais c’est important dans la mouvance ultra.
Un dialogue rompu avec le club ? Non, il n’y a pas de rupture, même si l’année a été difficile avec ce qui s’est passé. On n’a jamais coupé le dialogue et on reste optimiste. L’an prochain, ce sont les cinquante ans du club et on a de nombreux projets en commun. Il y a beaucoup de choses qu’on peut faire mieux. Nous les premiers.

Le bilan du Collectif Ultras Paris pour cette saison :

On n’a pas fait notre travail complètement. On s’est remis en question sur ce qui s’est passé après Manchester. Le boycott n’est pas forcément ce qu’on aurait voulu, même si la question principale est plutôt ce qui s’est passé après. Les gens ont réagi avec leurs sentiments. On aurait dû plus supporter le club. Après Manchester, on s’est mis au niveau des joueurs, on s’est relâché. Si tu veux critiquer l’attitude des joueurs, il faut que toi, tu sois à la hauteur. En fin de saison, il y a eu moins de monde en déplacement, l’ambiance a un peu baissé. La spécificité de Paris, ça a toujours été que ce soit le feu dans les tribunes, même quand le club ne gagnait pas beaucoup. Je n’ai pas envie qu’on devienne un public qui s’embourgeoise, qui ne fête que les victoires. Il faut qu’on se mette au travail aussi. On n’a que deux ans d’existence, on ne fait pas tout parfaitement.

L’évolution du CUP ? Globalement, c’est positif. Il y a eu un accroc dans la saison, contre Belgrade. Et un petit truc à Saint-Etienne, qui s’est réglé en interne. Mais globalement, il y a très peu de problèmes, des gens en déplacement, des tifos, de l’ambiance… L’association grandit. Avec le club et les instances, ça se passe de mieux en mieux. Grâce à l’ANS (NDLR : Association nationale des supporters), on fait partie de pas mal de réunions. On veut garder ce cap, supporter quoi qu’il arrive. Il ne faut pas qu’on se laisse aller à droite à gauche, à gueuler tout le temps. Chacun son travail, chacun sa place, c’est important. Le Parc vit, on est content de ce qui se passe, le club aussi. Au niveau des pouvoirs publics, il n’y a pas d’incidents, donc ça va aussi.

Le nombre d’adhérents pour la saison 2019/2020 ? On n’a pas fixé d’objectif. Nous étions 3 000 cette saison. Être moins nombreux serait un échec, donc on espère atteindre le même total ou un peu plus.

À propos Jonathan Bensadoun

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