Rothen : “Quand les joueurs ont faim, le public suit !”

Nous sommes plus qu’à quelques heures du choc qui va opposer Liverpool au Paris Saint-Germain. Les parisiens doivent impérativement remporter cette rencontre pour espérer se qualifier pour les 1/8e de finale de la Ligue des Champions. Interrogé par le site internet de Télé-Loisir, le consultant pour RMC Sport Jérôme Rothen croit aux chances des rouge et bleu.

Son souvenir de la victoire du PSG en 1997 face à Liverpool (3-0) :
Pour une fois, je n’étais pas au Parc des Princes : j’étais devant ma télévision ! Le PSG avait remporté le match 3-0, avec une énorme communion avec le public autour et dans le stade. Au retour, le PSG s’était incliné 0-2 à Anfield mais c’était suffisant pour se qualifier pour la finale, perdue (0-1) contre le FC Barcelone. Et lors de mon passage au PSG entre 2004 et 2010, un match m’a notamment marqué : une victoire au Parc des Princes (4-0) contre Twente en Coupe de l’UEFA, en 2008. Il y avait de l’électricité dans l’air et cette nervosité ambiante nous avait permis d’être agressifs d’entrée. Et quand les joueurs ont faim, le public suit…

L’état d’esprit du vestiaire avant un tel match :
Avant ces grands matchs, quand un vestiaire a du caractère, l’ambiance change par rapport à la préparation d’un match habituel de championnat. Les joueurs les plus affirmés parlent davantage et mettent plus de rythme lors des entraînements. Les chocs sont plus rudes et on sent, de manière presque palpable, une concentration collective intensifiée. Même les joueurs qui manquent de grinta prennent soudainement plus de place. Et quand un mec discret ou introverti se met à y croire, cela entraîne forcément tout le monde !

Le PSG, une équipe qui manque de caractère :
Totalement. Sans remonter à l’élimination de la saison dernière contre le Real Madrid, le PSG a parfois manqué de volonté cette saison. Je pense à la défaite d’entrée (3-2) sur la pelouse de Liverpool où toutes les lignes de l’équipe ont tremblé. Ce qui m’a le plus frappé, c’est que les joueurs ne sont pas regroupés, pendant la rencontre ou après un but, pour se ressouder ou trouver des solutions… Heureusement, la suite a été un peu plus rassurante, notamment à Naples. Les joueurs ont su ramener un bon match nul 1-1, en faisant preuve d’un gros engagement physique.

Les solutions pour que le PSG passe un cap en Ligue des Champions :
Certes, il manque un milieu de terrain à la N’Golo Kanté, capable de répéter les courses défensives. Mais l’effectif actuel doit aussi apprendre à se faire mal ! Par exemple, Adrien Rabiot est un superbe joueur mais cela fait longtemps que je ne l’ai pas vu faire un match dominant sur le plan athlétique. Et au-delà des efforts défensifs collectifs ou des “taquets”, un attaquant doit marquer son territoire par ses prises de balle volontaires. Il faut vouloir faire reculer son adversaire, le faire douter. Des joueurs comme Neymar, Julian Draxler, Angel Di Maria ou même Kylian Mbappé, je les vois rarement “carbonisés” sur un terrain. La culture de la gagne, c’est cela : se mobiliser, faire un maximum d’efforts et être capable de reproduire ce pic collectif de performance quand il le faut.

À propos Jonathan Bensadoun

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