[BP] “Rabiot, bon vent, bonne mer” par Loïc

Sur Canal Supporters, les CSiens inspirés peuvent trouver tribune et développer une ou plusieurs réflexions librement (avec ce hashtag BP). Intervenant assez régulier, vous connaissez Loïc, et ses billets d’humeur, ou d’histoire. Toujours de qualité. Aujourd’hui, il a un message pour Adrien Rabiot.

Rabiot, bon vent, bonne mer

Veni, vidi, vici. Le slogan qui pouvait s’appliquer à un joueur comme Zlatan ne s’appliquera pas pour Adrien Rabiot. Pour le Duc, numéro 25 du PSG, le slogan latin correspondant serait plutôt : fui ibi, vidi, perdidi. J’y étais, j’ai vu, j’ai perdu. Enfin presque, “je me suis perdu” correspond sans doute mieux à ce qui est arrivé à Adrien Rabiot. Mais je ne suis pas là pour lancer la pierre à un joueur qui rappelons le se voyait en “Steven Gerard du PSG” il y a quelques années. Parce que ça reste un Titi, bien qu’il n’ait jamais gagné le trophée de Titi d’Or, et qu’il est quand même au club depuis 2010.

Au-delà de ça, hors de question de faire un papier pour tous les Titis ayant quitté le club même si les Nkunku ou autres Diaby auraient, étant donné leur comportement, surement plus mérité un hommage de la part des supporters que Rabiot. Mais Rabiot a déchaîné les passions pendant ces années parisiennes et voilà pourquoi il me semblait logique de lui écrire un papier d’adieu. Ce papier ne sera malgré tout pas une ode au milieu français et même s’il est plutôt facile de tirer sur l’ambulance, ça sera plutôt une mise en garde et un résumé de neuf ans au PSG pour un joueur qui venait sur CS il y a quelques années.

Alors rappelons nous de ces quelques années Rabiot au PSG pour clore définitivement un chapitre que ni supporters ni le joueur même n’auraient imaginé clore de manière si maussade. Après une première demi-saison pro en prêt à Toulouse qui s’était plutôt bien déroulée, le duc revient dans son club père, celui qui l’a révélé : le Paris Saint-Germain. Sa première saison pleine au sein de la capitale en 2013-2014 se déroule sans accrocs particuliers. Le triplé est acquis sous Blanc et le milieu français confirme qu’il a des prédispositions au milieu et plus particulièrement au poste de numéro 8 qu’il occupe lorsque Motta est blessé (Verratti remplaçant alors ce dernier en 6).

Mais les problèmes arrivent vite et dès l’été d’après, le milieu parisien commence à faire des siennes. Bien aidé il est vrai par sa mère. J’ai tendance à croire que l’entourage joue beaucoup dans la carrière d’un joueur et à considérer qu’un membre de la famille ne devrait pas être agent de joueur à moins d’avoir les compétences requises. Compétences acquises après quelques études a priori et non parce que l’on se les décrète tout seul. Dans le football actuel les exemples de carrière mal gérées pour cause de non-compétence des agents sont légion : Wanda Icardi, Véronique Rabiot ou le père de notre numéro 10 actuel viendront corroborer mon argument. Toujours est-il que à la suite d’un transfert avorté à la Roma, le jeune parisien boude et est rapidement envoyé en réserve jusqu’à ce qu’il change d’avis.

Déjà son cas divise chez les supporters : entre ceux qui veulent le voir quitter le club parce que « cas à problèmes » pour un joueur qui n’a pas énormément prouvé et ceux qui optent pour lui donner une deuxième chance. Deuxième chance il y aura finalement. Avant de nouveaux soucis sous l’ère Emery, le joueur français ne voulant pas être utilisé en 6, pourtant son meilleur poste selon beaucoup-dont je fais d’ailleurs partie.

Blanc, Emery : deux caractères, deux excédés par sa majesté Rabiot. Et encore, le plus incroyable restait à venir. Non convocation logique en Bleu pour la Coupe du Monde 2018, puis refus de la part d’Adrien d’être réserviste. Là encore l’image du club est écornée, celle du joueur encore plus. Jusqu’à l’apothéose cette saison alors que Tuchel en avait pourtant fait un des hommes de base de son système. Retard à la causerie contre l’OM, conflit contre son club formateur, signature d’un pré-contrat à Barcelone, mise à pied et interview désastreuse de sa mère dans le plus grand quotidien sportif (le seul aussi) du pays où elle compare son fils à un prisonnier. La totale quoi !

Alors voilà Adrien : te voilà à un vrai tournant de ta carrière, dans un club qui saura peut-être mieux te gérer que le PSG. N’oublie quand même jamais d’où tu viens et ce que ce club t’a apporté, même si ton départ gratuitement semble laisser penser le contraire. Personne n’a jamais remis en cause ton niveau de football mais ton implication et l’amour d’un maillot que tu portes depuis tout jeune peuvent nous faire poser des questions. Pour notre part, nous n’avons aucun regret, seulement l’impression d’un énorme gâchis. Tu te rêvais en Gerrard, tu ne resteras dans nos têtes que comme un Dhorasoo. Une page se tourne, tes remplaçants que sont Sarabia et Herrera te remplacent déjà. Nous supporters te souhaitons de réussir ailleurs. Les joueurs passent mais les supporters restent.

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