
Campos : « J’ai toujours eu le sens du collectif »
Conseiller sportif du PSG depuis 2022, Luis Campos a une grande expérience en France, avec des passages à Monaco, Lille et donc le PSG. La France a une place importante dans sa vie.
Luis Campos est un personnage important dans le football français. Le conseiller sportif du PSG a commencé à travailler dans le football français en 2013 avec son arrivée au poste de directeur sportif de l’AS Monaco. Il passera trois ans au sein du club du Rocher, avant de devenir directeur sportif de Lille en 2017, où il y passera également trois ans. Dans une très grande interview accordée à TF1 Infos, qui est diffusée en trois parties, le dirigeant du PSG, s’est confié sur ses expériences dans le football français, ses relations avec les entraîneurs qu’il a côtoyés, Kylian Mbappé, la France…
Son arrivée à Monaco
« À l’époque, quelqu’un de très important dans le foot
m’a dit : « Luis, c’est une
opportunité exceptionnelle pour toi. Il faut que tu écoutes
Monaco. »
Je me souviens d’un dîner
à Madrid avec Vadim
Vasilyev (le vice-président de
l’ASM, ndlr)
. Tout ce dont on a parlé ce
soir-là a fait sens pour moi. C’est ce que je voulais entendre pour
continuer ma progression. Même si j’étais au Real
Madrid et que j’avais d’autres opportunités, j’ai compris
que Monaco pouvait être ma chance. À
Monaco, on m’a permis de monter un projet, sur des
bases solides qui existaient déjà. On me laissait du temps, il y
avait de la patience et les personnes impliquées avaient l’envie de
bien faire. Ce qui m’a été présenté cadrait aussi avec mon projet
de vie. Mais, après une saison seulement, le projet initial auquel
on avait pensé n’était plus viable. On a dû faire face à beaucoup
de contrariétés, comme l’amende de 50 millions
d’euros que la LFP a infligée au club
et l’entrée en vigueur du fair-play financier. Le projet de
trois ou quatre ans que l’on avait imaginé n’a finalement duré
qu’un an. »
Poser les fondations d’un projet sans nécessairement profiter du résultat au bout, n’est-ce pas trop ingrat ?
« Je considère avoir la
récompense. Vous avez utilisé le mot architecte. Si vous avez déjà
construit une maison, quand elle est prête, l’architecte s’en va.
Il ne reste pas vivre dans la maison. Ce sont les personnes qui
l’ont faite construire qui doivent profiter. Je pense vous avoir
donné la réponse (rires)
.
«
La découverte de Kylian Mbappé
« Je connaissais son nom avant même de l’avoir vu jouer. Il y avait déjà beaucoup de discussions autour de lui. Quand je suis arrivé à Monaco, j’ai demandé à aller le voir au centre d’entraînement de La Turbie. Il était 10h du matin. Le match n’avait commencé que depuis vingt minutes, le score était de 3-0. Trois buts de Kylian. Il n’y avait pas besoin d’être un grand spécialiste pour comprendre à qui on avait affaire. La décision de le garder a été prise en quinze, vingt minutes. Il a fallu adapter le projet collectif du club à son projet individuel. Je l’ai compris avec le temps et je l’ai toujours appliqué depuis. Il faut concilier le projet collectif du club, le projet collectif de jeu mais aussi le projet individuel des joueurs. Il faut travailler à chaque fois pour les imbriquer l’un dans l’autre. Quand je discute avec un joueur pour venir à Paris, je parle avec lui de l’importance d’adapter son projet individuel à notre projet collectif. Ils doivent être communs. Adapter le projet Mbappé, un gamin de 14-15 ans, à un projet collectif reste l’une de mes meilleures expériences. »
Comment je fais pour que mon tandem avec l’entraîneur fonctionne ?
« J’ai toujours eu le sens du collectif. Peut-être parce qu’à la maison, avec mes frères, on devait se partager la nourriture à la table. Lorsqu’on met en place un projet, le club doit se mobiliser derrière son entraîneur, l’aider à faire comprendre ses préceptes, à imposer sa méthodologie d’entraînement. Je suis là pour des choses à la fois très simples mais aussi très complexes. C’est ma fonction d’assister au mieux le coach pour qu’il puisse créer et développer son système de jeu. »
La France, sa deuxième maison ?
« J’aime beaucoup le football français, mais je me vois
comme un homme du monde. J’ai d’ailleurs quelque chose à vous
montrer, cela va vous faire comprendre beaucoup de choses sur ce
qu’est mon travail. (Il sort son téléphone
portable)
Il y a quelques années, quand j’étais entre le
Real Madrid et Monaco et que je
cherchais des joueurs, j’ai remporté le prix de la personne qui a
le plus voyagé dans le monde. (Il lit) »Félicitations,
vous avez volé 390.400 kilomètres cette année, soit l’équivalent de
22 jours passés dans les airs, de 10 tours du monde ou d’un aller
simple vers la Lune
. »
La troisième et dernière partie de cet entretien, durant laquelle Luis Campos évoquera son aventure et ses ambitions avec le PSG, sera mise en ligne samedi à 18 heures.





