Articlesfil infosrachat du psg

Rachat du PSG : pourquoi les Qataris ?

Nous vous avions annoncé le 6 septembre que le rachat du PSG par le fonds d’investissement de l’Etat du Qatar était dans les tuyaux. Nous avons reçu de nombreux mails nous demandant pourquoi les Qataris pourraient aujourd’hui conclure une affaire qu’ils n’avaient pu mener à bien en 2006, suite à un veto de la Mairie de Paris notamment… Et bien, nous allons revenir sur ces quatre années pour mieux vous informer.

Le rôle de l’Elysée

Le Qatar est un émirat francophile et même très francophile depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Les dirigeants du pays se sont rapprochés de Nicolas Sarkozy alors qu’il était ministre de l’Intérieur. Depuis, des liens très forts se sont noués entre l’Emir et Nicolas Sarkozy. Premier dirigeant arabe à être reçu à l’Elysée, dès mai 2007, l’Emir sauve Airbus en achetant 80 avions, au prix catalogue de 16 milliards de dollars. Un an plus tard, l’Emir est l’invité d’honneur du défilé du 14 Juillet. « Leurs liens sont tellement étroits que rien ne passe par l’ambassadeur de France. Qu’il s’agisse de contrats ou de partenariats, l’Emir appelle directement l’Elysée » avait confié alors au Parisien un diplomate français à Doha. Vinci, Veolia, Suez, Areva, Gaz de France, EDF, Total, en sont les premiers à en profiter. Le PSG devrait suivre.

Un hub financier à Paris

La France veut aujourd’hui attirer les fonds souverains des pays du Golfe vers la place de Paris et la France est un marché potentiel clé pour la Qatar Islamic Bank (QIB) en vue du développement des produits de la Finance Islamique en Europe. La Banque Populaire, filiale du deuxième groupe bancaire français et la Qatar Islamic Bank ont conclu un accord en mars 2010 en vue de créer une structure conjointe qui développera et commercialisera des produits bancaires. La publication dans le « Bulletin officiel des impôts », le 24 août 2010, de quatre dispositions qui fixent le cadre juridique et fiscal pour faire de Paris un « hub de la finance islamique » va dans ce sens.

Les Champs-Elysées: la ”route des Arabes du Golfe”

C’est ainsi que l’on parle de l’avenue parisienne au Qatar. En effet, les Qataris investissent aujourd’hui énormément à Paris. Pourquoi l’immobilier? Parce c’est ce que les Qataris connaissent le mieux. Le Qatar s’empare maintenant, rangée après rangée, d’immeubles de bureaux dans le centre de Paris. Il faut dire que le Parlement français a ratifié, le 19 février dernier, une convention fiscale exonérant les représentants du Qatar d’impôts sur les plus-values immobilières et les gains en capital réalisés en France.

L’Emir a fait l’acquisition du splendide hôtel d’Evreux, place Vendôme, assorti de deux autres hôtels particuliers attenants. Prix estimé: 250 millions d’euros, sans compter les travaux en cours. Son frère a acheté l’hôtel Lambert, le plus beau joyau de l’île Saint-Louis, propriété du baron de Rothschild, pour 80 millions d’euros, sans compter les 40 millions de travaux. Si Bertrand Delanoë s’était violemment opposé au nom de la “préservation du patrimoine” au projet de rénovation de l’hôtel au moment de son rachat, l’Emir en personne a su le convaincre. Bertrand Delanoë participe depuis régulièrement aux dîners de l’ambassadeur du Qatar et l’hôtel Lambert a été inauguré la semaine dernière…

Interrogé sur les rapports entre Paris et le Qatar, le Maire de Paris s’est fendu de cette réponse mystérieuse: «Il y a des partenariats en cours d’élaboration».

Propriétaire de l’hôtel Royal Monceau, Qatari Diar, un fonds souverain, a également acheté l’ex-Centre international de conférences de l’avenue Kléber pour 404 millions d’euros. En 2012, à la place de l’ancienne dépendance du ministère des Affaires étrangères, un hôtel de luxe ouvrira ses portes.

Les Qataris investissent donc dans les vitrines prestigieuses de Paris. Le PSG est une forme de vitrine, dans un autre domaine.

Le Qatar veut faire parler de lui dans le sport

M. Al-Mulla, directeur de la communication qatarie, résume ainsi la philosophie de ses dirigeants : “Le sport est le moyen le plus rapide de délivrer un message et d’assurer la promotion d’un pays. Quand on vous dit “Proche-Orient”, vous pensez tout de suite “terroristes”, pas vrai ? Eh bien, nos dirigeants veulent que le Qatar ait bonne réputation”. Un Paris Saint-Germain de nouveau en haut de l’affiche grâce au Cheikh Tamim Al-Thani lui même est un élément capital de la stratégie de l’émirat. Le Qatar, nouvel eldorado du sport, veut relever un autre défi de taille : créer des ponts entre l’Orient et l’Occident.

Le tour cycliste du Qatar, mitonné par les organisateurs du Tour de France, l’Open de tennis de Doha, le Grand Prix de moto, la Coupe d’Asie de football 2011 ou l’académie Aspire sont des exemples de l’amour pour le sport des dirigeants du pays, mais aussi des exemples de cette stratégie.

Sans parler du Prix de l’Arc de Triomphe… Depuis 2009, l’événement hippique de l’année est redevenu le mieux doté du monde. C’est celui qui attire le plus les parieurs à travers la planète avec des enjeux records. La course est suivie par 1 milliard de téléspectateurs à travers le monde. Cette course qui attire tout le gratin parisien est devenu le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe depuis l’année dernière… Le Qatar sera le sponsor jusqu’en 2023 pour 47,5 millions d’euros! Des bruits courent au sujet du nouvel hippodrome de Longchamp: le Qatar pourrait le financer en échange d’une présence massive du pays ( tribunes réservées, salons, etc…).

Vous le voyez les rapports entre la France, Paris et le Qatar sont devenus forts comme jamais. Quelques derniers exemples? Une Maison du Qatar à Paris, «présidée par une personnalité française», devrait ouvrir. Après Jacques Chirac, le salon international des arts premiers  aura pour président d’honneur le cheikh Saoud Al Thani. La mère du Cheikh Tamim Al-Thani, son altesse Sheikha Mozah, a été décorée à Paris en 2009 par l’Academie des Beaux Arts de l’Institut de France pour son action internationale dans le domaine de l’éducation.

Un véto pour empêcher une reprise du PSG par les Qataris? Impossible…

Bouton retour en haut de la page