Luis Enrique : « Nous sommes mieux préparés que l’année dernière »
À J-10 de la finale de la Ligue des champions contre Arsenal, l’entraîneur du PSG, Luis Enrique, s’est présenté en conférence de presse lors du Media Day de l’UEFA.
Dans dix jours, le PSG disputera sa deuxième finale de Ligue des champions consécutive. Pour conserver leur titre de champion d’Europe, les Rouge & Bleu devront venir à bout d’Arsenal, à la Puskás Aréna de Budapest. Et à J-10 de cette rencontre, un Media Day de l’UEFA a été organisé au Campus PSG, l’occasion pour Luis Enrique de se présenter en conférence de presse. Devant 150 journalistes présents au Campus PSG, l’entraîneur parisien a répondu aux questions des médias.
Comment se sentent les joueurs ? (PSG TV)
« Aucune information. Il faut être silencieux et discret. Tout le monde est prêt et chacun arrive de manière différente. Ce sera une semaine avec beaucoup de jours de repos, car il est important de se déconnecter, mais aussi beaucoup d’entraînements pour préparer les petits détails offensifs et défensifs pour la finale. »
Comment préparer cette finale ? (PSG TV)
« Normalement, lorsque l’on arrive dans la partie finale de la saison, les joueurs sont plus fatigués mentalement que physiquement. Cette année, cela a été particulier. Mais pour nous, le plus important est que, lorsque les joueurs arrivent au Campus, ce soit un moment de plaisir : profiter, vivre avec les coéquipiers, s’entraîner, aller à la salle de sport et à la piscine. Faire de cette profession quelque chose d’amusant. Et le repos est une part très importante. Les joueurs ont besoin de jours libres pour faire des choses différentes avec leur femme ou leur famille. Ce sont des choses importantes, surtout dans cette semaine. »
La gestion émotionnelle et la pression extérieure (PSG TV)
« L’année dernière, on avait beaucoup parlé de cela. Je pense que c’est un petit peu différent cette année. Il y avait plus de pression l’année dernière où c’était une excitation très difficile à gérer. Cette année, il y a des choses similaires, mais la majorité des joueurs connaît le chemin. Il y aura de la pression parce que c’est une finale de Ligue des champions, mais ce sera clé de savoir la gérer. On est mieux préparés que l’année dernière. »
Une équipe du PSG qui s’est adaptée à ses adversaires cette saison en Ligue des champions
« La chose la plus importante pour nous, c’est de nous concentrer sur nous-mêmes et beaucoup moins les adversaires. Il est normal pendant ce type de matchs, dans la meilleure compétition de clubs en Europe, de s’adapter à l’adversaire. Contre le Bayern Munich et Arsenal (la saison passée), on sait qu’ils ont beaucoup le ballon. Il faut savoir défendre et s’adapter, c’est normal. On s’est encore améliorés dans ce type de matchs et on en est contents d’arriver à cette finale. »
Ses adjoints Rafel Pol et Joaquin Valdes
« J’ai besoin de beaucoup de temps pour donner une définition sincère et importante. Rafael Pol est brillant dans tous les aspects du jeu. Je le connais depuis longtemps. Il a commencé sa carrière avec moi comme préparateur physique. On a évolué ensemble notre vision du football C’est mon bras droit. C’est une personne brillante, dans tous les aspects. »
« Joaquin Valdes est la seule personne qui reste avec moi depuis mes premiers jours en tant qu’entraîneur. C’est difficile à définir parce qu’il est d’Oviedo et moi je suis de Gijon, c’est comme Paris et Marseille. C’est une personne très importante pour moi et mon évolution en tant qu’entraîneur. Vous verrez que ma personnalité en tant que joueur et en tant qu’entraîneur est très différente pendant les matches. En dehors des matchs, je suis la même personne, mais sur le terrain, je suis beaucoup plus calme que lorsque j’étais joueur et Joaquin est responsable de cela. »
Les efforts d’Ousmane Dembélé servent-ils d’exemple à son groupe ?
« C’est la mentalité d’Ousmane. Tous les entraîneurs doivent montrer comment il défend tout le temps, quelles que soient les minutes jouées et les matchs. On a tendance à toujours souligner ce que font les attaquants sur le plan offensif, avec des buts et des passes décisives, mais jamais ce qu’ils font sur le plan défensif. Il ne faut pas oublier que lorsqu’une équipe n’a pas le ballon, il faut défendre. Ousmane montre toujours sa qualité individuelle avec le ballon et sa capacité à être performant sans ballon. »
Cette deuxième finale consécutive, est-ce la consécration de ses bonnes relations avec Nasser al-Khelaïfi et Luis Campos ?
