
Exclu CS – Vente du Parc, relation avec le PSG… Rachida Dati se confie
La question de la vente du PSG est l’un des sujets qui gravitent autour de l’élection municipale à Paris. Les deux favoris à la victoire, Rachida Dati et Emmanuel Grégoire, sont favorables à une vente de l’enceinte de la porte de Saint-Cloud au PSG. En ce jour d’élection à la Mairie de Paris, retrouvez la retranscription des entretiens exclusif à Canal Supporters, des deux favoris à la Mairie de Paris, Emmanuel Grégoire et Rachida Dati. Arrivée deuxième au premier tour avec 25,46% des voix, Rachida Dati a évoqué la place du Parc dans son projet, les relations entre la Mairie de Paris et le PSG, ses conditions pour la vente du Parc, son projet autour d’une possible vente du Parc…
Quelle place occupe le PSG dans mon projet pour Paris ?
« Ça va au-delà du Paris Saint-Germain. Ça va aussi au-delà du Parc des Princes parce que c’est une petite ville. Paris, ce n’est pas Londres, ce n’est pas Madrid, Berlin. Paris, c’est 102 kilomètres carrés. Londres, c’est 1200, Berlin, c’est 900. Madrid est aussi très étendu. Donc, ces enceintes sportives qui sont dans une ville très dense, curieusement, elles ne sont pas intégrées à la vie des Parisiens. Souvent, ils en subissent les nuisances quand il y a des grands évènements ou des grands matches. Il faudrait qu’aujourd’hui, nous puissions inclure, intégrer, des grandes enceintes sportives et les clubs qui y sont à la vie des Parisiennes et des Parisiens. C’est pour ça que moi, j’aimerais en faire, pour le Parc des Princes, une grande enceinte sportive à laquelle auraient accès tous les Parisiens, comme un centre d’entraînement, un centre d’initiation au sport, un centre aussi d’accès pour les associations, les groupes scolaires. Mais aussi un centre culturel. Je trouve que la culture et le sport, c’est un élément essentiel et structurant d’une collectivité. Donc, c’est tout l’enjeu du projet que nous avons élaboré et que je porte. C’est-à-dire, là, on a un peu avancé pour voir quel type de grand opérateur culturel pourrait être associé au Parc des Princes et on a pensé à de grands centres d’art contemporain pour favoriser la création artistique, l’initiation et la promotion de jeunes talents. Que le Parc des Princes soit aussi une enceinte culturelle et un écrin culturel. »
Comment expliquer les liens tendus entre la Mairie de Paris et le PSG ?
« Les relations avec les élus et les acteurs, y compris institutionnels, ont toujours été tendues. Madame Hidalgo, Monsieur Grégoire, Monsieur Belliard, Monsieur Brossat, n’ont pas de relation avec la région, par exemple, Valérie Pécresse. Donc ils sont en mauvais termes avec à peu près tout le monde. Donc ce n’est pas uniquement avec le Paris Saint-Germain. Ils ont trahi leur parole assez souvent. C’est pour ça que moi je dis aux électeurs, ceux qui ont mis Paris dans cet état depuis 25 ans, par quel miracle ça pourrait changer à partir du 15 mars. »
Les conditions pour accepter la vente du Parc des Princes ?
« Les conditions que je vous ai indiquées préalablement. Que les Parisiens puissent y avoir accès, que l’on puisse développer des centres d’accueil, d’initiation au sport, d’accueil des scolaires, d’associations. Que les Parisiens et notamment les riverains veulent avoir un lieu d’un entraînement d’initiation ou beaucoup plus que ça, parce que ce n’est pas uniquement axé sur le foot, il y a aussi du judo, du handball. Il peut y avoir d’autres types de sport à l’intérieur de cette enceinte. Ça peut évidemment être un lieu d’accueil du sport en général. Et ça peut être aussi sport et santé. D’ailleurs, ils ont commencé à faire beaucoup d’initiations avec beaucoup de jeunes sur la nutrition, la santé, le bien-être et le sport. Donc ça peut être à la fois très éducatif, très pédagogique, mais aussi très civique parce qu’on le voit avec le sujet des supporters, de rappeler les règles, le respect, le respect des différences, le respect de la diversité. Et donc ça aussi, c’est à la fois un projet culturel, éducatif, civique et évidemment sportif. »
Le projet d’Emmanuel Grégoire de couper une partie du périphérique ?
« Ils n’ont pas étudié ce projet. Le Parc des Princes est dans un endroit très précis. Vous ne refaites pas une enceinte comme celle-ci sans vous préoccuper des abords. Donc ce sera un réaménagement des abords, qui peut aller jusqu’à la porte de Saint-Cloud, évidemment. Et beaucoup plus largement, ça peut aller un peu sur Boulogne. Ça, c’est un projet, c’est vraiment comment cette enceinte s’intègre dans la ville. Et moi, je ne sais pas comment Monsieur Grégoire va pouvoir vendre le Parc des Princes parce que je vous rappelle qu’il a dit à titre personnel : j’y suis favorable. Parce que ses alliés, que ce soit Monsieur Brossat ou Monsieur Belliard, refusent la vente du Parc des Princes au club du Paris Saint-Germain. Donc, personne ne lui a posé la question clairement. Quand vous êtes candidats à la mairie, vous n’avez pas de position personnelle. Vous vous engagez sur une action ou une mesure que vous prendrez. Comme ça, il n’y a pas de mauvaise surprise. »
Le prix du Parc ?
