Safonov : « Luis Enrique m’a énormément apporté »
Matvey Safonov est le gardien titulaire du PSG depuis la moitié de la saison dernière. Le portier russe s’est confié sur sa vie en dehors du terrain.
Arrivé au PSG durant l’été 2024, Matvey Safonov a commencé comme la doublure de Gianluigi Donnarumma. Après le départ du portier italien pour Manchester City durant l’été 2025, il a vu Lucas Chevalier prendre la place de numéro 1. Mais après la blessure à la cheville de l’international français à la fin du mois de novembre, Matvey Safonov a pris la place dans les buts du PSG et a terminé la saison en tant que numéro 1. À la veille du début de la saison européenne des doubles champions d’Europe, Matvey Safonov s’est confié au Parisien. Son endroit favori à Paris, son souhait de parler français, sa relation avec Luis Enrique, sa force sur les penaltys…
Son endroit favori à Paris
« Mon monument préféré, c’est l’Arc de Triomphe. Je l’ai aperçu pour la première fois le jour de la signature de mon contrat. J’étais à l’arrière d’un van, les yeux rivés sur mon téléphone, et lorsque j’ai levé la tête, je l’ai vu. C’était tout simplement magnifique. J’ai immédiatement été frappé par sa grandeur et sa majesté. Depuis ce jour, pour moi, Paris est indissociable de l’Arc de Triomphe. Je n’habite pas loin et c’est devenu un repère rassurant. Au printemps, j’adore monter au sommet. La vue verticale sur la ville, avec les arbres et les avenues qui s’élancent en ligne droite de tous les côtés, est incroyable. Pour moi, c’est la plus belle place de Paris. »
Son souhait de parler français
« Apprendre le français est devenu mon principal hobby, et je continue en parallèle de perfectionner mon anglais. Durant mes dernières vacances, j’ai multiplié les activités et les entretiens. Les langues étrangères facilitent énormément les choses. Il m’arrive fréquemment d’envoyer un message à mes professeurs pour caler un cours d’un jour sur l’autre selon mes disponibilités. Mon objectif de devenir totalement bilingue ? Je pense qu’il est impossible de parler une langue étrangère à la perfection. Pour moi, la plus grande difficulté réside dans la distinction entre le masculin et le féminin. L’usage de « le » et « la » est un défi permanent car en russe, les genres sont souvent inversés. En revanche, la distinction entre « un » et « une » reste un mystère. Quand je vais à la boulangerie, pour éviter de me tromper entre « un » ou « une » baguette, je dis simplement : « Je vais en prendre deux ! » C’est beaucoup plus facile (rires). J’habite ici depuis deux ans et, pour moi, prendre des cours de français est une marque de respect. Quand un étranger arrive dans un nouveau pays, parler la langue locale est une question de respect vis-à-vis de la ville qui l’accueille, mais aussi du Paris Saint-Germain. »
Un gardien actuel ou dans l’histoire qui l’inspire
« J’observe beaucoup de gardiens et je m’inspire de tout le monde. Pour moi, le gardien idéal n’est pas une seule personne mais plusieurs. Il est impossible d’élire le meilleur gardien de l’histoire car le football évolue constamment : le jeu s’accélère, les attaquants s’améliorent, les règles changent chaque année. Rien n’est figé, il faut se réinventer à chaque entraînement. »
Ses rapports avec Luis Enrique
« J’ai beaucoup de chance d’avoir croisé sa route à ce moment précis de ma carrière. J’en avais besoin. Je commençais à ressentir une certaine stagnation dans ma progression. C’est à ce moment-là que le PSG s’est manifesté, m’offrant une nouvelle énergie et de fantastiques perspectives d’évolution. Luis Enrique m’a énormément apporté. Ma première saison a été très riche. C’est rare pour une doublure de disputer 17 matchs officiels. C’était une excellente expérience. La deuxième année a été différente mais tout aussi enrichissante. J’ai fourni un travail colossal. Psychologiquement, cela a été difficile car le club a recruté un nouveau gardien, Lucas Chevalier, qui a commencé titulaire. Je suis resté sur le banc pendant trois ou quatre mois, soit une vingtaine de matchs. Puis, la situation a basculé. Ces deux dernières années ont été cruciales : j’ai profondément changé sur les plans psychologiques, physique et tactique. Sans Luis Enrique, vous n’auriez pas le même gardien face à vous aujourd’hui. »
Sa force lors des penaltys
« C’est avant tout une bataille psychologique. De nos jours, avec la vidéo, tout le monde s’analyse. Je passe beaucoup de temps à décortiquer les habitudes des attaquants. Ce n’est plus un secret pour personne, on a beaucoup vu ma fameuse serviette sur laquelle je note toutes mes fiches sur les tireurs. J’aime cet exercice ? Beaucoup. Pour moi, ce n’est pas une corvée, c’est un jeu, et je trouve cela fascinant. En Russie, je m’amusais parfois à demander après coup aux attaquants où ils avaient prévu de frapper. C’était une sorte d’exercice mental que je faisais avec des joueurs dont j’étais proche. C’est très intéressant pour vérifier si votre lecture du jeu était la bonne. »





