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[Blog] Quand Bernard Lions évoque un malaise identitaire au sein du PSG…

Je n’ai pas l’habitude de prendre la plume pour exprimer un avis personnel sur les commentaires de telle ou telle personne médiatisée. Aujourd’hui, tout le monde donne son avis sur tout et n’importe quoi, notamment en ce qui concerne le Paris Saint-Germain. Et pourtant, des paroles m’ont assez chagriné hier soir pendant l’émission Un Soir à la Tour Eiffel sur France 2 pour en faire un sujet. Retranscription.

« Cette histoire traduit un malaise au sein de ce nouveau PSG made in Qatar. Il y a un problème d’identification entre les français et ce PSG. Egalement un sentiment de gêne qui se ressent en interne, notamment avec des joueurs qui font preuve de suffisance. Je ne veux pas dire qu’Ibrahimovic est roi dans le monde du football parce qu’il n’est roi du football qu’en France. On a l’impression d’une espèce d’impunité que s’octroient les joueurs du PSG ». 

Ces propos sont signés Bernard Lions, journaliste à L’Equipe, dans un sujet consacré aux déclarations tant décriées de Zlatan Ibrahimovic après son match à Bordeaux. Si les paroles de la star parisienne sont plus que maladroites, nous sommes tous unanimes là-dessus, ce journaliste n’a pas trouvé mieux que d’insister sur un « problème identitaire » entre les français et le club parisien et entre les joueurs eux-mêmes en interne qui rendrait leurs performances suffisantes.

Retour une semaine en arrière. Le PSG signe l’exploit, à dix contre onze, de se qualifier face au Chelsea de José Mourinho. Après la rencontre, tout le monde a souligné l’excellente performance parisienne, qui n’était visiblement pas une équipe « made in Qatar » ce soir-là. Les présidents de la LFP et de la FFF, Frédéric Thiriez et Noël Le Graët, entre autres, se sont félicités de l’incroyable performance du Paris Saint-Germain qui faisait le bonheur de la France. Un lien s’était alors (re)consolidé entre les français et Paris, vecteur de grandes ambitions sur la scène européenne et qui rapporte depuis des années des points au coefficient UEFA. Le quotidien sportif qui emploie ce journaliste avait même titré la performance d’«héroïque» sur sa une du lendemain.

Ne nous éloignons pas du sujet initial. Ce journaliste prétend que le Paris Saint-Germain, quelques jours après cette belle qualification, souffre d’un problème d’identification de la population française. De quoi parle-t-il ? Si ce PSG laissait tant indifférent, pourquoi réaliserait-il des cartons d’audience en Ligue 1 et en Ligue des Champions ? Pour quelle raison les ventes de maillots se démultiplieraient dans toute la France, y compris dans le sud ? Nous pouvons trouver d’innombrables exemples pour justifier que le PSG ne souffre pas d’un problème d’identification. C’est à se demander si la mémoire n’est, tout d’un coup, pas devenue sélective.

Cette mentalité est très “franco-française”. Ne pas se satisfaire des moments présents pour les regretter par la suite. Qu’adviendra-t-il si un jour les Qataris quittent le PSG ? Ne regrettera-t-on pas ce club tricolore capable de jouer les premiers rôles en Europe ? Ce seront ces mêmes personnes, puisqu’il est loin d’être esseulé, qui pointeront du doigt un manque d’ambition dans notre club qui, pourtant, ne serait plus « made in Qatar ».

Pour conclure sa thèse, il explique qu’il y a une « impression d’impunité que s’octroient les joueurs du PSG ». Cette réaction est typiquement l’oeuvre d’une personne manquant d’un esprit compétitif. Le PSG achète des joueurs qui ont la rage de vaincre et qui ne calculent pas leurs réactions d’humeur. Si Zlatan, et je le répète, a eu des mots plus que maladroits, sa réaction montre un esprit de compétition. Si le suédois pensait à un quelconque sentiment d’impunité, il ne se serait jamais excusé à deux reprises, une par communiqué et l’autre par vidéo, dans les 24 heures ayant suivi la rencontre. La sanction de deux, trois ou quatre matches, il l’acceptera aussi.

La question est désormais de savoir si pointer du doigt les faiblesses françaises démontre une forme d’impunité. Avant de s’emporter, Zlatan Ibrahimovic a pointé du doigt l’arbitrage en France, sujet à problèmes depuis des années sans entrevoir une amélioration. Avant de quitter le PSG, quand Leonardo énonçait une expression impolitiquement correcte dans le but de faire avancer la Ligue 1, il recevait des tacles de tous les côtés.

Malheureusement, la France du football n’avancera pas si on refuse de débattre sur des potentiels progrès, si on continue de mettre en lumière des expressions comme le « PSG made in Qatar » devant des téléspectateurs pas forcément enclin à suivre chaque jour le ballon rond, si on continue de mettre des réserves sur les talents qui alimentent notre championnat de France. On peut contester une expression sans tout remettre en cause. Cette accumulation de commentaires négatifs ne font qu’augmenter les a priori au sujet de notre club. Et, sur le coup, personne n’en ressort grandi. Mais ce n’est que mon avis. 

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