
Après 20 ans au PSG, Presnel Kimpembe a quitté le PSG pour le Qatar SC. Le défenseur central a retrouvé le plaisir de rejouer, après deux dernières années difficiles au PSG.
Formé au PSG, Presnel Kimpembe a passé vingt ans au sein du club de la capitale. Le défenseur central a participé à 241 matches avec les Rouge & Bleu et a étoffé son palmarès de 20 titres, dont la Ligue des champions. Sa fin d’aventure au PSG a été marquée par les blessures, qui l’ont éloigné des terrains pendant presque deux ans. Afin de retrouver du temps de jeu, l’international français a décidé de rejoindre le Qatar SC l’été dernier. Dans une interview accordée à L’Equipe, Presko est revenu sur sa nouvelle aventure, sa fin d’histoire avec le PSG…
Bizarre de porter un autre maillot du PSG ?
« Ça fait bizarre, parce que même quand je parle à des amis ou à des anciens coéquipiers, je leur dis « on » en parlant du PSG. Je m’inclus toujours dans le truc, parce que mon coeur, il est parisien. Mais c’est vrai que le premier transfert de ma vie, dans un nouveau club, un nouveau pays, une nouvelle ville, ça change pas mal de choses. Ma vie a changé. Je suis dans un autre pays, une culture différente, dans un Championnat différent. Avant, les gens venaient et s’adaptaient au club et à moi. Maintenant, c’est moi qui m’adapte à un nouveau club, à mon équipe et à mes coéquipiers. Le temps d’adaptation, j’entendais ça à chaque fois qu’il y avait un nouveau qui arrivait. C’est moi qui le prenais un petit peu en main. Maintenant, ce sont les autres qui viennent vers moi. »
Sa longue absence à la fin de son aventure au PSG ?
« Être patient, même si c’est difficile, parce qu’on est des joueurs professionnels. On est amenés à s’entraîner tous les jours, sans se ménager, pour des objectifs très élevés, surtout quand on est au Paris Saint-Germain. Le fait de ne pas pouvoir m’entraîner ni jouer avec l’équipe, ça m’a fait beaucoup de mal. Mais j’ai dû prendre mon temps, j’ai dû être patient, j’ai dû attendre et monter dans le train quand le train se présentait. Il y a aussi tout le côté psychologique. Ça faisait du mal à ma famille, ça me faisait du mal à moi. Mes enfants me posaient beaucoup de questions : « Papa, pourquoi tu es là ? L’équipe joue ce soir, pourquoi tu ne joues pas ? » Forcément, il faut expliquer à mes fils. Ils ne sont peut-être pas encore à l’âge de comprendre pourquoi papa est à la maison autant de temps. Ça a été un choc pour eux, même s’ils étaient contents. Ils étaient perturbés par le fait qu’ils ne me voyaient pas jouer à la télé. Ils allaient moins au Parc des Princes aussi. Du côté de mes parents, de mes frères, il y avait beaucoup de questions aussi : « Est-ce que tu reprends ? Pourquoi tu n’as pas repris ? J’ai lu que tu allais rejouer ». Au final, c’est compliqué de tout le temps expliquer. Psychologiquement, ça a été dur. Aujourd’hui, je suis très content. Je suis très fier d’en être sorti. Malgré les deux opérations, il y a toujours de l’espoir. »
Comment s’est passé mon départ ?
« J’ai parlé avec Luis Campos cet été, pendant la Coupe du monde des clubs. Je lui ai dit ouvertement que je ne pouvais pas faire une troisième saison comme ça. J’avais envie de jouer. Luis a compris. Sur ça, le club et lui ont été top. Il a fait remonter l’information au club, au président. On s’est tous assis. J’ai demandé à Luis de pouvoir aussi échanger avec le coach et ce que j’ai aimé, c’est qu’on s’est regardés entre quatre yeux. Il a été super honnête avec moi aussi. Il m’a dit que le club comptait recruter encore un autre défenseur et que ce serait compliqué. Ensuite, il y a eu des touches concrètes en Italie. Le Qatar est arrivé en dernier et j’ai pris cette décision-là. J’ai eu des occasions de quitter le club auparavant : il y a eu Chelsea, Monaco avec Luis Campos déjà, Saint-Étienne avec Christophe Galtier… Mais c’est la première fois que tout est devenu aussi concret. »
Je continue de regarder les matches du PSG ?
« Oui, tous les matches. Je pense que c’est encore la même équipe que la saison dernière. Les autres essayent de capter un petit peu plus le jeu mais ça reste une machine de guerre. Techniquement, tactiquement, en termes de contre-pressing… Tout le monde est toujours aussi concerné, c’est ça qui est fou aussi. La saison dernière, à ce moment-là, tout le monde nous avait enterrés. Tu ne peux ni prévoir ni prédire le football. C’est de la folie. Là, d’un coup, il y a eu le match de Manchester City et ça a été un déclic. »