« On est très chanceux de jouer une autre finale, après avoir marqué l’histoire à Paris l’année dernière. Ce qui est important depuis mon premier jour ici, c’est le soutien total de la direction, ce qui est très difficile dans le football professionnel. À chaque fois qu’on a perdu, le président et Luis Campos ont soutenu les joueurs et l’entraîneur. Après, il y a beaucoup d’autres choses, le plus important est la qualité personnelle des joueurs. Chaque fois qu’on cherche à signer un joueur, on ne regarde pas que le football, on cherche aussi l’information pour savoir comment est la personne, si elle peut s’adapter à ce que nous voulons et est-ce qu’elle a la capacité en tant que personne de faire ça. C’est un bon moment pour le club et on veut continuer dans cette direction. »
Arsenal sacré champion d’Angleterre, est-ce que cela change quelque chose avant la finale ?
« C’est impossible à savoir. Ils méritent de gagner cette Premier League. Ils ont fait une année incroyable. On a déjà joué contre l’Arsenal de Mikel Arteta. On connait très bien leur capacité à jouer avec le ballon. Sans le ballon, c’est la meilleure équipe du monde, sans aucun doute. Avec le ballon, ils sont capables de marquer beaucoup de buts. Si tu ne concèdes aucun but et que tu en marques, c’est une combinaison merveilleuse pour eux. Ce sera une finale très difficile avec deux équipes qui arrivent par différents chemins. On peut voir une très belle finale. »
Fait-il des cauchemars sur les coups de pied arrêtés d’Arsenal ?
« Non. On va essayer de défendre comme d’habitude. On est habitués à attaquer et défendre à notre manière. Ce sont deux styles un peu différents, mais la même idée footballistique. C’est difficile de leur prendre le ballon. On a eu ça quand on les a joués. Ils travaillent très bien et ils représentent très bien la capacité de Mikel Arteta à motiver ses joueurs et bien jouer au football. C’est un bon moment pour Arteta et Arsenal. On espère avoir une très bonne finale. »
Les statistiques offensives impressionnantes du PSG en Ligue des champions (à un but d’égaler la performance du FC Barcelone avec 45 réalisations)
« Je pense que l’avenir doit être meilleur que le passé. Ce sont des statistiques qui montrent quel niveau on a. Quand on analyse Arsenal et que l’on voit leurs statistiques, tu peux voir quel niveau ils ont. Le niveau des deux équipes est très haut. On est contents car on cherche à marquer beaucoup de buts. À la fin du match, il y aura une équipe, des supporters et des personnes tristes, et d’autres très heureux, en espérant que ce soit nous. »
A-t-il le sentiment de contrôler tous les aspects du jeu cette année ?
« J’ai dit cela il y a deux ans. Chaque année, je contrôle moins car les choses changent tout le temps. Je contrôle les choses importantes, mais il y a beaucoup de choses pas importantes dans le football. Dans le monde du football, tu dois tout le temps changer, car sinon c’est très facile à te contrer. L’avenir du football va vers moins de contrôle pour chercher à surprendre l’adversaire. »
Sa motivation personnelle, lui qui peut marquer l’histoire comme entraîneur
« Le football m’a beaucoup plus donné que ce que je lui ai donne. Je n’ai jamais cherché à être le meilleur entraîneur. Ce qui m’importe, c’est d’être compétitif chaque jour. Chaque matin, je me lève pour être meilleur, gagner le prochain match, faire un meilleur entraînement, une meilleure causerie. Mais ça évolue car je suis plus vieux et les joueurs plus jeunes, ils sont plus jeunes que mon fils. Chaque année, je dois changer des choses. J’aime cette imprévisibilité. La chose la plus importante pour moi est d’être compétitif tout le temps. »
Dans les moments de repos, incite-t-il ses joueurs à garder une vie normale ?
« Le repos est très important pour moi, surtout lors de la partie finale de la saison. C’est important d’avoir des moments où tu décides où tu veux être, avec tes copains ou ta famille. Quand tu arrives au Campus, je veux tout le temps que les joueurs soient heureux et qu’ils profitent de ce moment parce que nous sommes aussi une petite famille. Je veux qu’ils profitent de cela, spécialement ces prochaines semaines. C’est un peu différent de l’année dernière. La saison passée, on avait joué la finale de Coupe de France. Là, on va jouer un petit match amical. On va faire des entraînements tactiques. On va s’entraîner sur les petits détails pour mieux attaquer et défendre. »
Son regard sur Mikel Arteta
« Si vous regardez les statistiques d’Arsenal, vous verrez qu’Arteta est un leader. C’est lui qui a apporté une mentalité de gagnant. Depuis quatre, cinq saisons, ils s’améliorent chaque année. Ils savent jouer avec et sans ballon, c’est la meilleure équipe d’Europe. Ils ont gagné la Premier League, ce qui est exceptionnel. L’année dernière, nous avons eu le mérite de les battre en demi-finales. Arteta est un très grand entraîneur. Il était au meilleur endroit pour apprendre le métier avec Guardiola à Manchester City. Arteta transmet la compétitivité à ses joueurs. Ce sera une finale contre un top adversaire. »




