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Édito – Retour sur la première partie de saison du PSG

Ce samedi, le PSG a donc achevé sa première partie de saison sur un très joli succès, au sein de son enceinte du Parc des Princes, face à Amiens (4-1, 19e journée de Ligue 1). Une première partie de saison ponctuée d’excellents résultats sur le papier, mais également de quelques inquiétudes, notamment au niveau du jeu proposé par les hommes de Thomas Tuchel à une certaine période. Revenons donc, ensemble, sur les cinq derniers mois de nos Parisiens.

On fait les comptes ?

Pour ce qui est du bilan purement comptable, on ne peut quasiment rien reprocher aux Franciliens, il faut bien l’admettre : premier en Ligue 1 avec sept points d’avance sur son plus proche poursuivant, l’Olympique de Marseille. Avec, en plus, un match de retard qui se jouera le 15 janvier prochain face à l’AS Monaco. Le PSG a bien négocié ses cinq premiers mois en championnat. Même si pas toujours flamboyant, le principal reste là : 45 points en 18 journée. Fait assez étonnant qui faut souligner : le club de la capitale n’a concédé aucun match nul depuis l’entame de l’exercice en cours. Par contre, et c’est ce qui a notamment pas mal inquiété, Paris a déjà connu le goût de la défaite à trois reprises. La grosse contre-performance dans cette première moitié de saison restant la défaite au Parc des Princes face au Stade de Reims (0-2). On rappellera cependant que ce soir là l’équipe était remaniée.

Pour la Ligue des Champions, le constat est le même : le PSG a réalisé un parcours presque parfait au sein d’une poule qu’on annonçait, logiquement, difficile à aborder. Il faut dire qu’avec le Real Madrid et Galatasaray, où il n’est jamais simple d’aller glaner un succès, tout ne s’annonçait pas forcément simple pour Thomas Tuchel et ses hommes. Pourtant, avec une solidité notable, les Rouge et Bleu ont traversé cette phase de groupe sans embûche avec cinq victoires et un nul. Le point très appréciable a notamment été le peu de but encaissé par Keylor Navas, le dernier rempart costaricien n’ayant vu la sphère franchir sa ligne qu’à deux reprises, les deux fois lors du nul sur la pelouse du Santiago Bernabeu (2-2, 5e journée de la phase de poule de la C1). Bref, pour ce qui est de la partie visible de l’Iceberg, on ne peut qu’affirmer que cela a été géré d’une main de maître.

Et le jeu dans tout ça ?

Alors, soyons clair, depuis l’inconcevable qui a eu lieu le 6 mars dernier face à Manchester United au Parc des Princes, la majorité des matches du club de la capitale n’a que peu de saveur. Jeu stéréotypé, prise d’initiative quasi nulle, implication des joueurs réduite au strict minimum. On ressentait dès lors une sorte de cassure entre le coach, qui possédait un discours qui ne paraissait plus passer, et les joueurs, qui semblaient être totalement sourds aux directives de leur coach. Cet état de fait, on l’a observé la saison passée, et également entre septembre et décembre. À part quelques éclaircies par-ci, par-là, on n’a globalement eu que très peu à se mettre sous la dent en termes de jeu proposé. Ce qui reste cependant à dire, c’est que quelque chose d’autre est en train de prendre forme depuis à peu près un mois maintenant. Le tout n’est pas de s’enflammer hâtivement, surtout que l’adversité durant ce mois de décembre fut tout de même moindre, mais il est tout de même important de mettre en exergue les nouvelles prédispositions du onze parisien.

