
Kimpembe : « La Ligue des champions ? C’est l’aboutissement de toutes ces années »
Presnel Kimpembe a passé 20 ans au PSG. L’été dernier, il a quitté son club de cœur pour rejoindre le Qatar. Presque un an après son départ du club de la capitale, il est revenu sur ses meilleurs moments au PSG.
Presnel Kimpembe a quitté son club formateur l’été dernier après 20 ans au sein du PSG. Le défenseur central a eu besoin de rejouer au football, lui qui a été arrêté pendant presque deux ans en raison d’une rupture du tendon d’Achille. Le titi parisien, sachant qu’il ne pourrait pas avoir un temps de jeu régulier au sein de son club de cœur a accepté de le quitter pour rejoindre le Qatar. Presko a décidé de retracer sa carrière dans un livre qui paraîtra le 3 juin prochain. Pour la promo de ce livre, il s’est confié au Parisien et a évoqué plusieurs souvenirs de son passage au PSG.
Ses débuts au PSG à huit ans
« Quand on est un jeune gamin issu de la banlieue parisienne, c’est le PSG qui fait rêver, forcément. On en parlait dans le quartier, on en rigolait tout le temps, et le fait un jour d’avoir cette chance de pouvoir porter ce maillot, cela a été une grande opportunité pour moi. J’étais très fier. Enfant, je regardais Ronaldinho, Okocha… Ce sont plein de souvenirs qui restent en tête. On avait la chance de pouvoir les croiser au camp des Loges, d’avoir des signatures, des photos, c’était fort. Quand on finissait un entraînement, on pouvait tomber sur eux. On commençait un match et eux allaient à l’entraînement. Quand on est jeune, on ne rêve pas de la même façon. D’autres rêves se sont créés ensuite. »
Son premier match en professionnel
« Je ne pensais pas du tout jouer, mais le scénario du match (contre Lens en octobre 2014 au Stade de France) m’a permis de disputer mes premières minutes, dans un stade particulier. J’avais la chance d’avoir ma famille autour de moi. À ce moment-là, tu repenses à tes débuts, à tous les entraînements, les matchs, les moments où je prenais le bus pour aller à l’entraînement, les sacrifices que j’ai pu faire et que mes parents ont pu faire aussi. J’étais comme ça (il montre son petit doigt), je flottais dans le maillot et encore c’était du M ! »
Sa première au Parc des Princes
« C’était fou : je suis à la maison, avec nos supporters, ma famille qui est là. Je pense que j’avais un peu plus de pression sur ce match. C’était contre… Toulouse, non ? Coupe de la Ligue (janvier 2016). Ben Yedder jouait en face. À cette époque, il était en feu (il se marre). J’avais l’habitude d’inviter vraiment tous mes amis de mon quartier, j’ai acheté 50 places et je leur ai dit : Venez ! J’avais vraiment la pression des gars de chez moi, de la direction, de ceux qui sont sur le banc, des ultras… On était 22 sur le terrain mais j’avais l’impression qu’il n’y avait que moi ! »
Son match contre le Barça en 2017
« Au début, je ne savais pas que j’allais jouer. Je pensais que le coach (Unai Emery) allait mettre Serge Aurier dans l’axe avec Marqui. Mais je m’étais dit : bon, si Serge a un problème, peut-être que ça sera moi. Donc je commence à rêver du match. Et à force d’y penser toute la journée, la nuit on en rêve. Mais dans mon rêve le match n’était pas aussi bien que la réalité (rires). La veille, le soir, le team manager toque à la porte de chambre et me dit : le coach veut te voir. Je me dis : bon, s’il veut me voir, c’est que ça va être une bonne nouvelle. J’arrive dans sa chambre, je toque, il me dit : Rentre, assieds-toi. Comment tu te sens ? Bien. Tu veux jouer ? Oui. Eh bien demain tu vas jouer. Je n’ai pas montré d’expression. Je suis parti dans ma chambre et là, je me suis fait tous les films du monde. Je ne voulais pas le dire à ma famille, je ne voulais pas qu’ils expriment trop leur joie et que ça me mette la pression. Je voulais qu’ils aient la surprise. Messi, Neymar, Suarez… C’était chaud ! Mais Dieu merci, j’ai fait ce match qui était trop bien (4-0). J’avais des exigences, j’étais prêt. Mais le public ne me connaissait pas, tout le monde s’est dit : c’est qui ? Pourquoi on le met lui ? À l’arrivée, ça s’est bien passé. Ce match, c’était la propulsion la plus fulgurante possible. Il m’a mis sur le devant de la scène. J’ai assumé mon rôle et tout le monde a pu me connaître un peu plus. »
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La victoire en Ligue des champions
« Oh la la la ! C’était indescriptible. Je ne pensais pas que les gens me verraient pleurer un jour. Depuis que j’ai commencé ma carrière, je dis tout le temps : personne ne me verra pleurer ! Mais c’était tout simplement incontrôlable. Sur les buts, tout le monde sautait, mais moi je n’arrivais même pas à me lever du banc des remplaçants. J’ai finalement réussi à me lever sur le but de Senny. Je ne contrôlais rien. Les émotions étaient trop fortes. On peut être costaud, mais quand le corps prend le dessus… C’était trop fort. Ce titre, c’est l’aboutissement de toutes ces années de bagarre, d’abnégation, d’objectifs… C’est un trophée, mais c’est THE trophée. C’est un truc de fou quand j’y repense, je n’avais plus les mots, je n’avais plus les jambes… C’est parti tout seul. »
La finale du 30 mai
« J’espère être à Budapest le 30 mai. Je la sens bien cette finale. Mais attention quand même ! Le fait d’avoir gagné la saison passée leur enlève de la pression, je les sens plus tranquilles et plus calmes même si l’envie de gagner est toujours là. L’équipe a plus d’expérience aussi, cela fait vraiment la différence. Ils connaissent la compétition ! »





