Sophie Taillibert, fille de l’architecte du Parc des Princes, s’oppose au projet d’agrandissement

En pleine discussion avec la Ville de Paris au sujet d’une éventuelle vente du Parc des Princes, le PSG souhaiterait également agrandir son stade. Pour cela il faudra toutefois trouver un accord avec la fille de l’architecte du Parc, Sophie Taillibert.

Le PSG devra bientôt trancher au sujet de son projet de futur stade. Les prochaines réunions d’octobre doivent permettre aux dirigeants de prendre une décision concernant ce projet d’envergure. Trois options existent pour accueillir les Rouge & Bleu : la construction d’une nouvelle enceinte à Poissy ou à Massy, ou encore le rachat du Parc des Princes auprès de la Ville de Paris. Concernant cette dernière option, un agrandissement de l’enceinte de la Porte de Saint-Cloud est également à l’étude. Une capacité de 70 000 places est notamment évoquée, mais pour cela, il faudra toucher à l’architecture du stade et donc parvenir à un accord avec Sophie Taillibert. Fille de l’architecte du Parc des Princes, Roger Taillibert, décédé en 2019, elle s’oppose à ce projet, comme elle l’a expliqué dans un entretien accordé au quotidien Le Parisien. « Si les deux parties ne trouvent pas d’accord, le litige pourrait se poursuivre devant le tribunal judiciaire et prendre entre 18 mois et 3 ans avant d’être jugé, empêchant dans le même temps le lancement des travaux. » Un sujet qui devrait être étudié le 16 octobre prochain, lors d’un comité de pilotage consacré à l’agrandissement du Parc des Princes.

Le PSG l’a-t-il contactée pour lui présenter le projet d’agrandissement du Parc des Princes à 70 000 places ?

« Oui, j’ai été contactée directement par le directeur général du PSG, Victoriano Melero, fin juin. Depuis, nous avons eu trois réunions. Je ne dirais pas que nos échanges sont fructueux car nous sommes encore loin d’avoir trouvé une solution qui convienne aux deux parties, mais ils sont constructifs. »

Le PSG est-il dans l’obligation de la contacter ?

« Oui. En ma qualité d’ayant droit, mon accord est nécessaire dès lors que les modifications envisagées sont susceptibles de porter atteinte à l’intégrité architecturale de l’œuvre. Le PSG souhaite savoir quelles transformations pourraient être acceptables de mon côté. Celles qui sont actuellement envisagées sont majeures (…) Nous souhaitons tous que le PSG reste au Parc des Princes et nous avons donc des points de convergence. Mais ma priorité reste la préservation de l’œuvre de mon père. Les travaux d’agrandissement envisagés doivent avoir comme principe de base le respect de la structure qui caractérise l’identité du Parc des Princes, une œuvre architecturale exceptionnelle du XXe siècle. »

À quoi ressemble ce projet d’extension ?

« Le projet dans son état d’avancement actuel ne nous a pas été présenté, seule la solution technique proposée nous a été détaillée par le cabinet Populous, mandaté par le PSG. Cette solution présente de fortes similitudes avec celle élaborée par la même agence en 2016 et à laquelle mon père avait exprimé son opposition (…) Des 50 portiques qui structurent le stade, seuls les mâts seraient conservés, comme une sorte de squelette… Il s’agirait donc d’une intervention extrêmement lourde, entraînant une déconstruction massive de l’ouvrage. C’est précisément à cette suppression des fléaux et de l’anneau technique que je ne peux pas donner mon accord. »

Est-ce impossible de trouver un terrain d’entente ?

« Au contraire, je pense qu’un terrain d’entente est possible. Mais il faut se donner du temps et accepter d’explorer d’autres pistes. En revanche, il ne peut évidemment pas y avoir d’accord sur une solution à laquelle mon père s’était lui-même clairement opposé de son vivant. Mon opposition n’est pas un caprice. En ma qualité de gardienne de l’œuvre de mon père, moralement, je me dois d’être cohérente et de respecter ses décisions concernant son œuvre (…) Je tiens à être très claire : je ne suis pas opposée par principe à un agrandissement du Parc des Princes. Il ne m’appartient pas de dire si l’objectif de 70 000 places est réalisable. En revanche, la solution qui nous a été présentée n’est pas acceptable. Un édifice de cette importance mérite que l’on prenne le temps d’explorer d’autres voies afin de rechercher une solution qui permette de concilier l’augmentation de la capacité du stade et le respect de son architecture et de son système constructif. Si une telle solution peut être trouvée, je suis bien sûr tout à fait disposée à la considérer. »

Youtube : Canal Supporters Paris

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page