C’est simple, depuis le nul arraché on ne sait comment à Madrid, l’équipe s’est transfigurée. On assiste toujours à de très bons résultats, mais, cette fois, l’équipe dégage ce petit supplément d’âme qu’on avait entraperçu seulement au cours de deux petits matches : la première confrontation face au Real Madrid au Parc des Princes (3-0, première journée de la phase de poule de la Ligue des Champions) et la première période durant le Classique face à l’OM (4-0, 11 journée de Ligue 1). Sinon, le reste des rencontres proposées par les Parisiens a été, au mieux insipide, au pire affligeant. A dire vrai, on a trop souvent eu l’impression que les joueurs accéléraient seulement quand ils en avaient le désir. Le dernier exemple en date est bien cette victoire sur la pelouse du Montpellier HSC lors de la 17e journée : bousculés, à la limite du correct, par un onze héraultais particulièrement agressif, les Parisiens s’en sont remis au génie de Neymar dans les quinze dernières minutes. Résultat : le PSG l’emporte 3-1 en ayant joué un quart d’heure. On est tous d’accord ici pour dire qu’on en attend plus d’eux, il faut aussi reconnaître que c’est assez délicat d’être toujours au taquet au sein d’un tel championnat. Cette Ligue 1 possède un niveau assez déroutant, il faut bien le dire.

Il serait également malhonnête de ne pas stipuler le fait que l’effectif Rouge et Bleu a connu pas mal de fluctuations au cours des derniers mois. Car oui, on ne peut occulter le nombre de blessures ahurissant qui n’ont cessé de s’enchaîner. Cet état de fait a poussé Tuchel à jongler avec les disponibilités des uns et des autres. L’an passé, il a notamment dû faire avec un véritable No Man’s Land dans le secteur du milieu de terrain. Cette année, il n’a jamais pu aligner une attaque titulaire jusqu’à, bien entendu, les tous derniers matches, et on a vu la différence.

Cette montée en pression au PSG, on la ressent donc depuis moins de deux semaines, ce qui reste assez récent. Ce qui ne trompe pas par contre, c’est l’attitude affichée par les joueurs. On a enfin – oh incroyable privilège – le droit à de l’intensité. Certes, elle n’est pas présente tout au long des 90 minutes, mais elle a au moins le mérite d’exister. Contre Amiens ce samedi, on a senti une équipe extrêmement investie. Chose assez inconcevable, le joueur ayant récupéré le plus de ballon durant cette partie n’est autre que Neymar Jr, avec 15. Forcément, cette montée en régime est à mettre en rapport direct avec le nouveau schéma de jeu instauré par Thomas Tuchel : le fameux, et tant fantasmé, 4-2-4. Sur le papier, ce onze, qui peut se targuer de posséder en son sein un quatuor Neymar – Di Maria – Mbappé – Icardi, parait tout de même assez déséquilibré. Enfin, déséquilibré si les “Quatre Fantastiques” ne font pas les efforts nécessaires pour l’équipe. Or, on a l’impression, assez tenace, qu’un tournant pourrait être en train de s’opérer. Car oui, quand on voit les efforts faits par Neymar ou Di Maria sur les ailes, on se prend à rêver doucement, tout doucement, qu’ils pourraient réitérer cela lors de grandes soirées européennes. Le tout est désormais de patienter, simplement patienter. Ce qui n’est pas une mince affaire dans un monde où le football se consomme dans l’instant.

Le gros problème avec le PSG, c’est qu’on ne sait jamais sur quel pied danser. Capable du meilleur, comme du pire, il est extrêmement difficile de pronostiquer quoi que ce soit. On est donc réduit uniquement à l’attente. Il y a, bien entendu, des motifs d’espoirs, surtout lorsqu’on voit l’effectif à la disposition de Thomas Tuchel, certainement le plus étoffé de l’ère QSI. Bien entendu que ce schéma en 4-2-4 est particulièrement séduisant, mais on sait très bien que Thomas Tuchel aime, comme tous les coaches, s’appuyer sur des certitudes. Et il semblerait qu’il conserve une foi inébranlable en son 4-3-3 avec Marquinhos positionné devant la défense. Difficile d’imaginer le contraire. De toute façon, le premier gros test arrivera bien assez vite avec le match aller des huitièmes de Ligue des Champions en février sur la pelouse du Borussia Dortmund. On aura déjà un commencement de réponse à ce moment. Même si on reste vacciné avec le PSG : c’est surtout le match retour qui viendra éclairer notre lanterne.

À propos Mickaël Rufet

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