Image : Jean-Michel Louarn

Denis Le Saint (pdt Brest) : “Il est hors de question que j’amène mon équipe à Paris en mai ou en juin”

Avec la pandémie du Coronavirus, on ne sait pas encore quand les championnats pourront reprendre. La Belgique a fait un choix, elle a décidé d’arrêter son championnat et figer le classement, offrant le titre au Club Bruges. Mais l’UEFA ne veut pas entendre parler de fin de championnat anticipée. Elle souhaite que ces derniers se terminent comme prévu et prévoit des sanctions si cela n’était pas le cas. Mais pour Denis Le Saint, président de Brest, la Ligue 1 ne doit pas reprendre.

La santé est un facteur essentiel qui doit nous conduire à prendre des décisions fortes. Le football n’est pas la priorité aujourd’hui. Il s’agit d’un loisir. Dans l’ordre des priorités, il ne vient pas en premier, il ne vient pas non plus en deuxième, mais bien après pour les Français. Ils n’ont pas la moindre envie de rentrer dans un stade et les matches à huis clos ne font rêver personne, raconte Denis Le Saint dans une interview accordée à l’Equipe. […]Pour moi, il est hors de question que j’amène mon équipe à Paris en mai ou en juin pour jouer le match retour contre le PSG. Les risques sont bien trop grands. J’ai trop de respect pour mes joueurs et pour mon staff pour leur faire courir des risques. De mon point de vue, c’est la fin. Ça s’arrête là. Le Championnat doit s’arrêter. La saison ne peut pas reprendre.

Denis Le Saint a d’ailleurs envoyé un courrier – par mail – à ses collègues présidents de Ligue 1 et de Ligue 2 pour justifier son souhait que les championnats ne reprennent pas.. Une lettre qu’a pu se procurer RMC Sport.

La lettre du président Brestois

Vous avez tout mon soutien pour mener à bien les négociations. N’ayant pas l’habitude de m’exprimer souvent, je tiens malgré tout à vous faire partager le fond de ma pensée qui semble être partagée par certains d’entre vous, du moins pour l’essentiel. 1- La santé est le facteur essentiel qui va conduire nos décisions à venir. C’est d’ailleurs la seule préoccupation des Français et Françaises aujourd’hui. Ils ont peur pour leur santé et celle de leurs proches! 2- Le football, qu’il considère comme un loisir, ne viendra qu’après, lorsque la maladie sera vaincue. Avant le football, leurs préoccupations vont aller à l’économique: leur travail, ceux de leurs enfants, de leurs proches et comment faire face aux fins de mois qui pour plusieurs sera difficile. 3- Pensez-vous un instant que nos concitoyens aient la moindre envie de rentrer dans un stade fin mai ou début juin alors que le risque est toujours présent! Il nous reste dix journées de championnat et nos joueurs ne reprendront que lorsque tout aura été sécurisé et il leur faudra trois semaines pour revenir en compétition. 4 L’image du football, trop souvent liée au monde de l’argent, serait ternie et deviendrait catastrophique si nous voulions à tout prix reprendre la compétition alors que le monde médical joue un match extrêmement compliqué pour sauver nos vies au risque de perdre la leur! La responsabilité de nos politique ne le permettra pas car ils sont responsables de notre santé à tous. 5- Pour moi, l’année sportive est terminée (idem en Belgique). Il est hors de question que j’amène mon équipe à jouer à Paris en mai, juin ou juillet prochains, dans le plus grand foyer de contamination de France. Ce serait irresponsable de ma part et j’ai trop de respect pour mes joueurs et mon staff. 6- Il y a un temps pour tout, celui du football est historiquement calé de septembre à mai et il n’y a pas que cela dans la vie (surtout aujourd’hui avec les nouvelles mentalités). Ne gâchons pas l’avenir du football en termes d’image car nous le payerions très cher en termes de retour de spectateurs, d’abonnements et de partenaires. 7- De grâce, oublions les matchs à huis clos qui ne font rêver personne, car les stades vides éloignent le public de notre sport! Quant à l’aspect budgétaire défendu par certains présidents de clubs, je leur dirais simplement qu’il faut revenir à des standards cohérents, que nous ne devons pas nous enflammer et que la raison doit l’emporter.

À propos Guillaume De Freitas

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