« Aujourd’hui, il est évalué par les domaines à 200 millions d’euros, le stade en lui-même. La ville en voulait, je crois, 300 ou 400 millions d’euros. Mais, on a pas d’éléments précis. On part d’une expertise qui est aujourd’hui figée mais qui devra être réactualisée. Il faut voir le projet quel est le projet que nous souhaitons et donc en évaluer les coups et les travaux. Le Parc des Princes est très vétuste. Il y a une partie qui est classée, même si vous vouliez refaire des travaux, c’est très contraint. Là aujourd’hui, si on devait faire des travaux, même si on a jamais vraiment évalué, c’est à minima entre 100 et 150 millions d’euros. D’ailleurs, le club actuellement, dans certains échanges qu’ils ont pu avoir avec la Mairie de Paris, nous on a pas participé à ces échanges mais que l’on avait pu obtenir les élus de mon groupe politique, le club l’évalue à au moins 500 millions d’euros. Donc, les montants sont importants. Il y a deux choses, soit le club ne rachète pas le Parc des Princes et il reste vétuste et il faudra de toute façon trouver des financements pour pouvoir le faire mais le club s’en va. Il a déjà deux promesses de vente qu’il aurait signé à Poissy et à Massy. Moi, je ne souhaite pas que ce grand club évidemment quitte Paris. D’ailleurs, ce club qui a remporté la Coupe d’Europe encore récemment, le chiffre d’affaire a été démultiplié, les supporters sont de plus en plus fidèle et de plus en plus de Parisiens s’intéressent à la vie de ce club dans ses performances. Mais aussi dans la vie de ses joueurs. »
Le Parc, un coup de campagne ?
« Madame Hidalgo les a trahis dans leur parole. Elle n’était pas obligée. Elle a commencé avec eux, elle leur a tourné le dos sans rien leur dire. Monsieur Grégoire a dit que c’était une position personnelle. Monsieur Belliard et Monsieur Brossat y sont opposés. Nous, nous y sommes favorables, notre position est unanime avec les élus avec lesquels je m’engage. »
Si le PSG quitte le Parc et Paris, un échec ?
« S’il venait à partir, ce serait un échec, ça c’est vrai. Un échec pour Paris, un échec pour les Parisiens et aussi pour le prestige de Paris. Moi, je suis très ami avec Florentino Pérez, qui est le président du Real Madrid. Le Real Madrid fait aussi rayonner Madrid et le stade Santiago Bernabeu est au centre de Madrid. J’y suis déjà allé voir plusieurs matches, c’est très convivial, très familial. Il n’y a pas de sujet d’insécurité lors de grands matches. J’espère avoir les mêmes ambiances festives avec le Paris Saint–Germain à Paris. Il s’appelle Paris, pas Poissy Saint-Germain ou Massy Saint-Germain. C’est Paris Saint-Germain. Je ne vois pas Paris sans le PSG et le PSG sans Paris. Avec la première Coupe d’Europe, c’est quand même prestigieux. Ils ont gravé leur nom dans l’histoire du football et du football international. On a des grands joueurs. La boutique du Paris Saint-Germain ne désamplie pas. Ça fait aussi partie d’un sujet d’attractivité. Et comme je vous le disais, si le Parc des Princes devient aussi un lieu culturel important, ça sera aussi un pôle d’attractivité et de rayonnement pour Paris. »
La sécurité dans Paris pour organiser des célébrations dans la ville
« Le sujet de la sécurité est un sujet majeur à Paris. La sécurité s’est vraiment dégradée à Paris. Monsieur Grégoire considère que la sécurité, ce n’est pas sa responsabilité. C’est la responsabilité d’un maire. Je me souviens de l’Euro 2016, j’ai eu une fan zone sur le Champs de Mars, j’ai accepté. Nous avons travaillé avec le préfet de police. Et cela s’était très très bien passé, sans problème. Ils en font un sujet idéologique, un sujet cyniquement idéologique. Quand il s’agit de leur intérêt personnel, cela ne les gêne pas de parler avec tout le monde, tous les pays, tous les ambassadeurs. Quand il s’agit des Parisiens, là, ils donnent des leçons de morale à tout le monde. Quand il y aura des célébrations, ce sera possible de le faire dans Paris ? Bien sûr. Le PSG, le Paris FC, ou le Stade Français. Tous les clubs qui sont évidemment dans Paris. Des grandes équipes, qui font aussi la fierté de Paris. On pourra le célébrer sans problème. »
Qu’est ce que je dirais à un supporter du PSG qui craint de voir le club quitter Paris ?
« Qu’il compte sur moi, il ne quittera pas Paris. Je ferai tout pour qu’il ne quitte pas Paris. Et je suis sûre qu’il ne quittera pas Paris. »





