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Lens-PSG : Martel joue l’apaisement

Il a la sagesse des vieux briscards. Ceux à qui on ne fait pas prendre des vessies pour des lanternes et qui ont suffisamment roulé leur bosse pour ne plus se laisser aller à des jugements à l’emporte-pièce. On savait Gervais Martel passionné par son club, lui qui en a pris la destinée un soir d’été 1988, on le découvre aujourd’hui en humaniste qui a tout compris du football et de son environnement si difficile.
Alors que depuis les incidents qui sont venus troubler l’avant-match PSG-OM, laissant un supporter du PSG sur le carreau, on a entendu tout et n’importe quoi (à ce titre les sorties ridicules de M. Delcourt, élu de la République en mal de notoriété, sont édifiantes), le patron du Racing Club de Lens a donné à France Football une interview remarquable de lucidité. On est loin de l’hallali sonnée par quelques tenants d’un anti-parisianisme primaire qui profitent de l’occasion pour essayer d’enfoncer encore un peu plus un PSG moribond, confondant avec une gourmandise et une haine certaines les vrais supporters des casseurs patentés. A ces personnages répugnants, le patron du Racing oppose une clairvoyance qui fait du bien. Sans aveuglement et sans complaisance non plus. La vérité, tout simplement.  Martel le sage parle juste et ça nous redonne quelques couleurs. Souhaitons que les pouvoirs publics prennent effectivement leurs responsabilités pour séparer le bon grain de l’ivraie et laisser ce PSG aux mains de ses vrais supporters. En attendant, écoutons Gervais dans France football sous la plume de Cédric Chapuis :

Gervais, à quelques heures de recevoir le PSG, avez-vous quelques craintes pour la sécurité de vos supporters ?
Non. On a une sécurité qui tient la route, et je n’ai jamais eu de problèmes majeurs avec le PSG depuis qu’on les joue. Le président Leproux a pris une décision qui l’honore, et je pense qu’elle était difficile à prendre. Mais il fallait marquer le coup.

Êtes-vous soulagé par cette décision de ne plus vendre de billets à ses supporters pour les déplacements ?
J’aurais préféré qu’on parle de foot plutôt que de ça ! Ce qui ne me soulage pas, c’est de voir ces événements, une personne dans le coma… Il faut que tout cela s’arrête, et que des décisions soient prises au niveau de l’Etat. Les présidents de club ont bon dos, mais ce ne sont pas eux qui dirigent le ministère de la Justice ou de l’Intérieur. Le président Leproux a pris ses responsabilités, mais on doit venir au foot pour assister à un spectacle, pas pour avoir peur parce qu’il y a 1 500 policiers autour du stade. A ce niveau-là, on marche sur la tête.

N’avez-vous pas trouvé maladroites les déclarations du Maire de Lens, Guy Delcourt, qui a affirmé que M. Leproux n’était «pas le bienvenu» à Lens ?
Vous savez, Guy Delcourt s’exprime en tant que premier magistrat de sa commune… Il donne son avis par rapport à des incidents qui pourraient exister, maintenant il ne faut pas faire un amalgame. Il y a aussi des supporters du Paris Saint-Germain qui sont des gens très bien et qui aiment le foot ! Et je n’ai pas en mémoire des incidents avec les supporters parisiens à Lens. Mais c’est normal que le Maire donne sa position et défende sa ville. Après, le président Leproux vient d’arriver, donc il ne connaît pas bien non plus le fonctionnement d’un club de football. En tant que président, on est responsable civilement et pénalement par rapport à ce qui se passe, et pour les investissements financiers, même si ce n’est pas le cas de tout le monde. Et souvent, il y a des personnes qui veulent intervenir sur tel ou tel dossier.

La fête s’annonce gâchée, ce match était pourtant une bonne occasion de fermer une parenthèse, puisque c’est la première fois que Paris se déplace à Lens depuis l’affaire de la banderole en finale de la Coupe de la Ligue…

Oui, c’est la première fois que le PSG revient… Mais moi, j’attends surtout Paris pour faire un gros match. On ne va pas parler sans arrêt pendant cinquante ans d’une banderole. Ce qui a été fait est regrettable, très regrettable, mais c’est un match de foot. Donc on va accueillir Antoine Kombouaré et ses joueurs avec beaucoup de plaisir. J’espère que c’est un match qui va se jouer sur le rectangle vert, avec un bon niveau et du spectacle. On ne va pas se remémorer des choses qui ont déplu, même si on les garde en tête. La notion de vengeance ne fait pas partie de mon vocabulaire.




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